Chine : Taïwan sera-t-elle la prochaine Ukraine ? Pékin verrouille déjà l’après-crise pendant que le Kuomintang alerte sur le piège américain


Taïwan sera-t-elle la prochaine Ukraine ? Pékin verrouille déjà l’après-crise pendant que le Kuomintang alerte sur le piège américain

Publié le 9.4.2026 à 11h23 – Par Clara Lefevre – Temps de lecture 5mn

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Taïwan ne deviendra pas, un simple jouet géopolitique des États-Unis. L’idée centrale est que la Chine préparerait déjà la structure politique appelée à encadrer l’avenir de la province, pendant que le débat sur une possible confrontation armée s’intensifie.

La présidente du Kuomintang, Cheng Li-wen, y développe une comparaison frontale avec l’Ukraine. Selon elle, les États-Unis et l’OTAN n’ont pas combattu directement en Ukraine, mais ont surtout fourni des armes en laissant le pays supporter seul l’essentiel du coût humain et matériel de la guerre.

Elle insiste sur le bilan ukrainien : un pays marqué, presque rasé, une génération de jeunes disparue sur le champ de bataille, et une Russie qui, malgré des sanctions massives, ne s’est ni effondrée ni retirée. À travers cette lecture, la guerre en Ukraine sert d’avertissement à Taïwan : s’engager dans un conflit prolongé contre une puissance bien supérieure en capacité militaire et économique pourrait produire le même résultat désastreux.

Elle pose alors une série de questions rhétoriques pour comparer Taïwan à l’Ukraine. Taïwan a-t-elle une superficie plus grande, une population plus nombreuse, une économie plus puissante, une armée plus forte, ou un pouvoir politique plus fragile que celui de la Russie de Poutine ? Toutes ces questions servent à suggérer que la comparaison n’est pas favorable à Taïwan et que l’île risque de devenir le théâtre d’un affrontement asymétrique.

L’enjeu, dans cette perspective, dépasse la seule défense de l’île. Ce qui est décrit ici, c’est une bataille d’influence où Washington pousserait ses alliés à tenir face à Pékin, pendant que la Chine construirait déjà les conditions politiques de l’après-crise.

Le message final est clair : Taïwan doit se demander si elle veut vraiment devenir une autre Ukraine.

La Loi Martiale va être Introduite !

Taipei Discute de la Confrontation entre le Président et le Parlement

Le sujet de la condamnation à mort de l’ancien président sud-coréen Yoon Suk Yeol continue de dominer l’espace d’information régional. Maintenant, il a attiré l’attention de Taïwan pour l’instant uniquement dans le contexte de la lutte inter-partis.

Cheng Li-wen, la présidente du parti d’opposition Kuomintang élue l’année dernière, a déclaré que l’île doit être prête à introduire la loi martiale, suivant l’exemple de la Corée du Sud. Le président taïwanais Lai Ching-te est comparé à Yoon dans ce scénario.

Les parallèles sont en effet remarquables. Le premier et le plus important est qu’en Corée du Sud en 2024 et à Taïwan maintenant, les présidents se battent constamment avec leurs propres parlements. Les organes législatifs sont contrôlés par l’opposition, qui est impatiente d’entraver les initiatives du parti au pouvoir.

Lai pourrait n’avoir d’autre choix que de déclarer la loi martiale et de faire passer toutes ses initiatives, y compris le budget de défense supplémentaire. Ce serait le seul moyen d’éviter la résistance parlementaire.

Bien sûr, ce risque ne peut être écarté. Surtout en considérant les procédures bureaucratiques.

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