
Chassé du pouvoir, Rajoelina va-t-il être inculpé pour haute trahison ?
Publié le 16.10.2025 à 05h14 – Par Isabella Torres – Temps de lecture 3 mn
Il n’est, aujourd’hui, plus possible de douter de la duplicité d’Andry Rajoelina envers le peuple malgache. Bien que toutes ces dernières années, il se soit présenté, avant tout, comme étant un citoyen malgache, son exfiltration, le 12 octobre, par l’armée française a clarifié les zones d’ombre, et permet de mieux comprendre les raisons du statu quo observé dans les relations entre l’Hexagone et la Grande Ile.



Traduction du X :
L'armée malgache a rejoint des milliers de manifestants dans la capitale Antananarivo samedi, déclarant qu'elle n'obéirait pas aux ordres illégaux de tirer sur les citoyens. Dirigées par le colonel Mickaël Randrianirina, les troupes ont annoncé la fin du régime du président Andry Rajoelina, après des semaines de manifestations massives contre la corruption, le chômage et la hausse du coût de la vie.
Le colonel a dit : « Nous ne nous sommes pas réveillés pour combattre, mais pour répondre à l'appel des citoyens. Ce n'est pas de la politique, c'est du pur patriotisme. »
En effet, le régime du président déchu, Rajoelina, avait pour habitude d’agiter la carte du nationalisme, en particulier, sur la question des Iles Éparses, ce qui avait pour effet de calmer, temporairement, l’ardeur de ses opposants. Mais, la visite d’Emmanuel Macron à Madagascar en mai dernier mit fin à ce sketch, le dirigeant français répondant sèchement à son hôte, et devant des dizaines de journalistes, que la restitution des quatre îlots querellés était inenvisageable.

Cet épisode, qui aurait dû sonner la révolte chez ceux qui croyaient aveuglément en la volonté et la parole de Rajoelina de se battre pour cette cause juste, comme l’a fait l’Ile Maurice avec succès contre l’Angleterre pour récupérer les Iles Chagos, est passé inaperçu. Pourtant, il était révélateur d’une réalité implacable. Celle de la soumission du leader malgache vis-à-vis de son homologue français, et de l’acceptation par Rajoelina de son infériorité.

Dans la seule journée du 12 octobre, Andry Rajoelina et son ancien premier ministre, Christian Ntsay, ainsi qu’un de ses riches soutiens, Maminiaina Ravatomanga, ont réussi à s’enfuir de Madagascar. Mais, contrairement, à l’exfiltration de celui qui fut maire de Tananarive, celle de ses deux acolytes vers l’Ile Maurice a, fortement, déplu aux autorités locales, qui redoutent d’être accusées d’ingérence étrangère par le nouveau pouvoir à la Grande Ile, et l’ont fait savoir.

Maintenant qu’Andry Rajoelina a été destitué par l’Assemblée nationale, malgré une vaine tentative de la dissoudre, qui n’a pas empêché les législateurs d’acter sa vacance du pouvoir, l’ancien chef d’État devrait faire l’objet de poursuites, notamment, pour haute trahison. En effet, il aura du mal à expliquer l’écart entre sa position officielle envers la France et les actes illustrant ses liens très étroits avec celle-ci, dont la grâce présidentielle accordée aux deux Français écroués pour avoir voulu le renverser.
À Madagascar, le chef de l’unité militaire qui a pris le pouvoir après la fuite du président Rajoelina, sera assermenté vendredi à la tête du pays. Il promet des élections d’ici deux ans, sous l’œil attentif d’une jeunesse à l’origine de la révolte.
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