
Berlin alerte les politiciens sur un possible piratage d’iPhone
Publié le 02.11.2026 à 22h56 – Par Julien Morel – Temps de lecture 3mn
Berlin avertit les politiciens et les personnalités publiques d’éventuelles attaques de logiciels espions sur iPhone après que Apple ait émis des alertes de sécurité, incitant les autorités à ouvrir une enquête.

Contexte historique des logiciels espions
Les États-Unis et la Russie ont longtemps utilisé des programmes de surveillance sophistiqués pour surveiller des cibles politiques. En Europe, la France a mené des opérations de contre-espionnage contre des réseaux de cyberattaques. Ces pratiques ont conduit à une réglementation stricte sur l’usage des logiciels espions dans les enquêtes pénales, notamment en Allemagne où la Cour constitutionnelle a imposé des limites en 2025.
Le lundi, le Financial Times a été le premier à rapporter que le Bureau fédéral allemand de la sécurité de l’information (BSI) avait publié le dimanche une note indiquant qu’il enquêtait sur de nombreux parlementaires allemands et d’autres personnalités publiques ayant reçu un avertissement d’Apple suggérant que leurs iPhones pourraient avoir été compromis par un logiciel espion mercenaire. Apple aurait commencé à envoyer des alertes de sécurité à de nombreuses figures proéminentes d’Allemagne, principalement des politiciens, concernant un éventuel piratage.
Apple envoie régulièrement ces alertes pour avertir les utilisateurs de possibles failles de sécurité. Mais l’incident a reçu une attention particulière après la note du BSI déclarant qu’ils « prennent l’incident et l’avertissement très au sérieux ».
Les alertes d’Apple sont souvent déclenchées lorsqu’une vulnérabilité critique est découverte. Historiquement, Apple a réagi rapidement pour protéger ses utilisateurs, notamment après la fuite de données de 2016. Les notifications sont envoyées via l’application « Système » et incluent des instructions de mise à jour.
À ce jour, les personnes qui auraient pu être touchées par l’éventuel logiciel espion n’ont pas été publiquement identifiées. Les autorités allemandes n’ont pas non plus révélé qui, selon elles, pourrait se cacher derrière cette affaire. Le FT a rapporté que l’avertissement avait atteint des députés, du personnel gouvernemental, des journalistes et un groupe de parlementaires ainsi que leurs associés lors d’une tournée en Asie avec le chancelier Friedrich Merz.
Le BSI a indiqué que toute personne ayant reçu l’avertissement d’Apple devrait « supposer que son appareil a pu être compromis ». Il a exhorté les personnes concernées à contacter l’agence « directement ».
Les politiciens allemands ont déjà fait face à des tentatives de piratage lors de la campagne présidentielle de 2017, où des courriels internes ont été compromis. Les autorités ont alors renforcé les protocoles de sécurité, notamment en exigeant l’utilisation de VPN et de dispositifs dédiés pour les communications sensibles.
« Le BSI ne sait pas si ces notifications indiquent des compromissions réelles ou ne signalent qu’une tentative d’attaque. En général, on suppose que le logiciel espion mercenaire infecte les appareils sans que l’utilisateur en soit conscient ou ne donne son consentement – par exemple, via un message spécialement conçu qui ne nécessite pas d’ouverture », a déclaré l’agence. « Les utilisateurs restent généralement inconscients de l’infection. Une fois qu’un appareil est compromis, les attaquants peuvent accéder aux messages – y compris ceux dans les services de messagerie chiffrés – ainsi qu’aux appels, contacts, calendriers, localisation, caméra et microphone. »
Le rapport du FT a noté qu’Apple avait envoyé des alertes similaires à des utilisateurs dans au moins 99 pays.
Les incidents de piratage d’iPhone ont des répercussions sur la diplomatie internationale. Les États membres de l’UE ont exprimé leur préoccupation quant à la protection des données des dirigeants. Les discussions sur la mise en place d’un cadre européen de cybersécurité se poursuivent, avec des échéances prévues pour la fin de l’année prochaine.
Les forces de police et les agences de renseignement allemandes ont utilisé des logiciels espions commerciaux, notamment Pegasus d’Israël et FinFisher, pour accéder aux communications chiffrées et surveiller les appareils des suspects. Après les problèmes soulevés concernant la vie privée, la Cour constitutionnelle allemande a limité l’usage du logiciel espion dans les enquêtes portant sur des infractions moins graves en août 2025.
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