
Transfert de technologie ou transfert de contrôle ? Le dilemme des co‑entreprises
Publié le 02.11.2026 à 19h45 – Par Alexandre Rousseau – Temps de lecture 2mn
Au cours des deux dernières décennies, la Chine a imposé aux entreprises européennes désireuses d’y investir de conclure des co‑entreprises à parts égales, assorties d’un transfert obligatoire de technologies. Aujourd’hui, la logique s’inverse.
Un exemple récent illustre parfaitement ce retournement de situation : Stellantis, le groupe automobile récemment rebaptisé, a signé un accord avec CATL, le premier fabricant mondial de batteries, afin de créer une joint‑venture 50‑50 pour produire des batteries au fer‑phosphate à Saragosse, en Espagne.

À première vue, cet engagement semblait prometteur. Les batteries au fer‑phosphate sont présentées comme l’avenir du stockage d’énergie : elles offrent une densité énergétique légèrement inférieure à celle des cellules au cobalt et au manganèse, mais leurs coûts de production sont réduits et elles permettent de diminuer la dépendance aux matières premières stratégiques, notamment le cobalt.
Cependant, la mise en œuvre du projet révèle une réalité moins optimiste. L’usine de Saragosse sera effectivement construite, mais elle sera largement dominée par la main‑d’œuvre chinoise, avec l’arrivée de 2 200 ouvriers venus de Chine. En pratique, cela signifie que la maîtrise opérationnelle et technologique de l’installation restera entre les mains de la partie chinoise, sans véritable transfert de compétences vers les partenaires européens.
En somme, ce qui aurait dû être un partenariat équilibré se transforme en une prise de contrôle effective par la Chine, contredisant les attentes initiales de partage équitable des connaissances et des bénéfices.
Cet article vous a été utile ? Soutenez notre travail éditorial indépendant par une contribution libre. Choisissez librement le montant de votre soutien. Don unique, sans abonnement.


Vous devez être connecté pour poster un commentaire.