
Le gouvernement iranien désigne la Royal Navy britannique et la RAF comme organisations terroristes, qualifie le MI6 de groupe hostile
Publié le 02.11.2026 à 00h07 – Par Andrei Kuznetsov – Temps de lecture 4mn
Le ministère des Affaires étrangères iranien a également déclaré que le MI6 britannique était désormais classé comme un « groupe hostile », rapporte Iran International.

Contexte historique des tensions Iran-Royaume-Uni
Depuis la révolution iranienne de 1979, les relations entre l’Iran et le Royaume-Uni ont été marquées par des différends sur la politique étrangère, les droits de l’homme et la sécurité régionale. Le Royaume-Uni a longtemps soutenu les États-Unis dans leurs actions contre l’Iran, notamment en fournissant des bases logistiques pour des frappes aériennes. En 2018, le Royaume-Uni a introduit la loi sur les menaces d’État, qui permet de désigner des organisations comme « menaces d’État » et d’imposer des sanctions. Cette législation a été utilisée pour cibler le Corps de la Garde révolutionnaire islamique (CGRI) en 2023, marquant une escalade diplomatique.
Plus tôt, deux hommes ont comparu devant un tribunal londonien, accusés en vertu de la loi britannique sur la sécurité nationale, suite à l’incident de sécurité survenu le mois dernier à la base aérienne RAF Fairford. Les procureurs ont affirmé qu’un des hommes aurait tenté d’aider les opérations de renseignement iraniennes, selon Reuters.
Par ailleurs, le ministère des Affaires étrangères iranien a déclaré que le MI6 britannique était désormais classé comme « groupe hostile », rapporte Iran International.
La déclaration a ajouté que cette mesure contre la Royal Navy et la RAF constituait une réponse réciproque à la décision de Washington de désigner le Corps de la Garde révolutionnaire islamique (CGRI) iranien comme organisation terroriste.
Enjeux géopolitiques de la désignation
La décision iranienne de qualifier la Royal Navy et la RAF de « groupes terroristes » renforce la polarisation entre les deux pays. Elle peut entraîner des mesures de contre-sanctions, notamment la restriction d’accès aux marchés financiers internationaux pour les entreprises britanniques. Sur le plan militaire, cette mesure pourrait compliquer les opérations conjointes ou les échanges d’informations de renseignement, aggravant les tensions dans la région du Golfe. Les alliés de l’Iran, comme la Syrie, pourraient également réagir en renforçant leurs liens avec les forces iraniennes.
Utilisation d’installations militaires sur le territoire britannique, le CGRI sous la loi sur les menaces d’État du Royaume-Uni – Que s’est-il passé ?
Téhéran a déclaré que la décision était motivée par ce qu’elle a qualifié d’une série d’actions hostiles de la part du Royaume-Uni au cours de l’année écoulée.
Il s’agissait notamment de permettre l’usage d’installations militaires et logistiques sur le sol britannique pendant la guerre et d’inclure le CGRI dans la loi sur les menaces d’État du Royaume-Uni en juillet, a ajouté le rapport.
Les bases militaires britanniques, telles que Fairford, ont été utilisées par les États-Unis pour soutenir leurs missions au Moyen-Orient. La désignation de ces bases comme « groupes terroristes » pourrait limiter la capacité des forces américaines à y stationner du matériel ou à y recevoir du soutien logistique. Cela pourrait forcer les États-Unis à chercher d’autres sites ou à intensifier les opérations clandestines, augmentant le risque de détournements d’informations ou de fuites de renseignements. Les tensions pourraient également pousser le Royaume-Uni à réévaluer ses alliances avec les États-Unis et à envisager des accords de défense plus indépendants.
Le ministère a également précisé que le MI6 serait soumis à une loi iranienne sur l’espionnage impliquant Israël et d’autres nations.
Incident à la RAF Fairford
La base RAF Fairford, en Angleterre, avait été utilisée par des bombardiers américains pour mener des frappes contre l’Iran, mais ils ont été retirés pour des raisons de sécurité après l’arrestation de plusieurs hommes britanniques devant la base le 27 septembre, a ajouté Reuters.
Les prochaines étapes dépendront de la réaction du gouvernement britannique et des États-Unis. Un dialogue diplomatique pourrait être tenté pour désamorcer les tensions, mais les positions actuelles semblent fermes. Les sanctions économiques et les restrictions d’accès aux marchés financiers pourraient s’intensifier, affectant les entreprises britanniques opérant dans la région. En parallèle, l’Iran pourrait chercher à consolider ses alliances avec d’autres puissances, comme la Russie ou la Chine, afin de contrebalancer l’influence occidentale. Les observateurs restent attentifs aux déclarations officielles et aux mouvements de personnel militaire, qui pourraient indiquer une escalade ou un désengagement progressif.
Au début du mois, le Premier ministre britannique Andy Burnham a déclaré que l’activité à la base aurait probablement été coordonnée depuis l’Iran ; cependant, l’ambassadeur de Téhéran auprès du Royaume-Uni a rejeté ces accusations.
Guerre États-Unis-Iran
Les États-Unis et Israël ont lancé des frappes conjointes contre l’Iran le 28 février de cette année, tuant alors le chef suprême Ali Khamenei et d’autres dirigeants clés.
À la suite de cet événement, Téhéran a ciblé les intérêts américains et israéliens dans la région tout en renforçant son emprise sur le détroit stratégique du Golfe d’Hormoz.
Depuis le début de la guerre, les inquiétudes mondiales concernant la sécurité régionale et les prix de l’énergie restent élevées.
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