Q SCOOP – Les États-Unis bloquent les importations de composants solaires venant du travail forcé au Xinjiang.


Les États-Unis bloquent les importations de composants solaires venant du travail forcé au Xinjiang

Publié le 25.6.2021 par Cathy He


Les États-Unis ont interdit l’importation d’un matériau clé pour la fabrication de panneaux solaires provenant d’une entreprise chinoise dans le cadre d’un effort plus large visant à préserver les chaînes d’approvisionnement américaines du recours au travail forcé infligé aux minorités ethniques musulmanes dans la région chinoise du Xinjiang, a annoncé la Maison-Blanche le 24 juin.

Le service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis a émis un « ordre de retenue » pour retenir des cargaisons de produits à base de silice, une matière première utilisée pour la production de panneaux solaires, fabriqués par Hoshine Silicon Industry Co. Ltd. et ses filiales.

En outre, le ministère du Commerce a ajouté 5 organisations chinoises à une liste noire commerciale en raison de leur recours au travail forcé au Xinjiang ou de leur soutien aux violations des droits de l’homme commises par Pékin dans la région. Il s’agit de Hoshine Silicon Industry, de 3 autres entreprises chinoises basées au Xinjiang et liées à la production de matières premières et de composants pour l’industrie solaire, et du corps paramilitaire du régime chinois, le Xinjiang Production and Construction Corps.

Environ 45 % de tout le polysilicium utilisé dans la production de modules solaires est produit dans le Xinjiang, et 35 % dans d’autres régions de Chine. Le reste provient de l’extérieur de la Chine.

Le ministère du Travail va également mettre à jour sa liste de biens connus pour être produits par le travail forcé afin d’y inclure le polysilicium de Chine, dans le but de faire pression sur les fabricants américains de modules solaires pour qu’ils se séparent des composants chinois dans leurs chaînes d’approvisionnement.

« Ces actions démontrent notre engagement à imposer des coûts supplémentaires à la République populaire de Chine (RPC) pour s’être livrée à des pratiques de travail forcé cruelles et inhumaines et à veiller à ce que Pékin respecte les règles du commerce équitable dans le cadre de l’ordre international fondé sur des règles », a déclaré l’administration Biden dans une fiche d’information.

Les entreprises chinoises telles que Hoshine « profitent de ces abus », a déclaré le secrétaire du ministère de la Sécurité intérieure, Alejandro Mayorkas, lors d’une conférence de presse tenue le 24 juin, notant que ces entreprises « tentent de vendre des produits fabriqués à bas prix aux consommateurs des États-Unis et d’autres pays. »

« C’est déloyal vis-à-vis des entreprises respectueuses de la loi et des normes internationales du travail. C’est également malhonnête, pour les consommateurs qui peuvent, sans le savoir, acheter des produits fabriqués dans des conditions d’esclavage moderne », a-t-il ajouté.

Le régime communiste chinois mène une vaste campagne de répression contre les Ouïghours et les autres minorités musulmanes du Xinjiang. Plus d’un million de minorités ethniques musulmanes ont été détenues dans un réseau de camps d’internement dans la région, où elles sont soumises au travail forcé, à la torture, à la violence sexuelle et à l’endoctrinement politique. Les États-Unis et les parlements d’autres pays ont déclaré cette campagne comme un génocide.

Ces allégations bien documentées d’abus systémiques sont régulièrement démenties par Pékin.

L’annonce de l’administration Biden s’inscrit dans le cadre d’un effort mondial plus large visant à éliminer le travail forcé des chaînes d’approvisionnement, les dirigeants du Groupe des Sept s’étant engagés à prendre des mesures en ce sens au début du mois. Les États-Unis ont déjà interdit l’importation de tous les produits à base de coton et de tomates en provenance du Xinjiang en raison du travail forcé.

Jeudi, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a réagi en déclarant que Pékin prendrait « toutes les mesures nécessaires » pour protéger les droits et les intérêts de ses entreprises.

Hoshine Silicon Industry a déclaré sur une plateforme interactive pour les investisseurs qu’elle soutenait la réaction du ministère chinois des Affaires étrangères, notant que l’entreprise n’exporte pas directement de silicium industriel vers les États-Unis et que l’effet sur ses activités serait limité.


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