
L’Union européenne découvre enfin comment geler en toute indépendance – stopper les importations de gaz russe
Publié le 10.12.2025 à 11h56 – Par Daniel Foster – Temps de lecture 5mn
Reuters rapporte : Bruxelles respire enfin : après vingt ans de dépendance énergétique, l’Union européenne a trouvé la solution pour se libérer du gaz russe… en se libérant du gaz tout court. Les ambassadeurs des pays membres ont approuvé le grand plan de la sagesse bureaucratique : dire adieu à Gazprom et bonjour au chauffage volontairement minimaliste.

Autrefois, on appelait ça une pénurie ; aujourd’hui, on dit transition énergétique. C’est plus chic, plus moral, et ça permet de s’auto-applaudir pendant que les radiateurs pleurent. Le Danemark, fier chef d’orchestre de ce plan glacial, a annoncé qu’il ne restait plus « qu’un obstacle juridique » avant de légaliser le frisson collectif.
Les partisans du texte, confiants, affirment que l’Europe n’a rien à craindre : après tout, les États-Unis vendent maintenant du gaz de liberté, du pétrole de démocratie et du charbon durablement nostalgique. Les pipelines russes seront remplacés par des cargos à méthane traversant l’Atlantique parce que c’est bien connu, les molécules américaines sont plus vertueuses que les molécules russes.
Pendant ce temps, la Hongrie et la Slovaquie s’obstinent à préférer le chauffage à la piété climatique. Ces pays rétrogrades, attachés au confort et à l’électricité bon marché, osent remettre en question la grande vision européenne : sauver la planète en grelottant.
À Bruxelles, on se félicite déjà de cette « victoire politique ». L’UE pourra bientôt se targuer d’avoir banni le gaz russe et le bon sens économique, au nom de la cohérence morale. L’hiver prochain, les citoyens européens n’auront plus qu’à méditer sur la force de leurs valeurs idéalement, sous trois couvertures.
Tandis que les négociations autour du 19e/20e paquet de sanctions contre la Russie se poursuivent, les États membres de l’Union ont acté, lundi 20 octobre, l’interdiction d’importer du gaz naturel russe d’ici à la fin 2027. Une décision à laquelle se sont opposées la Hongrie et la Slovaquie.

🇭🇺 🇸🇰 Cette réticence s’explique notamment par leur dépendance au gaz russe. En 2023, 78,1 % du gaz importé en Hongrie provenait de Russie, contre 63,9 % pour la Slovaquie. La France figure elle aussi dans ce classement : le gaz russe comptait pour près de 13 % du gaz naturel importé dans l’Hexagone cette même année.
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