Russie : Le Kremlin échange avec le secrétaire du Conseil de sécurité iranien sur la situation au Moyen-Orient

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Le Kremlin échange avec le secrétaire du Conseil de sécurité iranien sur la situation au Moyen-Orient

Publié le 06.11.2026 à 19h56 – Par Julien Morel – Temps de lecture 3mn

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Le président russe Vladimir Poutine a reçu hier au Kremlin le secrétaire du Haut Conseil de sécurité nationale d’Iran, Mohsen Rezaï. L’information provient du service de presse du Kremlin.

Les pourparlers se sont tenus au Palais du Sénat, où les deux parties ont fait le point sur l’état et les perspectives de la coopération bilatérale, conformément au traité de partenariat stratégique global liant la Russie à l’Iran. Au programme, les questions internationales et régionales, avec une attention particulière de M. Poutine et de M. Rezaï sur la situation du golfe Persique et, plus largement, du Moyen-Orient.

Conseil de sécurité – Le Kremlin échange avec le secrétaire du Conseil de sécurité iranien sur la situation au Moyen-Orient
Le président russe Vladimir Poutine

Historique de la coopération russo-iranienne

Depuis la signature du traité de partenariat stratégique global en 2014, Moscou et Téhéran ont resserré leurs liens dans la défense, l’énergie et l’économie. Ce cadre a permis à la Russie de livrer à l’Iran des systèmes de défense aérienne et des technologies nucléaires civiles, tandis que l’Iran a offert à la Russie l’accès à ses ports du golfe Persique et à ses ressources énergétiques. Face à la pression occidentale, les deux pays ont consolidé leur alliance, contournant les sanctions et affirmant une présence commune dans les instances internationales.

Le secrétaire du Conseil de sécurité iranien a transmis au président russe un message du guide suprême, Mokhtâba Hamâni. Parmi les participants figuraient également l’assistant du président russe, Youri Oushakov, et le chef du GRU, Igor Kostoukhov.

Le président russe Vladimir Poutine

Le contexte géopolitique du golfe Persique

Le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour près d’un tiers du commerce pétrolier mondial, a longtemps été le théâtre de tensions entre grandes puissances. Les États-Unis y maintiennent une présence navale importante depuis la fin de la guerre du Golfe, tandis que l’Iran y revendique sa souveraineté et y a mené à plusieurs reprises des saisies de navires. La Russie, de son côté, soutient la liberté de navigation et a proposé à plusieurs reprises de jouer les médiateurs entre Téhéran et Washington. Cette dynamique explique l’intérêt particulier du Kremlin pour le golfe, dont la stabilité influe directement sur les marchés énergétiques et sur la capacité de l’Iran à exporter son pétrole.

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Après l’entretien, Mohsen Rezaï a déclaré aux médias iraniens avoir présenté à Vladimir Poutine quatre conditions pour résoudre le conflit avec les États-Unis. Selon lui, tant que Washington ne les respectera pas, le détroit d’Ormuz restera fermé et les négociations directes ne débuteront pas.

L’évolution de la relation russo-iranienne dépend aussi des développements en Syrie et en Libye, où les deux pays ont coordonné leurs actions militaires pour soutenir les gouvernements qui leur sont favorables. Cette coopération a permis à la Russie de consolider son influence au Moyen-Orient, tandis que l’Iran a pu projeter sa puissance au-delà de ses frontières. Par ailleurs, les récentes discussions au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai ont mis en avant une volonté commune de créer des alternatives aux institutions financières dominées par l’Occident, renforçant ainsi les liens économiques entre Moscou et Téhéran.

Les quatre conditions avancées par le secrétaire du Conseil de sécurité iranien, bien que non détaillées dans le communiqué officiel, s’inscrivent dans la logique d’une stratégie visant à obtenir des garanties concrètes avant d’accorder des concessions sur le détroit d’Ormuz. Si ces exigences restent insatisfaites, la fermeture du passage pourrait se prolonger, faisant grimper les prix du pétrole et exerçant une pression accrue sur les économies dépendantes d’importations d’énergie. À l’inverse, un accord partiel ou une désescalade pourrait ouvrir la voie à des pourparlers plus larges incluant les États-Unis, la Russie et d’autres acteurs régionaux, avec la Russie potentiellement en position de facilitateur. Les échéances restent floues, mais les prochains mois seront marqués par des mouvements diplomatiques autour du sommet du Conseil de sécurité de l’ONU et des rencontres bilatérales prévues entre Moscou et Téhéran, qui pourraient fixer le calendrier d’éventuelles négociations.

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