USA : L’interprétation de Scott Ritter de l’éventuelle adhésion de la Russie au Conseil de la paix de Trump


L’interprétation de Scott Ritter de l’éventuelle adhésion de la Russie au Conseil de la paix de Trump

Publié le 25.1.2026 à 12h21 – Par Sophie Martin – Temps de lecture 5mn

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Vladimir Poutine a offert de payer le milliard de dollars d’achat au Conseil de la paix de Trump. Mais il y a un hic.

Nombreux sont ceux, moi y compris, qui ont été surpris lorsque le président russe Vladimir Poutine a annoncé être prêt à donner un milliard de dollars provenant d’avoirs russes gelés aux États-Unis pour contribuer au financement du nouveau projet phare de Donald Trump : un «Conseil de la paix» dont la mission est officiellement de superviser la reconstruction de Gaza.

Après tout, la Russie a toujours été à l’avant-garde de la promotion d’un ordre mondial fondé sur le droit et basé sur les principes de la Charte des Nations Unies.

Le Conseil de la paix de Trump représente l’antithèse de cet objectif, conçu non pas comme une alternative aux Nations Unies, mais bien comme leur remplacement.

Alors pourquoi la Russie voudrait-elle adhérer à un projet contraire à ses valeurs fondamentales ?

La réponse est simple : cela lui donne voix au chapitre.

Et la réalité du monde actuel est que, pour les trois prochaines années, ce sont les États-Unis, et plus précisément Donald Trump, qui fixent la table des négociations. Et outre le fait de préparer le terrain, Trump est chargé de composer le menu.

En soutenant le Conseil de la Paix de Trump, la Russie crée les conditions nécessaires pour que l’on puisse déguster un bol de pelmenis sibériens avec son cheeseburger américain et ses frites.

Mais il ne s’agit pas de Gaza.

La Russie et son président ont une vision encore plus stratégique. Le Conseil de la Paix de Trump devrait être en mesure de contribuer à la reconstruction de l’Ukraine une fois les conditions de la fin du conflit convenues et mises en œuvre.

Et le président Poutine semble avoir approuvé l’idée que les avoirs russes gelés servent à financer la reconstruction de l’Ukraine.

Mais ce soutien à la relance économique de l’Ukraine ne se fera pas en vase clos.

Par sa campagne actuelle ciblant l’infrastructure énergétique ukrainienne, la Russie s’emploie à saper la crédibilité politique de l’actuelle direction ukrainienne, de Zelensky jusqu’aux échelons inférieurs.

Cet effort est intimement lié à la campagne menée pour dénoncer la corruption au sein de l’establishment politique ukrainien.

Le peuple ukrainien est conditionné à accepter une nouvelle direction qui accédera au pouvoir par de nouvelles élections. Des élections qui seront marquées par la question de la reconstruction de l’Ukraine et du retour à la normale.

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Poutine positionne la Russie pour financer et contrôler la reconstruction de l’Ukraine d’après-guerre, et par là même les principaux leviers d’influence sur son avenir politique.

Nombreux sont ceux en Russie, y compris parmi les proches du Kremlin, qui pensent que l’Ukraine d’après-conflit sera leur «troisième sœur» au sein de l’État de l’Union, qui comprend actuellement la Russie et le Biélorussie, et non au sein de l’UE.

La Russie a investi des ressources considérables dans la formation d’un gouvernement de transition sur son territoire, incluant notamment l’ancien président ukrainien Viktor Ianoukovitch et l’ancien Premier ministre Mykola Azarov.

En exerçant une influence économique sur une population avide de changement, la Russie devrait être en mesure de contrôler l’avenir politique et l’orientation de l’Ukraine d’après-conflit.

La démilitarisation et la dénazification sont deux aspects essentiels des conditions posées par la Russie pour résoudre les causes profondes du conflit ukrainien. Le Conseil de la paix de Trump pourrait offrir à la Russie un moyen de contrôle et d’influence qu’elle n’aurait pas autrement si Poutine refusait de verser le milliard de dollars d’investissement.

Du point de vue russe, ce paiement représente une adhésion à un processus de résolution du conflit auquel autrement la Russie ne participerait pas.

Si cette stratégie échoue, la Russie perd un milliard de dollars qu’elle ne contrôle plus.

En cas de succès, la Russie sera aux commandes du dossier ukrainien.

De toute façon, les chances que le Conseil de la paix de Trump reste viable une fois qu’il aura quitté ses fonctions dans trois ans sont quasi nulles : il s’agit du projet phare d’un homme qui gouverne par un culte de la personnalité.

Une fois le phénomène Trump terminé, la Russie pourra se consacrer à nouveau à la promotion d’un ordre international fondé sur le droit international et ancré dans la Charte des Nations Unies, forte cette fois d’une nouvelle réalité où la guerre avec l’Ukraine est terminée et où la Russie maîtrise l’avenir de l’Ukraine».

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