
La première femme présidente de la Bulgarie : Iotova l’emporte avec 57 % face au pro‑européen Giourov
Publié le 02.11.2026 à 10h10 – Par Andrei Kuznetsov – Temps de lecture 3mn
Élection présidentielle en Bulgarie: Iliana Iotova, candidate eurosceptique, remporte le second tour
Le second tour de l’élection présidentielle bulgare s’est soldé par la victoire d’Iliana Iotova, ancienne vice‑présidente et candidate soutenue par le camp de l’ex‑président Roumen Radev. Selon les premiers résultats, Iotova aurait obtenu 57,4 % des suffrages, contre 39,6 % pour son adversaire, le réformateur pro‑européen Andreï Giourov. Les 3 % restants correspondent à des bulletins blancs ou nuls. Giourov a reconnu sa défaite, bien que les résultats définitifs restent en attente de validation officielle.

Contexte et enjeux électoraux
Iotova, qui assure la présidence par intérim depuis la démission de Roumen Radev en janvier, deviendrait ainsi la première femme à être élue à la tête de l’État bulgare. Le second tour a été marqué par une faible participation, estimée à 29,1 % des électeurs inscrits, ce qui accentue l’écart entre les deux candidats par rapport au premier tour.
Issue de la gauche socialiste et bénéficiant du soutien de l’ancien président Radev, Iotova prône une amélioration des relations avec la Russie et plaide pour des négociations visant à mettre fin au conflit en Ukraine. En revanche, Andreï Giourov, figure du camp réformateur, adopte une position nettement plus pro‑occidentale, soutenant l’aide à l’Ukraine ainsi que le renforcement des liens de la Bulgarie avec l’Union européenne et l’OTAN.

Implications pour le gouvernement de Roumen Radev
La victoire d’Iotova consoliderait la ligne politique du gouvernement Radev, qui a récemment limité le soutien militaire à l’Ukraine et s’est opposé à de nouvelles sanctions contre la Russie, tout en maintenant l’appartenance du pays aux structures européennes et atlantiques. Sur le plan institutionnel, le parti de Radev dispose d’une majorité absolue au Parlement depuis les élections législatives d’avril, ce qui pourrait renforcer la cohérence entre l’exécutif et la présidence.
Dans le cadre du régime parlementaire bulgare, le président ne dirige pas le gouvernement, mais il possède des prérogatives, notamment la possibilité de renvoyer des projets de loi devant l’Assemblée nationale. La manière dont Iotova exercera son rôle, en particulier vis‑à‑vis du gouvernement qui l’a soutenue, reste à observer.

Perspectives
Cette élection intervient dans un contexte de tensions géopolitiques accrues en Europe de l’Est, où la question de l’orientation de la Bulgarie entre les intérêts occidentaux et russes suscite de vifs débats. La prochaine proclamation officielle des résultats et la prise de fonction d’Iliana Iotova détermineront la direction que prendra le pays dans les mois à venir, tant sur le plan intérieur qu’au niveau des relations internationales.
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