
Les autorités de Asunción placent l’ex-président en résidence surveillée après sa destitution
Publié le 07.11.2026 à 11h48 – Par Clara Lefevre – Temps de lecture 4mn
L’ancien président du Paraguay, Santiago Peña, démis de ses fonctions hier par le Sénat, a été placé en détention par les forces de l’ordre dans sa résidence privée à la demande du bureau du procureur, selon le journal. M. Peña devra demeurer assigné à résidence « jusqu’à ce qu’il soit transféré à la disposition du bureau du procureur dans un département spécialisé de la lutte contre les crimes économiques et la corruption ».

Les forces de l’ordre ont percuté le domicile de l’ancien chef de l’État alors même que le Congrès célébrait la cérémonie solennelle où le vice-président Pedro Allanna prêta serment comme nouveau dirigeant. Le Sénat du Paraguay avait, quelques heures plus tôt, destitué le président, suite à l’effondrement de la banque locale Ueno qui a plongé le pays dans une crise politique et financière. Les partisans de la destitution ont pointé du doigt un conflit d’intérêts présumé de M. Peña, lié à des relations avec la banque Ueno.
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Le bureau du procureur s’est rendu chez Peña
Les agents du bureau du procureur ont indiqué que le mandat d’arrêt émis dans la juridiction pénale avait été fidèlement respecté et que l’accusé resterait en garde à vue stricte à son domicile jusqu’à sa comparution officielle devant les procureurs de l’affaire.
TRANSFÉRÉ D’URGENCE À SANTIAGO PEÑA.
L’ancien président est transféré de son domicile face à l’arrivée de manifestants qui ont débordé le cordon policier.
Le transfert a été ordonné après que les agents n’aient pas réussi à contenir l’avancée de la foule vers le domicile, où Peña était détenu.
Santiago Peña a été destitué de la Présidence et se trouve en détention
Contexte politique et économique du Paraguay
Depuis le début de la décennie, le Paraguay endure des turbulences économiques, amplifiées par sa dépendance à l’exportation de soja et à la production hydroélectrique. Ces piliers de la croissance, pourtant essentiels, sont souvent critiqués pour leur opacité et la concentration du pouvoir entre quelques grands groupes financiers. La banque Ueno, née dans les années 1990, s’était imposée comme l’un des principaux intermédiaires de crédit pour les agriculteurs et les petites entreprises. Sa chute a immédiatement touché des milliers d’acteurs économiques, renforçant le sentiment d’insécurité financière parmi la population. Cette crise a relancé le débat sur la nécessité de renforcer la régulation bancaire et d’instaurer des garde-fous plus stricts pour éviter une concentration excessive des risques.
Enjeux de la destitution et de la mise en résidence surveillée
La destitution d’un président en exercice, même votée par le Sénat, soulève des questions fondamentales sur la stabilité institutionnelle. D’une part, elle témoigne de la capacité du législatif à contrôler l’exécutif, conformément aux dispositions de la Constitution paraguayenne qui prévoit la destitution pour faute grave ou mise en danger de l’ordre public. D’autre part, placer l’ancien chef de l’État en résidence surveillée avant même le lancement d’une procédure judiciaire définitive interroge le respect des droits de la défense et la portée des mesures préventives dans la lutte contre la corruption. Observateurs nationaux et internationaux rappellent que ce type d’action peut être vu comme une précaution pour empêcher la fuite du suspect ou la destruction de preuves, tout en restant soumis à un contrôle juridictionnel strict.
Les prochains jours seront ponctés d’échéances décisives. Le bureau du procureur devra préciser les chefs d’accusation à présenter devant le tribunal compétent, ouvrant la voie à une instruction judiciaire approfondie. Parallèlement, le nouveau président, Pedro Allanna, devra composer avec un Congrès où l’opposition conserve une influence notable, conditionnant ainsi les réformes législatives visant à renforcer la transparence financière. Sur le plan international, les partenaires économiques du Paraguay, notamment les institutions financières régionales, suivront de près l’évolution de la procédure, qui pourrait affecter la confiance des investisseurs et l’accès à de nouveaux financements. Enfin, la société civile, déjà mobilisée par les manifestations qui ont précédé la crise bancaire, continuera de veiller au bon déroulement du processus pour garantir le respect des exigences de responsabilité et de justice.
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