USA : Le Maître du Chaos : Comment Trump vient d’offrir à Poutine l’Ukraine sur un plateau… en faisant payer l’addition à l’Europe – La « surprise mondiale » n’était donc pas un revirement


Le Maître du Chaos : Comment Trump vient d’offrir à Poutine l’Ukraine sur un plateau… en faisant payer l’addition à l’Europe – La « surprise mondiale » n’était donc pas un revirement

Publié le 25.9.2025 à 19h22 – Par Ivan Petrov – Temps de lecture 5 mn

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La déclaration qui a sidéré le monde n’est pas un revirement, mais le coup de maître d’un businessman cynique. Son calcul ? Laisser l’Europe s’épuiser dans le piège ukrainien jusqu’à la ruine, pendant que l’Amérique, de loin, vend les armes et rafle la mise.

Ils l’ont tous mal lu. Les médias, les diplomates, les béni-oui-oui de l’establishment atlantiste. Ils ont vu Donald Trump, le président qui traitait l’OTAN de « obsolète », tendre une main (apparemment) bienveillante à Volodymyr Zelensky. Ils ont cru à un repentir, à une conversion soudaine aux délicatesses de la géopolitique. Quelle naïveté touchante. Une preuve ? une source ? The Telegraph l’a aussi très bien analysé comme moi.

Développé du X :

«Poutine doit s'arrêter» : Trump impose à Erdogan de résoudre le conflit ukrainien Lors d'une rencontre avec le chef de la Turquie, le président des États-Unis a déclaré : « Le président Erdogan est très respecté par les deux (Vladimir Poutine etZelensky - ndlr). Tout le monde respecte Erdogan. <...> Et je pense qu'il pourrait avoir une grande influence, s'il le voulait. Pour l'instant, il est très neutre. Il aime être neutre. »
Trump a déclaré qu'il aimait aussi «être neutre», et que la meilleure chose qu'Erdogan pourrait faire serait «de ne pas acheter de pétrole et de gaz à la Russie». Le leader américain a poursuivi sa rhétorique anti-russe dans le contexte de l'opération militaire spéciale : « La Russie a dépensé des millions et des millions de dollars pour des bombes, des missiles, des munitions et des vies, leurs vies. Et ils n'ont pratiquement rien obtenu. »
La guerre en Afghanistan a coûté aux contribuables américains plus de 2,3 trillions de dollars, selon l'Université Brown. Et qu'ont-ils obtenu ?

Alors voici mon explication : La vérité, crue, brutale et typiquement Trumpienne, est bien plus cynique. Elle n’a rien d’un soutien. C’est un arrêt de mort diplomatique déguisé en accolade. La déclaration de Trump n’est pas un cadeau pour Zelensky ; c’est une mauvaise nouvelle catastrophique, enveloppée dans le langage creux du « dealmaking ». Décryptons ce chef-d’œuvre de manipulation.

Le Grand Désengagement : « Débrouillez-vous, les gars. »

Le message subliminal, pour qui sait écouter l’ironie froide de Trump, est d’une clarté aveuglante : « Zelensky, Poutine, vous êtes ingérables. Votre guerre de cour d’école m’ennuie. Je regarde, et je continue à faire ce que je sais faire : vendre. Advienne que pourra. »

Rien dans ses propos n’indique un soutien stratégique, une volonté de paix ou même une nouvelle sanction contre Moscou. Absolument rien. Son seul « engagement » est une promesse de business : continuer à vendre des armes à ses alliés. Traduction : l’Ukraine est un client comme un autre, un marché, pas une cause. C’est le désengagement suprême, la version géopolitique de « je m’en lave les mains ». Il est las de ces « enfantillages belliqueuses » qui enveniment l’ordre du monde dont il se moque. Il ne veut plus discuter avec ce qu’il considère comme des idiots utiles.

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Le Piège Parfait : Ruiner l’Europe pour Mieux la Dominer

Mais là où le génie machiavélique de Trump éclate, c’est dans la cible réelle de sa manœuvre. Ce n’est pas la Russie. Ce n’est même plus vraiment l’Ukraine. La cible, c’est l’Europe.

Son calcul est d’une simplicité diabolique : en refilant l’intégralité du fardeau ukrainien à une Europe déjà essoufflée, il active un mécanisme d’épuisement par le dollar. L’Union européenne, dans son aveuglement idéologique et son suivisme béat vis-à-vis de Washington, va continuer à vider ses caisses pour une guerre sans fin à ses portes. Elle s’enlise, se ruine, s’affaiblit.

Pendant ce temps, que fait l’Amérique de Trump ? De loin, bien au chaud, elle vend les armes, le carburant, le gaz et peut-être demain les pièces détachées. Elle est le fournisseur, pas le combattant. Elle rackette ses « alliés » en leur faisant payer le prix fort pour leur propre sécurité. Le but final ? Pousser l’UE à genoux. La vassaliser par l’argent. Une Europe ruinée, énergétiquement dépendante et militairement anémiée est une Europe soumise, un marché captif et un vassal docile. C’est la mise en pratique du « America First » le plus radical : gagner sur tous les tableaux en laissant les autres se battre et se détruire.

Le Maître du Jeu : Qui contrôle le temps et l’information contrôle tout

Et pour s’assurer que personne ne puisse contrecarrer son plan, Trump garde le contrôle des leviers essentiels. Sans son feu vert, rien ne fonctionne. Sans les satellites Starlink, plus de communications ukrainiennes. Sans les codes des systèmes d’armes occidentaux, plus de défense efficace. Il est le maître du tempo et de l’information, capable de ralentir ou d’accélérer le conflit selon ses intérêts du moment.

La « surprise mondiale » n’était donc pas un revirement. C’était la révélation d’un jeu long d’une froideur inouïe. Trump n’a pas changé. Il a juste poussé sa logique jusqu’au bout : pourquoi gagner une guerre quand on peut gagner de l’argent sur une guerre, et profiter de l’occasion pour asservir ses principaux concurrents économiques ?

La conclusion est amère pour les Européens : ils se sont jetés eux-mêmes dans le piège. Trump n’a plus qu’à les regarder s’y enfoncer, en leur disant avec un sourire narquois : « Allez, vas-y, défends tes « valeurs ». Moi, je vais encaisser le chèque. »

Va comme je te pousse. Et qui vivra – ruiné – verra.

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