​Mali : Le Conseil de sécurité de l’ONU renouvelle pour un an ses sanctions contre le Mali.


Le Conseil de sécurité de l’ONU renouvelle pour un an ses sanctions contre le Mali.

Publié le 31.8.2022


Le Conseil de sécurité de l’ONU a renouvelé mardi l’interdiction de voyager et le gel des avoirs s’appliquant aux individus et entités qui entravent la mise en place de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, jusqu’au 31 août 2023.

Tout en adoptant à l’unanimité la résolution 2649, les 15 membres du Conseil ont également prolongé jusqu’au 30 septembre 2023 le mandat du Groupe d’experts chargé de surveiller l’application des sanctions, ainsi que la demande d’encourager la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) à assister le groupe.

« La situation au Mali continue de menacer la paix et la sécurité internationales dans la région », a noté le Conseil de sécurité dans la résolution.

Le Conseil a par ailleurs demandé au Groupe d’experts de présenter un rapport à mi-parcours le 28 février 2023 au plus tard, un rapport final avant la date limite du 15 août 2023, et au besoin d’autres rapports périodiques dans l’intervalle.

En revanche, RFI rapporte : Le Mali lui attend toujours sa réunion d’urgence aux Nations unies.

Le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop a écrit une lettre au Conseil de sécurité de l’ONU (image d’illustration) AFP – BRENDAN SMIALOWSKI

Cela fait dix jours que le Mali demande une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU. Le 15 août dernier, le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop a écrit une lettre au Conseil de sécurité, accusant la force française Barkhane d’avoir violé de manière répétée l’espace aérien du Mali. Une cinquantaine d’incursions illégales depuis janvier dernier, selon Bamako, qui accuse surtout Paris de soutenir des groupes jihadistes.

Selon les autorités maliennes, l’armée française livre des armes et du renseignement aux groupes terroristes. En clair : aux branches locales d’al-Qaïda ou du groupe État islamique. Une accusation très grave. Le ministre malien des Affaires étrangères assure dans sa lettre disposer de preuves, mais sans les divulguer, et dénonce une « atteinte à la stabilité et à la sécurité » du pays. Dix jours plus tard, la réunion que le Mali sollicite de la part du Conseil de sécurité n’a toujours pas été convoquée. A-t-elle des chances de se tenir ?

À ce jour, aucun pays n’a porté la demande malienne devant le Conseil de sécurité. Or, le Mali n’étant pas lui-même membre du Conseil, c’est une condition sine qua non pour que sa requête soit prise en compte. Deux informations communiquées par le siège des Nations unies à New York.

La Russie, membre permanent du Conseil, au même titre que la France, est justement devenue le premier partenaire du Mali dans la lutte antiterroriste. Au début de la semaine, Moscou a bien sollicité une réunion d’urgence du Conseil de sécurité, mais au sujet de l’Ukraine. Le Mali compte-t-il sur la Russie pour relayer sa demande ? Des dispositions ont-elles été prises en ce sens ?

► À lire aussi : Pourquoi le Mali accuse la France de soutenir des jihadistes ?

Si la demande malienne finissait par être relayée, selon les explications concordantes d’un ancien diplomate en poste à l’ONU et d’un juriste spécialiste des organisations internationales, les griefs du Mali contre la France pourraient soit faire l’objet d’une réunion d’urgence, soit être inscrits à l’ordre du jour d’une prochaine séance du Conseil de sécurité, qui sont presque quotidiennes.

Un pays membre pourrait toujours exprimer son opposition au moment de l’adoption de cet ordre du jour, mais il y aurait alors un vote, pour lequel le droit de veto des membres permanents ne s’appliquerait pas. En clair, si la France tentait d’empêcher un débat sur le sujet – une stratégie qui ne va pas de soi tant elle aurait les allures d’un aveu –, elle n’aurait presque aucune chance d’y parvenir. « La France peut bloquer une résolution, mais pas une discussion », résume l’une de nos sources. Le Mali et la Russie savent donc ce qu’il leur reste à faire s’ils veulent révéler devant le Conseil de sécurité, et le monde entier, les preuves du prétendu soutien de la France aux groupes jihadistes.