USA : Des hackers s’infiltrent dans une plateforme de renseignement utilisée par la CIA


Des hackers s’infiltrent dans une plateforme de renseignement utilisée par la CIA

Publié le 25.7.2025 à 09h46 – Par Julien Morel – Temps de lecture 4 mn

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Des pirates informatiques ont piraté le Centre de recherche sur les acquisitions de la CIA, exposant des technologies et des données sensibles, notamment le programme Digital Hammer, a confirmé le NRO. Les enquêteurs fédéraux enquêtent sur cet incident, qui fait suite à un récent piratage chinois de l’agence nucléaire américaine. Source : Washington Times

Une intrusion cybernétique a récemment touché un portail stratégique employé par la CIA et d’autres agences gouvernementales pour gérer des contrats sensibles. Le National Reconnaissance Office (NRO), en charge de la surveillance satellitaire, a confirmé cette attaque ciblant un site non classifié.

Les pirates ont dérobé des données exclusives, incluant des informations personnelles et de la propriété intellectuelle liées à des programmes d’espionnage innovants. Le site compromis, le Centre de recherche sur les acquisitions, sert de plateforme pour soumettre des projets confidentiels.

Parallèlement, Microsoft a signalé une autre cyberattaque majeure attribuée à des hackers soutenus par la Chine. Ces derniers ont infiltré les systèmes de l’Administration nationale de la sécurité nucléaire (NNSA), une entité clé dans la gestion de l’arsenal atomique américain.

Un porte-parole du NRO a indiqué au Washington Times : « Nous confirmons qu’un incident affectant notre site non classifié fait l’objet d’une enquête fédérale. Nous ne commenterons pas davantage dans l’immédiat. »

Bien que l’étendue exacte de la violation reste incertaine, des sources proches du dossier suggèrent que les attaquants ont pu accéder à des technologies critiques utilisées par la CIA. Parmi les programmes potentiellement exposés figurent des initiatives spatiales militaires, dont le développement de satellites espions et le bouclier antimissile Golden Dome.

Le programme Digital Hammer dans le viseur

L’un des projets les plus sensibles touchés serait Digital Hammer, une initiative dédiée aux technologies avancées de renseignement humain (HUMINT), de surveillance et de contre-espionnage. Ce programme vise notamment à contrer les opérations d’influence chinoises.

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Si certaines composantes de Digital Hammer sont publiques, d’autres – gérées par le NRO – demeurent classifiées. Elles concerneraient des outils essentiels aux missions clandestines, comme des capteurs miniaturisés, des systèmes de surveillance discrets ou des algorithmes d’analyse comportementale alimentés par l’IA.

Lori Ann Duvall-Jones, responsable des acquisitions à la CIA, a décrit ce programme en 2023 comme un « cadre contractuel permettant aux entreprises de proposer des solutions innovantes pour des missions variées ».

Une faille exploitée par des acteurs étatiques ?

Des experts critiquent l’utilisation d’un portail non classifié pour des échanges sensibles, estimant qu’il constitue une vulnérabilité. La CIA défend pourtant ce système, présenté comme une « interface cruciale entre l’agence et ses partenaires industriels ».

L.J. Eads, ancien officier du renseignement militaire et fondateur de Data Abyss, souligne : « La Chine tirerait un avantage majeur à mettre la main sur ces technologies. La nature ciblée de l’attaque suggère fortement l’implication d’un État. »

Le NRO a notifié plusieurs entreprises affectées, précisant que seules des données non classifiées auraient été exposées. Les enquêteurs tentent toujours d’évaluer l’ampleur des dégâts.

Menaces spatiales et cybernétiques : la Chine en ligne de mire

Lors d’un récent discours, Christopher Scolese, directeur du NRO, a alerté sur les ambitions spatiales de Pékin et Moscou. « La Chine représente une menace multidimensionnelle, alliant puissance technologique et économique. Ils rattrapent rapidement notre avance en matière de surveillance satellitaire », a-t-il déclaré.

Concernant l’attaque contre la NNSA, Microsoft a identifié deux groupes chinois (Linen Typhoon et Violet Typhoon) exploitant une faille zero-day dans SharePoint. Un troisième acteur (Storm-2603) aurait profité de la brèche pour déployer un ransomware.

À ce stade, aucune fuite de données nucléaires classifiées n’a été confirmée. La NNSA, responsable de la maintenance des ogives américaines, renforce désormais ses cyberdéfenses.