Q SCOOP – Manifestations et affrontements à Quito en Equateur.

Drapeau de l'Équateur

Affrontements à Quito en Equateur où plusieurs milliers de personnes manifestent contre le nouvel accord du gouvernement avec le FMI qui exige une augmentation de trois points de la TVA, passant de 12 à 15%. #Ecuador


L’Equateur se mobilise ce jeudi contre l’accord avec le FMI


Les organisations sociales et les syndicats ont appelé à une mobilisation nationale ce jeudi en Équateur contre le nouvel accord du gouvernement de Lénine Moreno avec le FMI et ses politiques d’ajustement.

L’appel à la mobilisation nationale pour ce jeudi a été lancé par des organisations sociales, syndicales et étudiantes. L’objectif est de rejeter le nouvel accord du gouvernement de Lénine Moreno avec le Fonds monétaire international (FMI) et les mesures de flexibilité et d’ajustement du travail qu’il a appliquées pendant la pandémie.

L’ancien ministre des finances, Richard Martinez, avait conclu un accord avec le FMI pour obtenir un crédit de 6,5 milliards de dollars américains. En échange, l’organisation internationale exige une augmentation de trois points de la TVA (de 12 à 15 %) d’ici 2022. Il prévoit également la réduction des exonérations de TVA pour les universités et la suppression des remboursements de TVA aux personnes âgées. En d’autres termes, l’augmentation d’une taxe régressive telle que la TVA qui touche les secteurs les plus pauvres.

Parallèlement à ces demandes du FMI, le gouvernement Moreno a fait des progrès pendant la pandémie en rendant les conditions de travail plus flexibles et en réduisant les budgets dans différents domaines.

C’est en raison de ces mesures que les organisations sociales, les éducateurs et les travailleurs ont décidé de mener une nouvelle mobilisation pour le jeudi 22 octobre.

L’annonce a été faite par les dirigeants de l’Union nationale des éducateurs (UNE) ainsi que du Front uni des travailleurs (FUT) et de la Fédération des étudiants universitaires de l’Équateur (FEUE), qui se joindront aux marches.

Lors d’une conférence de presse à Guayas, les dirigeants de l’UNE ont déclaré que l’action est « en rejet de la vente du pays et du nouvel accord avec le FMI, qui implique de nouvelles mesures de lutte contre la faim des travailleurs et de nouvelles mesures de pillage.

Pour sa part, le président du FUT, Mesías Tatamuez, a déclaré que « le 22, nous organiserons une grande marche nationale et nous invitons le peuple, les organisations sociales, les étudiants, les enseignants, les travailleurs à mettre un terme aux licenciements (…) les mesures économiques ne touchent pas seulement les travailleurs qui ont un emploi, mais aussi les 6 millions de chômeurs ».


Tatamuez a dénoncé le fait que le gouvernement a profité de la crise sanitaire à cause du covid-19 pour appliquer des mesures néolibérales, en donnant la priorité à l’accord avec le Fonds monétaire international (FMI). L’une de ces mesures néolibérales est ce que l’on appelle le droit humanitaire, qui n’est rien d’autre qu’une flexibilisation ouverte du travail.

La FEUE, pour sa part, se joindra aux marches pour protester contre « la réduction du budget de l’enseignement supérieur de 98 millions de dollars, pour demander l’arrêt des licenciements, le respect des droits du travail, le travail avec des salaires équitables et que les ressources ne soient pas retirées à l’Institut équatorien de sécurité sociale.

Les manifestations sont appelées à partir de 16 heures (heure locale) dans le centre nord de Quito ; dans les capitales provinciales, les concentrations se feront sur les places et dans les parcs.

En 2019, la tentative de Lénine Moreno de mettre en œuvre une augmentation de la consommation de carburant exigée par le FMI a déclenché une explosion sociale dans tout le pays avec des mobilisations de paysans, d’indigènes et d’ouvriers, qui ont fait face à une répression brutale. Les affrontements et les saisies des mairies et des principales villes du pays ont failli se terminer avec la chute de Moreno, qui était devenue la principale revendication des manifestants. C’est l’accord avec les dirigeants indigènes et la promesse de ne pas appliquer l’augmentation aux carburants qui ont permis d’éviter la chute du gouvernement. Un an après cette rébellion populaire et après une gestion répressive de la pandémie, Moreno revient au fardeau de l’ajustement que ce nouvel accord avec le FMI implique.

La principale confédération indigène d’Équateur, la CONAIE, qui a joué un rôle de premier plan tant dans les mobilisations de l’année dernière que dans la négociation avec Lénine Moreno, n’accepte pas l’appel de ce jeudi. Bien qu’elle ait déclaré octobre « Mois de la résistance indigène et populaire » et qu’elle se soit félicitée de la mobilisation indigène qui a lieu ces jours-ci dans la Colombie voisine, elle n’a pas appelé à descendre dans les rues de l’Equateur pour s’opposer au FMI.


Source : Laizquierdadiaro