Q SCOOP – Liban nouvelle route de la traite des êtres humains.


Publié le 7 février 2020

Le NANTIP et la police peuvent faire plus en prenant des mesures contre les agences de recrutement


On ne saurait trop insister sur la nécessité urgente d’une action collective contre la traite des êtres humains et l’immigration clandestine. Le défi prend une dimension dangereuse étant donné les récents efforts des gouvernements fédéral et de l’État de Kwara pour sauver notre ressortissant qui a été victime de la traite des êtres humains au Liban sous le prétexte de travailler comme enseignant. Le Liban est devenu la nouvelle destination des trafiquants d’êtres humains, car de nombreux Nigérians désespérés à la recherche de pâturages « plus verts » y sont de plus en plus souvent envoyés. Les victimes finissent comme esclaves sexuelles.

L’ampleur et la sophistication de ce marchandisage humain indiquent que pour réaliser une percée significative dans les efforts visant à l’arrêter, des tentatives de collaboration doivent être faites par les gouvernements, les organisations non gouvernementales, les entreprises et les personnes influentes. Les parties prenantes critiques ne peuvent plus continuer à observer en coulisse pendant que des personnes sans scrupules classent leurs semblables comme des marchandises et exploitent leur ignorance et parfois leur cupidité.

Au début de cette année, il a été rapporté que pas moins de 4 500 jeunes filles nigérianes âgées de 18 à 30 ans ont été attirées au Liban en 2019 par des agents de recrutement qui ont donné la fausse impression de leur trouver un emploi décent. Environ 1 000 de ces filles auraient été sauvées avec l’aide du gouvernement fédéral. Le tollé contre la traite des êtres humains s’est amplifié suite à l’épreuve de Mme Omolola Ajayi, une mère célibataire qui a été vendue à l’esclavage dans ce pays du Moyen-Orient avec la promesse d’une offre de travail décent. Son passeport a été confisqué, tandis que son employeur libanais aurait ouvertement tenté de la souiller.

Le gouvernement de l’État de Kwara doit être félicité pour sa prompte intervention dans cet incident qui a conduit à l’arrestation de trois suspects directement liés au crime : deux Nigérians et un Libanais. Cet effort discret a constitué une lame de fond qui a permis de la sauver rapidement des griffes de ses ravisseurs à Beyrouth, et de la remettre aux agences fédérales chargées de la lutte contre la traite des êtres humains. Mais l’Agence nationale pour l’interdiction de la traite des êtres humains (NANTIP) et la police peuvent faire plus en prenant des mesures contre les agences de recrutement afin de mettre fin à ce problème permanent.

La traite des êtres humains est un affront à l’humanité et à notre fierté en tant que peuple. C’est aussi une grave infraction aux droits de l’homme, qui vise souvent à exploiter d’autres personnes par la force et la tromperie. À la base de la traite des êtres humains au Nigeria se trouve la pauvreté endémique – un véritable outil entre les mains des trafiquants pour attirer leurs victimes en leur promettant une amélioration de la vie dans certaines villes du pays ou à l’étranger. Les conditions économiques dysfonctionnelles qui ont un impact négatif sur la majorité de nos jeunes gens alimentent l’immigration clandestine et sont responsables de centaines de filles victimes de la traite. Malheureusement, la migration n’est jamais le billet qui permettra de débloquer la proverbiale Toison d’or. Au contraire, elle expose les migrants à toutes sortes de risques et de préjudices de la part des trafiquants d’êtres humains et des bandits.

Nous mettons donc le gouvernement au défi, à tous les niveaux, de s’attaquer à la pauvreté qui ravage la terre et d’offrir un espoir de vie significatif aux jeunes Nigérians et Nigérianes frustrés qui sont souvent victimes de la traite. Nous chargeons également la NAPTIP de lancer de vastes campagnes d’information contre la traite, en particulier dans les zones rurales du pays où ce fléau est devenu très répandu. Les parents doivent être impliqués dans cet exercice. Surtout, les agences de sécurité doivent rester vigilantes aux frontières, dans les aéroports et les ports maritimes. Avec ses ressources abondantes, le Nigeria ne doit pas continuer à vivre avec cette honte internationale qui dégrade la dignité de notre peuple.


