
Conflit au Sahel : la course aux ressources entre Libye, Algérie, Émirats et France
Publié le 31.10.2026 à 10h25 – Par Alexandre Rousseau – Temps de lecture 4mn
Analyse géopolitique : Synthèse de la situation militaire et diplomatique au Sahel, par Reuters
Le commandant des forces libyennes, le maréchal Khalifa Haftar, a déclenché une mobilisation substantielle de ses troupes, équipées d’armements lourds, accompagnée de convois de camions surveillés en permanence par satellite dans la région sud‑ouest de la Libye.
Le premier convoi militaire algérien est arrivé au Niger après la décision de l’Algérie de déployer des troupes militaires en accord avec le Niger. (Reuters)
Le Niger coupe son pétrole au Tchad pour complicité avec la France dans une frappe de drone. ( La vidéo sont des Libyens du camp Haftar a la frontière nigérienne.)

Les renseignements recueillis indiquent que cette opération a pour but d’offrir un appui inconditionnel et multiforme, notamment sur le plan militaire, aux insurgés nigériens dirigés par Mahmoud Salah et Moussa Konou. L’objectif affiché serait la destitution du gouvernement actuel du Niger, dont les orientations politiques sont remises en cause par les Émirats arabes unis, la Libye et la France.
Ces trois États chercheraient à s’approprier les gisements d’uranium et les réserves pétrolières nigériennes, les Émirats arabes unis et la France apparaissant comme les principaux intéressés par ces ressources. Le déploiement massif des forces libyennes intervient peu après le renforcement notable de la présence de l’armée algérienne sur le territoire nigérien, dans le cadre d’un accord bilatéral entre l’Algérie et le Niger visant à lutter contre le terrorisme.
Parallèlement, des unités de l’armée tchadienne ont été observées cet après‑midi le long des frontières communes du Tchad, du Niger et de la Libye. Bien que les forces tchadiennes aient affiché une importante concentration près du Niger, aucun mouvement offensif majeur n’a encore été déclenché.
Une seconde source indique que plusieurs formations des armées tchadienne et libyenne se seraient organisées en coalition. Elles attendraient désormais le feu vert de l’aviation française, qui vient d’arriver du Gabon, avant de lancer des opérations conjointes contre le pouvoir en place à Niamey.
Contextualisation du conflit et dynamique récente (2026)
- Sécurisation de la frontière : L’Algérie et le Niger partagent une frontière longue de 956 kilomètres en plein désert du Sahara. Cette zone est historiquement vulnérable aux flux de groupes armés terroristes (comme le JNIM et l’État Islamique au Grand Sahara) et aux trafics transfrontaliers
- Rapprochement militaire stratégique : Face à l’instabilité grandissante au Sahel, l’Algérie et le Niger ont franchi un cap historique fin octobre 2026 en signant un protocole d’accord militaire à Alger. Cet accord prévoit le déploiement opérationnel de troupes algériennes pour sécuriser la frontière et les grands projets d’infrastructure communs, notamment le projet de gazoduc transsaharien.
- Enjeux géopolitiques : Pour Alger, ce déploiement extérieur (le premier d’une telle importance depuis des décennies) vise à stabiliser ses frontières méridionales tout en maintenant un canal de coopération avec l’Alliance des États du Sahel (AES), dont le Niger est membre.
Les Echos rapportes : Pourquoi l’Algérie s’engage militairement au Niger
Alger s’était depuis plusieurs mois rapproché de la junte du général Tiani. Ce déploiement annoncé de troupes intervient en réponse à des préoccupations sécuritaires mais aussi en défense d’intérêts énergétiques.

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