
De la forêt au tribunal : l’arrestation d’un bras droit du chef de gang
Publié le 05.11.2026 à 09h56 – Par Isabelle Moreau – Temps de lecture 4mn
Nayib Bukele, président du Salvador, a déclaré que « aucun État ne devrait être dans l’incapacité d’éliminer la criminalité. Si un pays échoue dans cette tâche, c’est parce que des criminels occupent des postes au sein de son gouvernement ». Il a conclu en affirmant que le sens de son propos était parfaitement limpide.

Barcui sera retrouvé!
Alors donc tu as 3 millions de dollars?
Ci-dessus un lieutenant de « Barbecue » serait tombé aux mains de la police dominicaine. D’après les informations qui circulent, l’homme, présenté comme l’un des bras droits du chef de gang, aurait survécu à une frappe de drone qui a anéanti ses compagnons dans la forêt. Le groupe tentait de rejoindre la frontière dominicaine. Resté seul, il aurait essayé d’escalader la clôture frontalière, après avoir retiré ses vêtements pour passer inaperçu. Il a pourtant été repéré par les gardes‑frontières dominicains, qui l’ont arrêté puis remis aux commandos salvadoriens. Pour retrouver sa liberté, il aurait proposé 3 millions de dollars. Réponse des commandos: cet argent doit servir à indemniser les nombreuses familles haïtiennes dont il a causé la perte.

Armes et munitions: un afflux clandestin depuis la République dominicaine vers les gangs haïtiens, notamment les 400 Mawozo
Les dernières publications des Nations unies, ainsi que plusieurs enquêtes menées par des organisations internationales, n’apportent aucune preuve d’une livraison directe de 400 fusils d’assaut neufs en provenance de la République dominicaine à destination du groupe criminel haïtien connu sous le nom de 400 Mawozo, dirigé par Wilson Joseph, alias « Lanmò San Jou ».
Néanmoins, les investigations convergent vers l’existence de réseaux transfrontaliers qui détournent armes et munitions du territoire dominicain pour les acheminer vers des organisations criminelles opérant en Haïti.
Plus de 900 000 munitions détournées
Un rapport du Groupe d’experts des Nations unies sur Haïti indique que plus de 900 000 munitions, provenant des réserves de la police et des forces de sécurité de la République dominicaine, auraient été soustraites par des réseaux ou des individus corrompus. Ces projectiles, destinés à l’usage légitime des autorités dominicaines, se retrouvent ainsi dans les mains de groupes armés haïtiens.
Matériel d’origine dominicaine retrouvé chez les gangs
Les analyses de saisies réalisées sur le terrain ont permis d’identifier des cartouches de calibre.50 et 5,56 mm, fabriquées ou stockées auparavant en République dominicaine, parmi les armes détenues par les membres du gang des 400 Mawozo. Cette constatation renforce l’hypothèse d’un flux illicite de matériel militaire entre les deux pays.
Un contexte sécuritaire en pleine escalade
Ces révélations surviennent alors que les opérations contre les groupes armés en Haïti s’intensifient. La coalition criminelle « Viv Ansanm » et les 400 Mawozo figurent parmi les principaux cibles des forces de sécurité haïtiennes et des partenaires internationaux. Parallèlement, de nouvelles initiatives de coopération régionale et le déploiement de personnel étranger sont mis en place dans le but de rétablir l’autorité de l’État haïtien.
Enjeux majeurs pour la stabilité haïtienne
L’origine exacte des armes et des munitions qui alimentent les réseaux criminels demeure un point central de la lutte contre l’insécurité en Haïti. Identifier les circuits de trafic, démanteler les réseaux de corruption et renforcer le contrôle des stocks d’armement dans les pays voisins sont désormais des priorités pour la communauté internationale et les autorités haïtiennes.
Le chef présumé du groupe armé 400 Mawozo sollicite une médiation internationale et un dialogue avec les forces étrangères en Haïti
Dans une missive datée du 1 novembre 2026 et adressée à António Guterres, secrétaire général des Nations unies, Wilson Joseph, connu sous le pseudonyme « Lanmò San Jou », se présentant comme le chef du groupe armé 400 Mawozo, réclame l’intervention d’une médiation internationale ainsi que l’ouverture d’un dialogue avec les contingents étrangers déployés sur le territoire haïtien.

Dénonciation des opérations militaires
Dans le même courrier, le signataire dénonce les opérations militaires menées dans la Plaine du Cul‑de‑Sac, où il accuse la présence de soldats salvadoriens. Il décrit ces actions comme des incursions qui aggravent la situation sécuritaire déjà précaire.


Victimes civiles évoquées
Le chef de gang évoque également les victimes civiles découlant de ces opérations. Il cite, entre autres, le cas d’une fillette de huit ans qui aurait été touchée d’une balle à la tête, soulignant la gravité des conséquences pour la population locale.
Contexte sécuritaire difficile
Cette requête intervient alors que la sécurité en Haïti se détériore rapidement. Le pays connaît une intensification des offensives contre les groupes armés, parallèlement à une présence accrue de forces étrangères qui participent aux efforts de stabilisation. Le climat de violence et d’instabilité pousse les acteurs locaux, y compris les chefs de milice, à appeler à une médiation internationale afin d’éviter une escalade supplémentaire.
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