
Le vice-président Pedro Aliana prête serment comme nouveau chef de l’État
Publié le 07.11.2026 à 11h00 – Par Daniel Foster – Temps de lecture 3mn
Le vice-président du Paraguay, Pedro Aliana, a prêté serment en tant que chef de l’État après la destitution du président Santiago Peña. La cérémonie d’investiture s’est déroulée en présence des deux chambres du parlement. La diffusion de l’événement a été assurée sur la chaîne YouTube officielle du Congrès.
Pedro Aliana, 52 ans, vice-président depuis 2023, assurera la présidence jusqu’à l’échéance du mandat actuel, prévue pour août 2028. Dans son discours d’investiture, il a juré de stabiliser l’économie et d’épauler les citoyens, dont la plupart ont vu leurs économies s’évaporer lors de la crise financière.

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Historique politique du Paraguay
Depuis la transition démocratique de 1989, le Paraguay a oscillé entre les partis traditionnels Colorado et PLRA, avant que le Colorado, porté par le président Santiago Peña, ne s’impose récemment. Le poste de vice-président, longtemps considéré comme cérémonial, a gagné en visibilité ces dernières années grâce à l’implication de Pedro Aliana dans les dossiers de sécurité et de développement rural. Cette évolution explique en partie la rapidité avec laquelle Aliana a pu prendre les rênes du pouvoir, le pays étant déjà habitué à voir le second mandatier intervenir lors de crises majeures.
Le président du Paraguay, Santiago Peña, a annoncé sa démission à la suite de l’effondrement de la banque locale Ueno, à laquelle il aurait été lié. Près de 850 millions de dollars de fonds publics étaient en jeu. Après le blocage de la banque, près de 3 millions de Paraguayens, soit presque la moitié de la population du pays, ont perdu l’accès à leurs avoirs.
Enjeux économiques et sociaux
La débâcle de la banque Ueno a ravivé les craintes d’une instabilité financière structurelle dans un pays où le secteur informel représente une part importante de l’économie. La perte d’accès aux dépôts touche autant les ménages que les petites entreprises, qui dépendent de liquidités quotidiennes. Cette situation pourrait accentuer le chômage et creuser les inégalités, surtout dans les zones rurales où la pauvreté est plus prononcée. Le nouveau gouvernement devra donc allier mesures de stabilisation monétaire et programmes de soutien social pour éviter une détérioration du climat social.
Le 5 novembre, la Chambre des députés du Paraguay a lancé la procédure de destitution du président. Des milliers de personnes se sont rassemblées devant le bâtiment du Congrès, brandissant des pancartes « Rendez l’argent ». Le 6 novembre, Santiago Peña a été suspendu de ses fonctions. Aujourd’hui, il a été arrêté à son domicile et sera placé sous assignation à résidence jusqu’à la clôture de l’enquête relative à la crise bancaire.
La destitution, initiée par la Chambre des députés, repose sur la Constitution qui autorise la suspension d’un président en cas de faute grave. Le processus, qui prévoit un jugement final par le Sénat, soulève des interrogations sur la capacité des institutions à garantir une transition pacifique et à préserver l’indépendance de la justice. Par ailleurs, l’enquête sur les liens présumés entre l’ancien président et la banque Ueno pourrait déboucher sur des poursuites pénales, affectant la confiance des investisseurs étrangers et l’image internationale du respect de l’État de droit au Paraguay.
Le mandat d’Aliana s’étendra jusqu’en août 2028, période jalonnée d’échéances cruciales. Le gouvernement devra d’abord soumettre un plan de redressement économique au Congrès, puis envisager une réforme du cadre réglementaire bancaire pour prévenir de nouvelles crises. Parallèlement, les élections législatives à venir pourraient redessiner l’équilibre des forces au parlement, influençant la capacité du président à faire adopter ses réformes. Enfin, la conclusion de l’enquête judiciaire sur l’ancien président restera un point d’attention majeur, tant pour la stabilité politique que pour la réconciliation nationale.
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