France : Rachida Dati dans la tourmente : 420 000 euros de bijoux de luxe non déclarés à la HATVP.


Rachida Dati dans la tourmente : 420 000 euros de bijoux de luxe non déclarés à la HATVP

Publié le 9.4.2025 à 22h36 – Par Clara Lefevre – Temps de lecture 3 mn


La ministre de la Culture, Rachida Dati, est une nouvelle fois sous le feu des critiques après les révélations du journal Libération ce 9 avril 2025. Selon une enquête approfondie, elle aurait omis de déclarer près de 420 000 euros de bijoux de luxe à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), une obligation légale pour les responsables publics.

Un « petit trésor » passé sous silence

Dans sa déclaration de patrimoine de juin 2024, Rachida Dati a indiqué détenir 5,6 millions d’euros d’actifs immobiliers et financiers. Pourtant, aucune mention n’a été faite d’une collection de bijoux, pourtant estimée à plus de 420 000 euros, comprenant des pièces de marques prestigieuses comme :

  • Une montre Chopard à 32 000 €
  • Un bracelet Cartier à 29 000 €
  • Une bague Buccellati à 11 600 €
  • Un collier de perles Akoya à 12 750 €
  • Une bague en platine et diamants à 68 500 €.

Selon Libération, ces bijoux, dont la valeur unitaire dépasse largement le seuil de déclaration obligatoire de 10 000 €, auraient été offerts entre 2017 et 2023 par Henri Proglio, ancien PDG d’EDF et de Veolia, avec qui la ministre partagerait une relation personnelle.

Une violation des règles de transparence ?

La HATVP, créée en 2013 après l’affaire Cahuzac, exige que tous les biens mobiliers (bijoux, œuvres d’art, etc.) d’une valeur supérieure à 10 000 € soient déclarés. Or, dans les déclarations de Rachida Dati datées du 7 mars et du 17 juin 2024, la rubrique dédiée aux « biens mobiliers » indique « néant ».

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Les avocats de la ministre ont réagi en affirmant que leur cliente était « parfaitement en règle » et que la divulgation de ces informations relèverait de « la vie privée ». Pourtant, plusieurs experts juridiques soulignent que cette omission pourrait constituer une « déclaration de patrimoine mensongère », passible de sanctions administratives, voire pénales.

Un contexte judiciaire déjà chargé

Cette affaire s’ajoute aux démêlés judiciaires de Rachida Dati. En novembre 2024, le Parquet national financier (PNF) a requis son renvoi en correctionnelle pour « corruption » et « trafic d’influence » dans l’affaire Carlos Ghosn. Elle est soupçonnée d’avoir perçu 900 000 € d’honoraires douteux entre 2010 et 2012, alors qu’elle était députée européenne.

Réactions politiques et médiatiques

La publication de ces révélations, à l’ouverture d’un nouveau Conseil de Paris, a suscité des critiques sur le timing, qualifié de « lourd trouble à l’ordre public » par les avocats de la ministre. Certains observateurs y voient une nouvelle illustration des lacunes dans la transparence de la vie publique, malgré les promesses de moralisation post-Cahuzac.

Conclusion

Si Rachida Dati maintient sa ligne de défense, cette affaire risque d’alimenter les débats sur l’exemplarité des responsables politiques. La HATVP pourrait ouvrir une enquête pour vérifier ces omissions, tandis que l’opposition réclame déjà des clarifications. Une chose est sûre : le « trésor » caché de la ministre ajoute une pierre de plus à un édifice judiciaire déjà bien encombré.

Sources complémentaires :

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