
La Russie convoque l’ambassadeur du Japon après la visite de Poutine aux Kouriles
Publié le 18.8.2026 à 18h42 – Par Clara Lefevre – Temps de lecture 5mn
Crise diplomatique: la russie convoque l’ambassadeur du japon après la visite de poutine aux îles kouriles
Moscou a haussé le ton ce mardi 18 août en convoquant l’ambassadeur du Japon, Akira Muto, au ministère des Affaires étrangères, après une visite controversée du président Vladimir Poutine dans l’archipel des Kouriles le 13 août. Arrivé vers 9h, le diplomate en est ressorti 25 minutes plus tard, sans faire la moindre déclaration à la presse. Une convocation qui intervient après les protestations de Tokyo, qui a également convoqué l’ambassadeur de Russie pour dénoncer ce qu’elle considère comme une « incursion inacceptable » sur ses « territoires du Nord ».
La russie défend sa souveraineté et menace de répondre
Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Galouzine, a adressé une « vive protestation » à l’ambassadeur japonais. Moscou a réaffirmé que la souveraineté sur les îles Kouriles du Sud est « inviolable » et que tout remise en cause est « absolument inacceptable et illégale », soulignant que ces territoires ont été cédés à la Russie après la Seconde Guerre mondiale et consacrés par la Charte des Nations unies. Dans la foulée, le ministère a prévenu qu’il se réservait le droit de prendre des « contre-mesures appropriées », en raison du soutien de Tokyo aux sanctions occidentales et à Kiev.
Tensions autour d’un contentieux non résolu depuis 1945
Ce contentieux empoisonne les relations nippo-russes depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Moscou administre l’archipel, que Tokyo revendique les îles d’Itouroup, Kounachir, Chikotan et les îles Habomai, ce qui a empêché la signature d’un traité de paix. La visite de Poutine, la première d’un président russe, a provoqué une levée de boucliers au Japon, où le Premier ministre Sanae Takaichi et son ministre des Affaires étrangères Toshimitsu Motegi ont dénoncé cette « visite inacceptable ». En réponse, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a estimé que Tokyo avait « franchi la ligne de la décence » en critiquant un déplacement du président russe sur son propre territoire.
Alors que les tensions diplomatiques s’exacerbent entre Moscou et Tokyo, et que la Russie menace de contre-mesures face au soutien japonais à l’Ukraine, ce nouveau bras de fer autour des Kouriles marque-t-il une rupture durable dans les relations bilatérales, ou n’est-ce qu’une escalade temporaire dans un conflit gelé que ni l’un ni l’autre ne semble vouloir résoudre


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