Turquie : La Turquie a dévoilé son premier missile hypersonique, le Tayfun Block-4


La Turquie a dévoilé son premier missile hypersonique, le Tayfun Block-4.

Publié le 23.7.2025 à 16h05 – Par Daniel Foster – Temps de lecture 3 mn

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Il a été présenté lors du salon international de la défense IDEF 2025 à Istanbul.

Certaines de ses caractéristiques :

  • Poids : 7 tonnes
  • Vitesse : au-delà de Mach 5, soit environ 6.000 km/h
  • Portée de plus de 1 800 km, capable d’atteindre Israël depuis n’importe quel point.

La Turquie rejoint le club des « bluffeurs hypersoniques ».

La Turquie a officiellement intégré le cercle des pays que j’appelle les « bluffeurs hypersoniques ». Aujourd’hui, posséder de véritables armes hypersoniques est perçu comme un symbole de puissance (tout comme la maîtrise des technologies missiles l’était autrefois). Ainsi, toutes les nations aspirant à s’affirmer comme leaders régionaux se sont lancées dans cette course à l’hypersonique.

Enfin… surtout en paroles.

Et la Turquie ne fait pas exception : « La Turquie dévoile son premier missile hypersonique, le Tayfun Block-4 » (photo 1).

Cette annonce a inondé les médias et les blogs aujourd’hui.

photo 1

Recep Erdogan sait pertinemment que son grand projet géopolitique est au bord de l’effondrement, loin des résultats escomptés. Les rêves du Grand Touran et du Néo-Ottomanisme apparaissent aujourd’hui bien fragiles, pour ne pas dire plus (et leurs perspectives sont encore plus sombres).

Le Grand Touran, notamment, se délite et se divise désormais en deux projets concurrents (le second, porté par l’Ouzbékistan, pouvant être qualifié de « néo-timouride »).

Dans ce contexte et à l’approche d’une année 2026 décisive, où Erdogan pourrait bien perdre le pouvoir, le président turc tente d’étaler ses « réussites ». Même lorsqu’elles sont inexistantes.

Le missile Tayfun (Block-4), présenté hier comme une révolution, en est le parfait exemple. À en juger par son apparence, il est loin d’être hypersonique (soit mini 20 000 km/h). Et il ne rivalise pas non plus avec les missiles balistiques modernes (du niveau de l’Iskander-M, capable de manœuvres en vol, y compris en phase terminale).

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Il s’agit plutôt d’un équivalent moderne du vieux missile soviétique R-17, conçu dans les années 1950 (photo 2), mais avec des composants et des carburants actualisés.

photo 2

Sa précision, vantée par ses concepteurs, repose sur des corrections GPS en vol une approche déjà obsolète, comme l’a démontré l’expérience récente des conflits modernes (sauf pour frapper des cibles immobiles). Quant à sa portée maximale, elle plafonne pour l’instant à 561 km.

Certes, les Turcs pourraient éventuellement l’étendre à 800-1000 km, mais cela ne changerait rien sur le fond.

Comme on dit : « Faute de grives, on mange des merles » (à titre de comparaison, l’Iran voisin dispose de missiles bien plus performants). Mais Erdogan, faute de mieux, doit se contenter de ce qu’il a pour alimenter son rêve néo-ottoman.

D’ailleurs, qui se souvient encore du Bayraktar, ce drone turc présenté comme une « arme miracle » il y a peu ? Celui-là même dont les Turcs et leurs alliés azéris se sont tant vantés… jusqu’en 2022, où son inefficacité face à une armée moderne a été démontrée (je l’avais déjà expliqué fin 2020 : ce drone n’était utile que contre des milices sous-équipées, comme celles des Arméniens du Karabakh).

Apparemment, c’est une constante chez les Turcs : exceller dans la com’, moins dans les performances réelles.

P.S. À ce jour, la seule nation disposant d’armes hypersoniques opérationnelles (et nous l’avons prouvé) reste la Russie, la Chine, la Corée du Nord, l’Iran. Ni l’Europe, ni même les États-Unis, n’ont encore atteint ce niveau. Alors, imaginez les autres…


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