Afghanistan : États-Unis / Chine : « Les Américains possèdent les montres, nous possédons le temps »


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États-Unis / Chine : « Les Américains possèdent les montres, nous possédons le temps »

Publié le 22.8.2021



À Washington, la semaine dernière, les démocrates ont fait une avancée majeure pour leur méga plan d’infrastructure.

Mercredi dernier, le sénateur démocrate Joe Manchin a fait part de ses inquiétudes quant aux conséquences de l’adoption d’un budget de 3 500 milliards de dollars.

Selon Thomas Moore, écrivain, économiste, et ancien membre du comité de rédaction du Wall Street Journal, les dépenses excessives du gouvernement et l’augmentation de la dette nationale vont probablement déclencher une crise financière majeure dans les 18 prochains mois.

L’autre grand sujet de la semaine est bien sûr la prise du pouvoir par les Talibans en Afghanistan.

Et disons-le clairement, le retour du pays dans la zone d’influence du régime chinois.

Dans les commentaires qu’on entendra en France, sur l’histoire récente de l’Afghanistan, il sera question uniquement du soutien américain aux Talibans dans les années 80…

Mais les demi vérités sont parfois les pires des mensonges.

A partir des années 80, aussi bien les Etats-Unis que la Chine ont commencé à soutenir les Talibans pour lutter contre l’URSS.

En 1980, en plus d’envoyer environ 300 conseillers militaires aux moudjahidines en Afghanistan, le parti communiste chinois a également mis en place des camps d’entraînement militaires à Kashgar et à Hotan dans le Xinjiang pour les former à des compétences telles que l’utilisation des armes, la stratégie militaire, la propagande et l’espionnage.

Le Xinjiang est devenu la base d’entraînement des moudjahidines afghans pour combattre l’Union soviétique.

Au moment où l’Union soviétique s’est retirée d’Afghanistan, l’armée chinoise avait formé au moins plusieurs milliers de jihadistes.

Selon S. Frederick Starr et son livre, Xinjiang : la frontière musulmane de la Chine : cette dernière a fourni aux jihadistes afghans des mitrailleuses, des lance-roquettes et des missiles sol-air, pour une valeur de deux à quatre milliards de dollars américains.

Le PCC a maintenu des liens étroits avec les talibans et Al-Qaïda après la prise de pouvoir des talibans en Afghanistan en 1996, ainsi que et surtout pendant la période où les talibans ont assuré la protection de Ben Laden.

Alors que Al-Qaïda a perpétré des attaques terroristes contre l’ambassade américaine et la marine américaine, et que les talibans ont refusé de livrer Ben Laden aux Nations unies, le régime chinois s’est toujours opposé aux sanctions de l’ONU contre les talibans.

En 1998, les États-Unis ont attaqué des bases d’Al-Qaïda avec des missiles de croisière.

Le régime chinois a versé 10 millions de dollars à Al-Qaïda pour acheter des missiles américains non explosées afin d’améliorer sa propre technologie.

Informations données par John Hooper, journaliste pour The Guardian, dans son article « Affirmation que la Chine a payé Ben Laden pour voir des missiles de croisière »

Le chercheur D. J. McGuire, a expliqué dans son article « Comment la Chine communiste supporte le terrorisme anti américain » qu’en 2004, après les attentats du 11 septembre, les services de renseignements chinois utilisaient des sociétés-écrans pour aider Ben Laden à lever des fonds et à blanchir de l’argent sur les marchés financiers du monde entier.

En février 2003, un mois avant que les États-Unis n’attaquent l’Irak, Ben Laden a diffusé un enregistrement audio par l’intermédiaire d’Al Jazeera appelant les gens à se battre contre l’armée américaine dans les rues.

Il a ouvertement déclaré : « Les intérêts des musulmans et les intérêts des socialistes coïncident dans la guerre contre les croisés. »

Alors que les Talibans viennent de reprendre l’Afghanistan, le premier pays vers lequel ils se sont tournés pour « reconstruire » entre guillemet leur pays, est la Chine.

D’ailleurs le 28 juillet dernier, le ministre des affaires étrangères chinois a reçu une délégation des Talibans.

Il y a 20 ans, juste avant les attentats du 11 septembre, les États-Unis prévoyaient de déplacer leurs armes stratégiques, leurs forces navales et aériennes vers l’est, y compris à Guam et à Pearl Harbor, ce qui visait clairement le régime chinois.

Mais après le 11 septembre tout a changé.

Comme le dit Antoine Bondaz, chercheur à la Fondation pour le recherche stratégique : les stratèges chinois parlaient au début des années 2000 d’une fenêtre d’opportunité stratégique de 20 ans du fait des guerres américaines au Moyen-Orient, au cours de laquelle la Chine devait se concentrer sur le rattrapage des Etats-Unis en évitant une confrontation.

Cette fenêtre vient de se refermer.

La confrontation a déjà commencé et ne devrait qu’aller crescendo.


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