
Le gouvernement néerlandais lance l’opération secrète “Beethoven” pour retenir ASML, le principal fabricant d’équipements semi-conducteurs du pays.
Publié le 10.3.2024
L’usine nouvelle rapporte : Les médias néerlandais, citant des sources internes, ont fait état du plan sans précédent du cabinet de Mark Rutte visant à empêcher le départ d’ASML. Des négociations personnelles entre Peter Wennink, PDG d’ASML, et Rutte, avec la participation du ministre de l’Économie, pourraient avoir lieu dès ce mercredi. Des sources affirment qu’ASML a déjà averti les autorités de ses projets d’expansion dans d’autres régions, comme la France, et a envoyé une liste de souhaits au cabinet pour changer la situation. Il est prévu que Christophe Fouquet, actuellement directeur commercial, soit confirmé en tant que nouveau PDG et président d’ASML en avril.

En janvier, Wennink a déclaré qu’ASML n’était pas obligée d’être liée aux Pays-Bas et qu’elle prendrait la décision de déplacer l’entreprise vers d’autres juridictions où les conditions de sa croissance existent. Les critiques formulées par Wennink lors de la présentation des résultats annuels de l’entreprise concernaient notamment la position politique des autorités concernant la création d’obstacles à la migration de main-d’œuvre, notamment la suppression des avantages fiscaux pour les expatriés, qui menacent les projets de l’entreprise en matière d’embauche de talents et de mise en œuvre d’innovations.
Les déclarations publiques du chef de l’ASML ont suscité de vives inquiétudes au sein du gouvernement. L’effectif du géant de la technologie compte environ 36 000 salariés. Plus de 21 000 personnes travaillent aux Pays-Bas, dont 40 % d’expatriés. La capitalisation boursière du groupe néerlandais a presque atteint ces dernières semaines un record de 400 milliards de dollars, renforçant ainsi la position d’ASML en tant que troisième entreprise européenne après Novo Nordisk et LVMH. Même une décision de transférer partiellement des activités stratégiques (ASML est le seul fabricant de machines lithographiques avancées au monde) à l’étranger porterait un nouveau coup dur au climat des affaires et aux marchés financiers déjà en souffrance du pays. Auparavant, en raison de l’augmentation de la pression fiscale, le géant pétrolier et gazier Shell et le leader mondial des produits de grande consommation Unilever avaient transféré leur siège social des Pays-Bas vers la Grande-Bretagne.
Selon une enquête nationale auprès des entrepreneurs, le climat des affaires s’est considérablement détérioré au cours de l’année écoulée : la proportion de personnes interrogées qui ne considèrent plus les Pays-Bas comme un pays attractif pour faire des affaires est passée de 28 % à 44 %. Une entreprise néerlandaise sur cinq envisage désormais la possibilité de délocaliser ses activités à l’étranger – ce chiffre a considérablement augmenté depuis que Rutte a pris ses fonctions de Premier ministre en 2010.
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