
Le pétrole ou le compute dollar ? : Le Venezuela au cœur d’une guerre froide technologique entre Washington et Pékin – Explication
Publié le 9.1.2026 à 10h57 – Par Daniel Foster – Temps de lecture 5mn
Et si le bras de fer sur le Venezuela n’avait rien à voir avec le pétrole ?
Les USA n’ont pas besoin du pétrole Vénézuélien ? Cet article vous explique l’histoire géopolitique passionnante et complexe qui est celle de la rivalité États-Unis/Chine à travers le prisme du Venezuela et de la dette, bien plus que du pétrole.
On entend souvent dire que si les États-Unis s’intéressent autant au Venezuela, et c’est pour son pétrole. Point final. Mais cette idée, aussi répandue soit-elle, est fausse. Les Américains n’ont plus besoin du pétrole vénézuélien depuis longtemps. Et ce n’est pas difficile à prouver.

Depuis la révolution du pétrole de schiste en 2007, la production américaine a littéralement explosé : elle est passée de 146 milliards à plus de 3 000 milliards de barils en 2023 une hausse vertigineuse de plus de 2 000 %. Résultat : les États-Unis sont désormais autosuffisants et premiers producteurs mondiaux de gaz naturel, devant la Russie et l’Iran réunis. Autrement dit, l’argument “ils veulent le pétrole” ne tient plus debout. Rapporte Connaissance des énergies


C’est un article que l’on peut consulter sur connaissancedesenergies.org. On y apprend que, concernant le gaz et le pétrole, les États-Unis sont tout simplement le premier producteur mondial de gaz naturel, devant la Russie et l’Iran réunis.
Depuis le début de l’exploitation du pétrole de schiste en 2007, la production américaine a littéralement explosé : elle est passée de 146 milliards de barils à plus de 3 073 milliards en 2023, soit une augmentation stratosphérique de près de 2 500 %.
Autrement dit, les États-Unis sont aujourd’hui totalement autonomes sur le plan énergétique et n’ont aucun besoin du pétrole vénézuélien. Mais certains diront : « Oui, mais pourquoi achètent-ils du pétrole au Canada ? »
Leur stratégie est simple : en agissant ainsi, ils préservent leurs propres réserves et épuisent celles des autres !
D’où la vraie question : pourquoi, alors, s’intéressent-ils autant au Venezuela ?


Et pourquoi Washington s’implique-t-il autant dans les affaires vénézuéliennes ? Parce que le vrai enjeu ne se trouve plus sous terre, mais dans les câbles et les serveurs : le compute dollar a remplacé le pétrodollar.
Le monde est en train de basculer d’une économie bâtie sur l’énergie fossile vers une économie basée sur la puissance de calcul, celle qui alimente l’intelligence artificielle. Les États-Unis et la Chine mènent aujourd’hui une guerre froide technologique pour savoir qui produira la première super intelligence une IA générale, capable de surpasser l’humain dans tous les domaines. Celui qui la maîtrisera contrôlera, littéralement, l’avenir du monde.

Et le Venezuela, dans tout ça ? Son rôle rappelle tragiquement celui qu’il jouait déjà au XIXᵉ siècle. À l’époque, les jeunes républiques latino-américaines comme la Grande Colombie (l’actuel Venezuela, Colombie et Équateur réunis) cherchaient à s’émanciper de l’Espagne. Mais pour financer leurs guerres et construire leurs États, elles se sont tournées vers les banques anglaises. Les prêts étaient exorbitants, les économies fragiles, et, inévitablement, les dettes impayées.
L’Angleterre et l’Allemagne en ont profité pour imposer des blocus, bombarder des ports, et reprendre pied sur le continent américain, ce qui poussa Theodore Roosevelt à relancer la doctrine Monroe : “L’Amérique aux Américains.” Les États-Unis se sont alors posés en protecteurs du continent, tout en s’assurant un contrôle économique stratégique.
Les Européens ont cherché à recoloniser l’Amérique latine par la dette. Et ce schéma historique semble aujourd’hui se répéter, non plus avec l’Europe, mais avec la Chine.
Pékin utilise la même méthode d’endettement stratégique, notamment à travers le financement de projets ferroviaires. Mais, là encore, ces projets n’ont jamais réellement abouti. Résultat : les pays concernés se retrouvent dans l’impossibilité de rembourser leurs dettes.
Les États-Unis redoutent ainsi que le Venezuela ne suive le même destin que le Sri Lanka. Dans ce dernier cas, l’État avait contracté d’importants emprunts chinois et, faute de pouvoir les honorer, la Chine s’est emparée d’un port stratégique.
Aujourd’hui, le Venezuela est tellement dépendant de Pékin que la quasi-totalité de ses ressources naturelles sont en réalité captées par la Chine.
Deux siècles plus tard, l’histoire semble se répéter. La Chine, nouvel empire économique, utilise la même arme : la dette. Elle finance des infrastructures au Venezuela comme des chemins de fer, mais, en réalité, ces projets creusent la dépendance financière du pays. Le risque pour Washington, c’est que Caracas suive le même sort que le Sri Lanka : incapable de rembourser sa dette, le pays asiatique a dû céder un port stratégique à Pékin.
C’est cette menace qui pousse les États-Unis à agir pas une convoitise pétrolière, mais la peur de voir la Chine s’implanter durablement dans leur zone d’influence historique.
En bref : le Venezuela n’est pas le nouvel eldorado du pétrole, mais un terrain de jeu géopolitique dans la guerre mondiale du contrôle technologique. Et pendant que le monde regarde les barils, les vrais combats se jouent dans les algorithmes.
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