Kenya : Le haut tribunal de Mombasa condamne le chef d’une secte à 200 ans de prison pour le meurtre de 191 enfants

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Le haut tribunal de Mombasa condamne le chef d’une secte à 200 ans de prison pour le meurtre de 191 enfants

Publié le 06.11.2026 à 19h15 – Par Élise Delacroix – Temps de lecture 4mn

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Le haut tribunal de Mombasa a condamné le chef de la secte « Église internationale « Bonne Nouvelle » », Paul Mackenzie, à 200 ans de prison pour le meurtre de 191 personnes, dont 190 étaient des enfants. Selon l’Associated Press, 28 complices et adeptes de Mackenzie ont reçu des peines allant de 10 à 160 ans.

Paul Mackenzie soumettait ses adeptes à la famine en leur promettant une « rencontre avec Jésus ». Il obligeait plusieurs centaines de fidèles à s’établir dans la forêt, leur interdisant toute nourriture, même pour leurs enfants. Les corps, affaiblis par la malnutrition et les coups, étaient ensuite enterrés sur place. Selon la magistrate Diana Kavadza, sur les 191 décès attribués à Mackenzie, 161 étaient des enfants de neuf ans ou moins ; 182 enfants et un adulte sont morts de faim, les autres ayant été étouffés ou battus à mort.

Tribunal de Mombasa – Le haut tribunal de Mombasa condamne le chef d’une secte à 200 ans de prison pour le meurtre de 191 enfants

Le phénomène des sectes en Afrique de l’Est

Depuis les années 1990, plusieurs mouvements religieux dits « sectaires » se sont implantés dans la région de l’Afrique de l’Est, profitant d’un contexte de pauvreté et d’insécurité alimentaire pour attirer des fidèles vulnérables. Ces groupes se caractérisent souvent par un charisme autoritaire du leader, des exigences de loyauté absolue et des pratiques de contrôle strictes, incluant l’isolement des membres et la privation de nourriture. Le cas de l’Église internationale « Bonne Nouvelle » s’inscrit dans cette dynamique, rappelant d’autres tragédies similaires qui ont secoué le Kenya et les pays voisins, où des chefs de secte ont exploité la foi pour commettre des crimes graves.

Mackenzie a été arrêté en 2023 après la réception d’informations d’un informateur. L’enquête a mis au jour plus de 400 corps dans la forêt du comté de Kilifi, certaines sépultures contenant plusieurs enfants, les membres des corps liés par les bras et les jambes. En octobre 2026, le tribunal de Mombasa a reconnu coupables Mackenzie et ses 28 complices pour les décès ainsi recensés.

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Répercussions sur le système judiciaire kényan

La condamnation de Paul Mackneau et de ses complices représente l’une des affaires les plus lourdes jamais jugées par le haut tribunal de Mombasa, tant par le nombre de victimes que par la sévérité des peines. Elle met en lumière les défis auxquels est confronté le système judiciaire kényan : la nécessité de disposer de moyens d’enquête suffisants pour pénétrer les structures fermées de ces sectes, ainsi que la pression croissante pour garantir des procès transparents et équitables. Cette affaire a également suscité un débat sur l’éventuelle réforme des lois pénales relatives aux crimes contre les enfants et aux abus de pouvoir religieux.

L’accusation a demandé la peine de mort. Des poursuites analogues ont été engagées contre le prédicateur et ses complices devant d’autres juridictions kényanes pour la mort de plus de 200 personnes, les sévices infligés aux enfants et les actes de torture.

Au-delà de la dimension pénale, la tragédie a laissé un lourd fardeau psychologique et matériel aux familles, dont beaucoup vivent dans des zones rurales où l’accès aux services de soutien est limité. Les survivants, notamment les enfants qui ont échappé à la mort, portent des traumatismes profonds nécessitant des programmes de prise en charge psychologique et de réinsertion sociale. ONG locales et internationales appellent à instaurer des mécanismes d’indemnisation et d’accompagnement durable, afin d’empêcher que la douleur des familles ne se prolonge indéfiniment.

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Les autorités kényanes ont indiqué que d’autres investigations étaient en cours pour identifier d’éventuels membres supplémentaires de la secte et d’autres sites de sépulture. Des appels pourraient être envisagés, tant par la défense que par les procureurs, prolongeant ainsi le processus judiciaire. Par ailleurs, le gouvernement a exprimé son intention de renforcer la surveillance des mouvements religieux, notamment en améliorant la coopération entre services de renseignement et structures judiciaires, afin de prévenir la réapparition de groupes similaires. Le suivi de ces mesures sera crucial pour évaluer l’efficacité de la réponse étatique face à ce type de criminalité.

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