Publié le OLJ / le 10 août 2019

Trafic d’êtres humains : le Liban invité à élaborer une stratégie nationale

L’Organisation internationale pour les migrations et l’organisation Justice sans frontières ont lancé hier la campagne « Ensemble contre la traite d’êtres humains ». L’événement s’est déroulé au Cinema City, dans les souks de Beyrouth, à l’occasion de la Journée internationale contre le trafic d’êtres humains, en présence du ministre de la Justice, Albert Serhane, et des députés Inaya Ezzeddine, Rola Tabch Jaroudi, Michel Moussa, Élias Hankache et Salim Khoury. Selon la définition de l’OIM, « le trafic d’êtres humains est un crime qui a pour but d’exploiter l’être humain. Il peut prendre la forme d’exploitation sexuelle, de travail forcé, de trafic d’organes, de mendicité. Il nécessite que des efforts soient déployés pour porter assistance aux victimes ». C’est ce qu’a expliqué le représentant de l’organisation onusienne au Liban, Fawzi Zaid, précisant que l’OIM œuvre avec le concours d’experts et d’organisations internationales à améliorer le cadre de protection des victimes. C’est dans ce cadre que le pays du Cèdre est invité à élaborer une stratégie nationale visant à empêcher la traite d’êtres humains et à adopter un système permettant d’identifier et de protéger les victimes. Il est aussi invité à adopter des lois contre le mariage de mineures, à trouver des solutions au problème des apatrides, à identifier la violence sexuelle, comme l’a indiqué Justice sans frontières… Recommandations à l’issue desquelles le ministre de la Justice, Albert Serhane, a reconnu la nécessité d’amender la loi 164/2011 sur la lutte contre la traite d’êtres humains, car « cette loi ignore les victimes de trafic humain mais se contente de définir le crime et d’appliquer des sanctions renforcées ».

L’Organisation internationale pour les migrations et l’organisation Justice sans frontières ont lancé hier la campagne « Ensemble contre la traite d’êtres humains ». L’événement s’est déroulé au Cinema City, dans les souks de Beyrouth, à l’occasion de la Journée internationale contre le trafic d’êtres humains, en présence du ministre de la Justice, Albert…


Publié le 18 MAR 2014

Des domestiques africaines séquestrées au Liban

« On nous traite comme des animaux sauvages. On veut rentrer dans notre pays. Nous pleurons tous les jours. Ici, les personnes ne nous traitent pas bien, quand on est malade, on ne nous donne pas à manger. La personne nous emmène chez le monsieur, il nous frappe »

, raconte par téléphone une employée de maison africaine retenue au Liban à la rédaction de TV5MONDE.

Deux Togolaises, deux Burkinabés et deux Ghanéennes, mais aussi des Maliennes sont séquestrées depuis plus d’une semaine à Nabatieh, dans le sud du Liban. C’est le site d’information ivoirien Koaci.com qui a lancé l’alerte le 16 mars 2014 suite à l’appel téléphonique de deux d’entre elles.

Enfermées et frappées, elles auraient tenté de fuir leur lieu de travail. Elles seraient victimes d’un réseau mafieux de traite d’êtres humains. Ces derniers recrutent des femmes en Afrique en leur faisant espérer un travail rémunéré au Liban. « On nous a vendu dans ce pays (…) On a des diplômes d’apprentissage et on nous dit que nous allions seulement venir travailler ici, et voilà que nous sommes devenues des esclaves », a témoigné une Togolaise âgée de 24 ans à la rédaction koaci.com.

Ces cas ne sont pas nouveaux au Liban. Les violences à l’égard des domestiques étrangères sont régulièrement dénoncées par des ONG et rapportés dans les médias. Exploitées, privées de rémunération, passeport confisqué, séquestrées, battues, et même violées. Ce sont les violences infligées à ces femmes de ménage. 200 000 domestiques travailleraient au Liban, selon Human Rights Watch (HRW).

La plupart sont originaires d’Asie (Philippines) et d’Afrique de l’Est (Éthiopiennes). Désormais, il y a aussi des femmes d’Afrique de l’Ouest. Elles viennent du Togo, de Burkina Faso, du Mali, de la Côte d’Ivoire, etc. Issues de familles pauvres, elles s’endettent pour payer le voyage. En travaillant au Liban, ces femmes espèrent de meilleurs revenus afin d’aider financièrement leur famille restée au pays. Sur place, la réalité est tout autre.


Source 1: ThisDayLive

Source 2: L’orient le jour

Source 3: TV5 Monde