Q INFOS – RD Congo : le Dr Mukwege démissionne des instances de lutte contre le Covid-19

Publié le : 10/06/2020

Nommé le 30 mars 2020 par le gouverneur de la province du Sud-Kivu comme vice-président de la Commission multisectorielle de la lutte contre le Covid-19, le docteur Denis Mukwege a démissionné de son poste mercredi 10 juin.

Le gynécologue congolais et prix Nobel de la paix 2018, Denis Mukwege, le 10 juin 2020, annonce avoir démissionné de ses fonctions au sein de la Commission Santé mise en place dans le cadre de la riposte contre la pandémie de Covid-19 dans la province du Sud-Kivu.
Le gynécologue congolais et prix Nobel de la paix 2018, Denis Mukwege, le 10 juin 2020, annonce avoir démissionné de ses fonctions au sein de la Commission Santé mise en place dans le cadre de la riposte contre la pandémie de Covid-19 dans la province du Sud-Kivu. © Behrouz Mehri, AFP

Dénonçant leurs manquements, le Dr Denis Mukwege, prix Nobel de la paix 2018, a annoncé mercredi avoir démissionné de ses fonctions au sein des instances de lutte contre la propagation du coronavirus dans le Sud-Kivu, en République démocratique du Congo.

Le gynécologue congolais et prix Nobel de la paix Denis Mukwege a annoncé, mercredi 10 juin, avoir démissionné de ses fonctions au sein de la Commission Santé mise en place dans le cadre de la riposte contre la pandémie de Covid-19 dans la province du Sud-Kivu (dans l’est de la République Démocratique du Congo), dont il a dénoncé les manquements.

« Nous sommes (…) au début d’une courbe exponentielle épidémiologique et nous ne pouvons plus appliquer une stratégie qui serait uniquement préventive », explique dans un communiqué le Dr Mukwege, récompensé par le Prix Nobel de la Paix 2018 pour les soins qu’il apporte aux femmes victimes de violences sexuelles en République démocratique du Congo (RDC).

« J’ai donc décidé de démissionner (…) afin de me consacrer entièrement à mes responsabilités médicales et de soigner cet afflux de malades à l’hôpital de Panzi » qu’il a fondé à Bukavu, capitale du Sud-Kivu, écrit encore Denis Mukwege, surnommé « l’homme qui répare les femmes ».

« Une série de problèmes qui « ont diminué l’efficacité de notre stratégie »

Le 30 mars dernier, le gouverneur du Sud-Kivu l’avait nommé président et vice-président de deux instances officielles mises sur pied pour organiser la riposte à la pandémie de coronavirus dans la province.

Le Dr Mukwege déplore l’absence de tests disponibles dans la province et le non-respect des mesures de prévention. Il faut « plus de deux semaines pour recevoir les résultats des prélèvements envoyés à (…) Kinshasa », ce qui représente « un handicap majeur pour notre stratégie basée sur ‘tester, identifier, isoler et traiter' ».

Denis Mukwege pointe aussi une série de problèmes qui « ont diminué l’efficacité de notre stratégie » : « un relâchement des mesures de prévention par notre population, un déni des réalités, l’impossibilité de faire respecter les mesures barrières, la porosité de nos frontières avec le retour massif de milliers de compatriotes venant de pays voisins sans avoir été mis en quarantaine ».

Enfin, il dénonce des « faiblesses organisationnelles et de cohérence entre les différentes équipes responsables de la riposte à la pandémie dans le Sud-Kivu ».

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Depuis le 10 mars, la RDC a déclaré 4 390 contaminations au Covid-19, dont 3 980 à Kinshasa et 89 au Sud-Kivu, pour un total de 96 décès.

Mi-avril, Denis Mukwege avait plaidé pour un « confinement partiel des personnes âgées de plus de 60 ans » et « le port obligatoire de masque pour tout le monde » afin de rompre la chaîne de transmission du coronavirus.

Le 9 mai, le médecin avait appelé à « un approvisionnement en urgence en tests, avant le déclenchement de la courbe exponentielle épidémique » du virus.

Avec AFP

Source: France24