
Vagues de cyberattaques ciblent PHP, des millions de tentatives enregistrées
Publié le 23.10.2026 à 15h15 – Par Alexandre Rousseau – Temps de lecture 4mn
Deux failles de sécurité découvertes dans PHP, un langage informatique très répandu sur internet, ont déclenché une vague mondiale de tentatives de piratage. Cloudflare en a recensé plusieurs millions en quelques heures. Des services bancaires, des sites publics et des plateformes de transport ont été temporairement fermés dans plusieurs pays.

Contexte historique de PHP
PHP, créé en 1995, est devenu l’un des langages les plus utilisés pour le développement web. Il est présent sur des millions de sites, des blogs aux plateformes de commerce électronique. Depuis sa création, PHP a connu plusieurs mises à jour majeures pour corriger des failles de sécurité, notamment celles liées à l’injection SQL et aux erreurs de gestion de session. Les failles récentes, découvertes il y a plusieurs années, illustrent la nécessité d’une vigilance continue dans la maintenance des logiciels open source.
Dès la divulgation, le 21 octobre, de deux vulnérabilités majeures affectant PHP, les tentatives d’exploitation se sont multipliées. Ce langage de programmation est utilisé par de nombreux sites internet, exposant potentiellement un grand nombre de serveurs. Les administrateurs ont dû déployer rapidement des mises à jour de sécurité pour empêcher l’exploitation de ces failles.
Cloudflare, dont les systèmes protègent de nombreux sites internet, a observé l’explosion du nombre de tentatives. Son directeur général, Matthew Prince, a raconté sur X, le 21 octobre, la vitesse à laquelle les attaques avaient progressé.
« Dans les dix heures précédant l’annonce publique, nous avons observé sur l’ensemble de notre réseau des milliers de tentatives d’exploitation. Ce chiffre est passé à des dizaines de milliers dans les 45 minutes suivant l’annonce, à des centaines de milliers en deux heures et se compte désormais en millions. »
Ces vulnérabilités existaient depuis plusieurs années dans PHP. Elles ont été repérées avec l’aide de l’intelligence artificielle et permettent, lorsqu’elles sont exploitées, d’accéder à certaines données ou d’exécuter du code sur un serveur. Les versions corrigées ont été publiées le 21 octobre.
Impact sur les infrastructures critiques
Les services bancaires, les administrations publiques et les réseaux de transport dépendent largement de systèmes web basés sur PHP. Lorsqu’une faille est exploitée, elle peut permettre l’accès non autorisé à des bases de données sensibles ou l’exécution de code malveillant. Les interruptions temporaires de ces services, comme celles observées au Japon et en Finlande, soulignent la fragilité des infrastructures critiques face à des attaques coordonnées. Les autorités ont alors dû mettre en place des plans de continuité pour minimiser les perturbations.
Des services bancaires, administratifs et de transport suspendus
Au Japon, Mitsubishi UFJ, la compagnie aérienne ANA et East Japan Railway ont suspendu une partie de leurs services en ligne. Même précaution dans plusieurs administrations. Pour les utilisateurs, les interruptions ont été immédiates, alors que les équipes techniques s’efforçaient de mettre les systèmes à jour.
Le groupe français Orange a suspendu l’accès à certains sites et applications utilisant PHP dans plusieurs de ses filiales, sans préciser tous les services concernés. À Paris, la mairie a également placé plusieurs sites municipaux en maintenance pour installer les correctifs. En Finlande, des services publics ont commencé à rouvrir après leur mise à jour. La Chine a demandé aux organisations de vérifier leurs installations et la Corée du Sud a relevé son niveau d’alerte pour le secteur privé.
Suite à la découverte des vulnérabilités, plusieurs gouvernements ont lancé des alertes de cybersécurité. Des équipes de réponse aux incidents ont été mobilisées pour vérifier les configurations des serveurs et appliquer les correctifs. Les organisations internationales, telles que l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information, ont fourni des guides de mise à jour. Cette coordination transfrontalière montre l’importance d’une coopération globale pour contrer les menaces numériques.
Les millions de tentatives signalées par Cloudflare ne représentent pas autant de piratages réussis. Mais les correctifs ne suffisent pas toujours à rouvrir un service immédiatement. Certains systèmes doivent encore être testés et les plus anciens nécessitent des modifications plus importantes. En Finlande, l’opérateur public Valtori prévient que le retour à la normale peut prendre plusieurs jours, voire plusieurs semaines.
Les correctifs publiés le 21 octobre ne garantissent pas une protection immédiate pour tous les systèmes. Certains serveurs hébergés sur des plateformes anciennes nécessitent des migrations ou des remplacements complets. Les entreprises devront évaluer la durée de leurs fenêtres de maintenance et la possibilité de réintégrer les services sans compromettre la sécurité. Les experts se demandent également combien de temps les attaquants resteront actifs et si de nouvelles vulnérabilités seront découvertes dans d’autres langages de programmation.
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