France : France Télévisions : Le Mammouth se gave, la France trinque – Enquête sur un service public en roue libre


France Télévisions : Le Mammouth se gave, la France trinque – Enquête sur un service public en roue libre

Publié le 24.9.2025 à 12h49 – Par Daniel Foster – Temps de lecture 4 mn

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Il fallait oser. Alors que les Français peinent à boucler leurs fins de mois, un bruit sourd et joyeux s’échappe des étages dorés de France Télévisions. Ce n’est pas le son des presses à billets, seulement le doux cliquetis des privilèges qui s’auto-entretiennent. La révélation d’Éric Tegner sur Europe 1, celle d’un salaire moyen à 6 000 euros par mois dans l’audiovisuel public, a dû faire sourire plus d’une infirmière à 1 800 euros, d’un policier à 2 300 euros ou d’un professeur à 1 700 euros. Mais chut, il ne faudrait pas être réducteur. La moyenne, c’est tellement plus parlant quand on veut faire monter l’indignation.

Bien sûr, c’est une moyenne. Un chiffre magique, soigneusement estompé, qui permet d’occulter l’essentiel : près de la moitié des salariés touchent moins de 3 000 euros nets. Mais pourquoi se noyer dans les détails sordides de la médiane quand on peut brandir un chiffon rouge bien pratique ? L’important, c’est le récit. Et le récit, c’est que le service public aurait du mal à recruter des « talents » avec des cacahuètes. Imaginez donc : devoir se contenter de 4 000 euros à Paris, ou de la misère dorée à 6 000 euros aux Antilles grâce à une sur-rémunération de 50% qui fait rêver tous les fonctionnaires métropolitains. La détresse est palpable.

Au cœur de ce système vertueux, une reine, ou plutôt une présidente : Delphine Ernotte. Réélue triomphalement pour un troisième mandat avant même la publication gênante d’un rapport de la Cour des Comptes, cette dame empoche allègrement plus de 400 000 euros bruts par an. En quoi consiste son labeur ? À « lire la presse », « checker les messages » et participer à des « réunions sur les contenus ». Une stagiaire en BTS coiffure en ferait autant, diront les mauvaises langues. Mais non, soyons sérieux : elle gère un budget de 3 milliards et 9 000 employés. Preuve de son efficacité managériale : les comptes du groupe, selon la Cour, sont une « vraie réussite »… dans l’art du déficit.

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À quel moment a-t-on complètement inversé les valeurs au point de surpayer les journalistes du service public en sous-payant les gens utiles

Et comment s’assurer la loyauté de cette noble corporation journalistique, garante de notre si précieuse « information » ? Par la magie des niches fiscales, pardi ! Un abattement de 7 650 euros réservé à la profession, une petite douceur dont personne n’ose parler. Le dernier qui a tenté d’y toucher, un certain Nicolas Sarkozy, s’est retrouvé avec l’intégralité du microcosme médiatique sur le dos. Coïncidence ? Bien sûr que non. C’est simplement la preuve d’une indépendance farouche à l’égard du pouvoir. Surtout quand ce même pouvoir est le pourvoyeur de ces emplois juteux et garant de cette tranquillité dorée.

Pendant ce temps, le « pays réel », lui, se débat. Le pouvoir d’achat s’effrite, le chômage persiste, et l’activité économique tousse. Mais rassurons-nous : pendant que la France fonce vers l’iceberg, l’équipage du paquebot France Télévisions, première classe, continue de servir le caviar. Ils se battent avec ferveur pour leurs privilèges, dégomment allègrement les concurrents du privé jugés trop populaires, et nous expliquent, avec le sérieux qui les caractérise, que sans ces salaires mirobolants, point de salut pour le débat démocratique.

La conclusion s’impose d’elle-même : on a peut-être sous-payé les « gens utiles », mais au moins, on a surpayé ceux qui sont chargés de nous raconter que tout va bien. C’est ça, l’essence du service public : une bulle de confort hors-sol, où l’arrogance le dispute à l’incompétence, le tout grassement financé par l’argent de ceux qu’on méprise le plus : les contribuables. Le mammouth n’est pas dégraissé, il est juste devenu obèse et moqueur. Et le spectacle est consternant.

Source : cfdt-journaliste

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