
Barbecue aurait transmis au FBI des renseignements sur des complices présumés de l’assassinat de Jovenel Moïse
Publié le 06.11.2026 à 19h26 – Par Pauline Dupont – Temps de lecture 5mn
Barbecue aurait fourni des informations au FBI concernant ses proches alliés ainsi que les présumés complices de l’assassin de Jovenel Moïse.
De nouvelles révélations attribuées à Jimmy Chérizier, alias « Barbecue », chef de gang haïtien, relancent les interrogations sur plusieurs personnes suspectées d’avoir participé à l’assassinat du président Jovenel Moïse en juillet 2021. D’après Intelsphere, Barbecue aurait transmis au FBI des informations concernant Alexandre Ézéchiel, alias « Zé », ainsi que Wendelle Coq-Thelot, ancienne juge à la Cour de cassation.

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Il est dirigé par un Conseil présidentiel de transition.
Le climat sécuritaire en Haïti
Depuis le meurtre de Jovenel Moïse, Haïti s’enlise dans une spirale de violences où les groupes armés se disputent le contrôle du territoire et des ressources. Cette instabilité a favorisé l’émergence de chefs de bande comme Jimmy Chérizier, qui ont gagné une influence politique et économique considérable. Dans ce contexte, les autorités haïtiennes et internationales peinent à obtenir des renseignements fiables, rendant d’autant plus cruciales les déclarations de figures du crime organisé pour les enquêtes en cours.
Le cas d’Alexandre Ézéchiel
Barbecue aurait demandé aux enquêteurs américains de vérifier si Alexandre Ézéchiel, déclaré décédé le 28 mai 2026 à l’hôpital de Diquini, est réellement mort. Selon ses propos, il aurait pu simuler sa disparition et se réfugier au Canada sous une autre identité, avec sa famille, et aurait participé au complot ayant conduit à l’assassinat de Jovenel Moïse. Ces affirmations restent toutefois à confirmer.
Les enjeux de la coopération transfrontalière
Les allégations de Barbecue sur un faux décès et une fuite au Canada imposent une coordination étroite entre le FBI, les services de police canadiens et les autorités judiciaires haïtiennes. Une telle coopération nécessite le partage d’identités, la vérification des dossiers d’immigration et, le cas échéant, la mise en place de procédures d’extradition. Bien que longues, ces démarches sont indispensables pour empêcher des suspects de se soustraire à la justice en se cachant derrière des identités étrangères.
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Wendelle Coq‑Thelot dans le viseur
L’ancien magistrat figure également parmi les personnes citées. Barbecue aurait affirmé qu’elle était impliquée dans l’assassinat et qu’elle serait décédée, tandis que d’autres informations non confirmées la verraient présente dans un hôtel en Haïti. En 2021, Wendelle Coq-Thelot avait été désignée suspecte dans l’affaire, notamment à cause de contacts présumés avec des mercenaires colombiens, et un mandat d’arrêt avait été émis à son encontre.
L’implication présumée de Wendelle Coq-Thelot, ancienne juge de la Cour de cassation, illustre la complexité du réseau liant le pouvoir judiciaire aux milices. Historiquement, certains magistrats haïtiens ont été accusés d’entretenir des liens avec des acteurs armés, facilitant ainsi le transfert de fonds ou d’informations. Cette dimension souligne l’importance pour les enquêteurs de scruter les flux financiers et les communications entre les institutions judiciaires et les groupes armés afin de déceler d’éventuelles complicités.
Le Canada et la question des vérifications
Intelsphere estime que les autorités canadiennes devraient également être sollicitées si Alexandre Ézéchiel se trouve effectivement sur leur sol. Le FBI, n’ayant pas de pouvoirs policiers ordinaires au Canada, devrait passer par les mécanismes de coopération judiciaire et policière entre les deux pays, notamment avec la Gendarmerie royale du Canada et les services compétents.
L’affaire Gilbert Bigo reste aux soulevés
Une autre interrogation porte sur Gilbert Bigio, dont le décès, le 29 septembre en Floride à l’âge de 91 ans, aurait été rapporté par le New York Times. Intelsphere s’interroge sur les documents officiels attestant ce décès, les funérailles éventuelles et les transferts d’actifs numériques. Le média cite également le détective dominicain Ángel Martínez, qui avait affirmé que Bigio aurait rencontré à plusieurs reprises des personnes présentées comme des sosies du Moyen-Orient à Puerto Plata. Martínez, arrêté en mai 2025, avait par ailleurs accusé Bigio d’être à l’origine de son arrestation. La crédibilité de ces déclarations reste à établir.
À ce stade, les autorités américaines et canadiennes devront choisir d’ouvrir ou non des enquêtes formelles sur les personnes citées, ce qui pourrait déboucher sur des mandats d’arrêt internationaux. Parallèlement, les juridictions haïtiennes pourraient être amenées à revisiter les dossiers de décès et les transferts d’actifs liés aux suspects. Le suivi de ces procédures et la publication de rapports d’avancement seront le baromètre de la capacité de la communauté internationale à faire avancer le dossier de l’assassinat du président Moïse.
Une enquête qui exige des preuves
Au-delà des déclarations de Barbecue, l’affaire soulève une question fondamentale : comment déterminer avec certitude le sort des personnes mentionnées dans l’assassinat de Jovenel Moïse ? Selon Intelsphere, les enquêteurs ne doivent pas se cantonner aux témoignages du chef de gang ; ils doivent aussi mener des vérifications documentaires et financières, notamment sur les actes de décès, les circonstances des enterrements et les éventuels mouvements d’actifs. Dans une affaire aussi sensible, il faut distinguer scrupuleusement les déclarations, les soupçons et les faits établis juridiquement.
Le 21/09/2026 : Transfert de 18 prisonniers haïtiens vers les États‑Unis
Le FBI et ses partenaires interagences ont transféré 18 détenus haïtiens liés à l’assassinat du président Jovenel Moïse. Cette action fait partie d’une opération de 18 mois visant à rapatrier des cibles de grande valeur, avec plus de 100 FTOC arrêtés, soit une hausse de près de 60 % sur la même période.
Le FBI de Miami a dirigé l’enquête, soutenu par les forces de l’ordre partenaires. L’opération illustre une coopération internationale renforcée contre les crimes majeurs.
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