
Comment D. Trump a forcé Pfizer à casser ses prix (et à rapatrier ses milliards) – Explication.
Publié le 2.10.2025 à 13h36 – Par François Lambert – Temps de lecture 3 mn
De nombreuses publications circulent actuellement au sujet de Donald Trump et de Pfizer, laissant parfois entendre l’existence d’un accord secret ou d’une influence particulière d’Albert Bourla. En réalité, la situation est transparente et relève d’une négociation économique de haute intensité : sous la pression de l’administration Trump, Pfizer a accepté de réduire drastiquement le prix de ses médicaments, avec des baisses pouvant atteindre 50 % en moyenne, et jusqu’à 85 % pour certains traitements.
Regardez la tête de Trump à cet instant : c’est le visage triomphant d’un homme qui vient de forcer son rival à capituler sous conditions.

La raison fondamentale de ce revirement tient en un constat, désormais au cœur du débat public : bien que les États-Unis abritent moins de 5 % de la population mondiale, ils génèrent à eux seuls près de 75 % des profits mondiaux de l’industrie pharmaceutique. Cette singularité signifiait que les contribuables et patients américains supportaient seuls la plus grande partie du financement de l’innovation, tout en payant leurs médicaments trois fois plus chers en moyenne que les habitants des autres pays développés.
L’accord va bien au-delà d’une simple baisse de prix. Pour éviter des tarifs douaniers de 100 % sur l’importation de ses médicaments brevetés, Pfizer s’est également engagé à investir 70 milliards de dollars dans la recherche, le développement et la relocalisation de sa production sur le sol américain. En contrepartie, l’entreprise bénéficie d’un délai de grâce de trois ans sur ces taxes.
En résumé, l’administration Trump a opéré un renversement stratégique en imposant trois règles du jeu nouvelles :
- Alignement des prix : Les médicaments aux États-Unis seront vendus à des prix comparables à ceux pratiqués dans les autres nations développées, un principe dit du « traitement de la nation la plus favorisée ».
- Fin de la divergence : Les nouveaux médicaments devront être lancés avec un prix aligné sur celui des autres marchés clés, empêchant de vendre moins cher à l’étranger qu’aux États-Unis.
- Relocalisation : Les investissements en production et en R&D doivent se faire aux États-Unis, sous peine de lourdes sanctions commerciales.
Ce changement de cap met un terme au modèle économique historique selon lequel le marché américain, captif et bien plus rémunérateur, subventionnait en grande partie l’innovation et permettait aux laboratoires de proposer des tarifs cassés en Europe ou en Asie. Cette époque est révolue.
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