Iran : Trump piégé entre l’Oman et l’Iran, la débâcle du détroit d’Ormuz : Le dilemme de Trump face aux conflits prolongés


Trump piégé entre l’Oman et l’Iran, la débâcle du détroit d’Ormuz : Le dilemme de Trump face aux conflits prolongés

Publié le 10.9.2026 à 20h56 – Par Clara Lefevre – Temps de lecture 5mn

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Comment Trump s’est fait humilier au Moyen‑Orient et en Asie. Que fait encore Trump?

Le détroit d’Ormuz: certains navires qataris ont essayé de contourner le blocus irano‑américain, notamment le blocus iranien, et se sont fait frapper par les Iraniens, parce qu’ils traversaient les eaux territoriales du sultan d’Oman, qui sont normalement hors de portée légale des Iraniens. Cela a redéclenché les hostilités, et le sultan d’Oman, allié des États‑Unis et généralement neutre dans la région, a décidé de négocier en secret, dans le dos des Américains, un partage du contrôle du détroit d’Ormuz avec des taxes.

Image IA d’illustration

Trump ne l’a pas toléré, mais a‑t‑il réellement les moyens d’empêcher l’Oman et l’Iran de négocier sans lui? Pas vraiment. Le seul moyen de pression dont il dispose est de frapper l’Iran, et ce même moyen de pression s’affaiblit, car il est de moins en moins en mesure de frapper qui que ce soit. Il a aussi menacé de frapper son propre allié, le sultan d’Oman, ce qui envoie un message à ses autres alliés dans la région.

Pourquoi? Parce qu’il a de plus en plus de mal à frapper les autres, les stocks de munitions mondiaux s’épuisant, n’ayant jamais été dimensionnés pour un conflit de longue durée avec un pays comme l’Iran, notamment les intercepteurs de missiles qui ont été dépassés par les drones iraniens à bas coût. Par exemple, les systèmes THASS et les Patriotes sont épuisés entre 80 et 50 % de leur stock, ce qui rend les frappes iraniennes de plus en plus efficaces.

C’est la même chose en Ukraine: les systèmes Patriotes s’épuisent, donc les missiles nord‑coréens utilisés par les Russes deviennent de plus en plus efficaces, ce qui pousse les Américains, récemment, à se rendre à Moscou pour négocier la fin de la guerre, sachant que leur allié ukrainien est de moins en moins capable de résister, notamment à cause du déséquilibre numérique, les Ukrainiens étant moins nombreux que les Russes, ces derniers bénéficiant du soutien de dizaines de milliers de Nord‑coréens qui combattent à leurs côtés.

Retour au Moyen‑Orient: comme je l’ai déjà indiqué, les batteries d’interception de missiles sont presque épuisées, notamment pour la défense d’Israël, les pétroménarchistes se défendant elles‑mêmes avec le matériel américain. Cela a amené Trump à vider les batteries d’intercepteurs d’Asie, notamment de Corée et du Japon, créant des tensions diplomatiques avec ces pays. De plus, il a demandé au Japon de l’aider au Moyen‑Orient avec ses propres stocks d’armement, ce que la Corée du Sud a totalement refusé.

Cela a conduit Trump à prendre une décision radicale: réduire la contribution militaire en Corée du Sud, alors même qu’il avait déjà retiré des systèmes de défense antimissile, et il a annoncé qu’il pouvait éventuellement diminuer l’aide à Taïwan pour obtenir des concessions de la Chine, notamment sur les terres rares.

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En outre, le porte‑avion dont vous avez certainement entendu parler, qui est resté deux-cent-soixante jours en mer, prouve que les Américains ne sont pas préparés à des guerres de longue durée. Il a accosté en Thaïlande et sera remplacé par un porte‑avion stationné dans le Pacifique, donc contre la Chine, ce qui oblige Trump à réduire sa présence asiatique, allant à l’encontre de la stratégie américaine de retournement contre la Chine pour soutenir l’effort de guerre contre l’Iran, dont il ne semble pas prêt à accepter une défaite.

Peut‑être qu’une capitulation plus précoce lui aurait permis de consolider sa présence militaire dans le monde, voire de ne pas la perdre. Visiblement, il reste attaché à la défense de ses intérêts au Moyen‑Orient et n’est pas en capacité de stopper cette guerre, voilà.

Conclusion importante :

Si vous avez lu notre article « Venezuela : Ormuz fermé, Venezuela ouvert ? Analyse du nouveau deal pétrolier américain : le piège financier derrière l’accord Venezuela‑Trump«  alors vous comprendrez qu’en définitive, les récents revers subis par l’administration Trump au Moyen‑Orient et en Asie révèlent une perte progressive de capacité d’influence militaire américaine.

Le détroit d’Ormuz, autrefois pilier de la stratégie de pression contre l’Iran, a vu l’Oman négocier en coulisses un partage de contrôle, exposant l’incapacité de Washington à imposer son veto. L’appauvrissement des stocks d’intercepteurs, tant dans la région du Golfe que dans les arsenaux coréens et japonais, a contraint Trump à menacer même ses alliés les plus fiables, sapant la crédibilité du réseau de partenaires.

Cette raréfaction logistique s’est traduite par un retrait partiel des engagements en Corée du Sud et une remise en question du soutien à Taïwan, au profit de concessions supposées sur les terres rares avec Pékin. Le déplacement du porte‑avions vers le Pacifique, après plus de deux mois d’opérations limitées, illustre la difficulté américaine à soutenir simultanément plusieurs fronts lointains.

Parallèlement, l’accord pétrolier avec le Venezuela, présenté comme une victoire stratégique, ne représente qu’une fraction modeste de la production mondiale et repose sur un régime politique fragile. Les « golden shares » accordées aux États‑Unis garantissent une rente sans investissement direct, mais la viabilité de ce partenariat reste menacée par d’éventuelles révoltes ou un revirement anti‑américain. Ainsi, la combinaison d’une influence diplomatique affaiblie, d’une capacité militaire épuisée et d’une dépendance à des ressources limitées laisse présager une redéfinition des priorités géopolitiques de Washington.

La question qui se pose désormais est de savoir si les États‑Unis sauront réinventer leur puissance d’endurance ou s’ils seront contraints à une nouvelle forme de retrait stratégique.

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