France : Le corps diplomatique vient d’être dissous par Macron juste à pâques… Les Allemands sont nos chefs de guerre maintenant… McKinsey va-t-il se charger de notre diplomatie ?


Le corps diplomatique vient d’être dissous par Macron juste à pâques… Les Allemands sont nos chefs de guerre maintenant… McKinsey va-t-il se charger de notre diplomatie ?

Publié le 20.4.2022


Infos importantes avant : Le corps diplomatique vient d’être dissous par Macron juste à pâques… Les Allemands sont nos chefs de guerre maintenant… Vendu jusqu’à la corde Macron… Source ici

Incroyable ! Macron choisit le jour de Pâques pour supprimer le corps diplomatique ! Ni vu ni connu. Bien sûr, pas un mot à la télé. C’est d’ailleurs dans la logique du traité d’Aix-la-Chapelle. Désormais, l’Allemagne dictera la politique étrangère de la France ! #Frexit !

L’abnégation d’Emmanuel Macron à détruire méthodiquement tout ce qui a pu faire la grandeur de la France est assez admirable. S’il mettait autant d’énergie à se battre pour ce pays, ce serait assurément un très grand président.

La démagogie anti-corporatiste de Macron qui détruit le corps diplomatique multi-séculaire. Il continue de casser nos institutions après l’ENA, le décret sort en pleine candidature. Imaginez avec 5 ans devant lui ce que sera la France… Pas une voix pour cet apprenti-sorcier !

À lire aussi : France : Alstom, quand Emmanuel Macron a menti à l’Assemblée Nationale et avec le flux incessant d’informations, les scandales Alstom, McKinsey et Benalla, beaucoup oublient vite ce qui s’est passé récemment, voici un récapitulatif !

Gérard Araud: « Le Journal Officiel publie la suppression du Corps Diplomatique. La France sera donc le seul grand pays occidental sans diplomates professionnels. Une histoire de plusieurs siècles s’achève ainsi. La porte est désormais ouverte aux nominations à l’américaine. »


Explication par Killian Étienne SL (Juriste droit public) : Décret du 16 avril 2022, fin du corps diplomatique ?

Ce samedi a été publié au JOFR (Journal officiel de la République Française) un décret qui, en français dans le texte, porte : « application au ministère de l’Europe et des affaires étrangères de la réforme de la haute fonction publique et modifiant le décret n° 69-222 du 6 mars 1969 relatif au statut particulier des agents diplomatiques et consulaires ».

Pour le comprendre, il faut en revenir à un précédent décret, élaboré suite à la « suppression » de l’ENA, le « Décret n° 2021-1550 du 1er décembre 2021 portant statut particulier du corps des administrateurs de l’Etat. »

Pour rappel, E #Macron avait annoncé, le 6 avril 2021, que la prestigieuse école de formation de l’encadrement supérieur de l’État depuis 1945, l’École Nationale d’Administration, allait fermer ses portes. À lire ici le Parisien

Avant la 2nde GM, les grands corps de l’État étaient abondés par un recrutement, par concours, organisé par leurs ministères respectifs. Déjà en 1848, Hippolyte Carnot avait porté la création d’une École d’Administration, qui fut fermée quelques mois plus tard. Fier Hippolyte

Cette fondation prématurée est revenue à la mode régulièrement durant la IIIe République, avec notamment, juste avant la guerre, Jean Zay. Le « Jeune Turc » Jean Zay(oglu)

L’idée est reprise par le GPRF, qui, par l’ordonnance 45-2283 du 9 octobre 1945 crée l’ENA que nous avons connu. L’école est née des réflexions de la « mission provisoire pour la réforme de l’admin », dirigée par Maurice Thorez, revenu de son exil moscovite. Back from USSR

La création de l’école proprement dites est animée par Michel « connu comme le loup blanc » Debré, qui concrétise la matrice de la « République des ingénieurs » dont parlera Georges Pompidou. « Je reviendrai », 1945, Michel Debré

Le modèle des « Écoles du Service Public » a fait florès. Elles sont depuis 1995 regroupées dans une association, qui en compte… 38 ! À lire ici

Ainsi, de 1945 à 2021, l’ENA forme une pépinière pour les « grands corps de l’État », dont je donnerai la liste plus loin. Si tous les recrutements n’en sont pas issus, notamment pour les « moins prestigieux », comme les conseillers aux TA et CAA, bcp sont élèves de l’ENA.

Revenons à notre « suppression » de l’ENA annoncée par #Macron, lui-même ancien élève de l’école, délocalisée à Strasbourg en 1991. Tout part de l’ordonnance n° 2021-702 du 2 juin 2021 portant réforme de l’encadrement supérieur de la fonction publique de l’État. Cossue

L’ordonnance prévoit à son article 5 la création d’un « Institut National du Service Public » qui remplace l’ENA. On prend les mêmes et on recommence ? Non. Car la réforme ne s’arrête pas là. La réforme porte sur  » l’encadrement supérieur de la fonction publique de l’État ». Si les nominations aux fonctions dans les juridictions administratives et financières demeurent peu ou prou les mêmes, en facilitant les passages des juridictions inf aux cours suprêmes…

Elles sont en revanche amenées à être profondément modifiées pour les autres corps, ceux désignés habituellement comme « administrateurs » ou « inspecteurs ».

L’air de rien, le 1er décembre 2022, un nouveau décret pointe le bout de son nez. Le décret n° 2021-1550 du 1er décembre 2021 portant statut particulier du corps des administrateurs de l’État. Un nouveau corps donc.

Mais ce nouveau corps a une vocation agrégative : son objectif est rassemblé tous les agents issus des anciens « grands corps ». En effet, le décret sus-cité prévoit l’extinction, à partir de 2023, de tous les grands corps suivants : corps des sous-préfets, des préfets…

Des conseillers des affaires étrangères, des ministres plénipotentiaires, de l’inspection générale des finances, de l’inspection générale de l’administration au ministère de l’Intérieur, de l’inspection générale de l’agriculture, de l’inspection générale des affaires culturelles, des inspecteurs généraux et inspecteurs de l’administration du développement durable, du contrôle général, économique et financier, des administrateurs des finances publiques…

Des administrateurs du Conseil économique, social et environnemental, de l’inspection générale des affaires sociales et de l’inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche.

Les agents diplomatiques n’étaient pas encore concernés, c’est donc fait, avec le décret du 16 avril 2022, qui concerne les : agents appartenant aux corps des administrateurs de l’État, des ministres plénipotentiaires, des conseillers des affaires étrangères, des secrétaires des affaires étrangères, des attachés des systèmes d’information et de communication du ministère de l’Europe et des affaires étrangères.

Une distinction est essentielle à comprendre dans la fonction publique de l’État, c’est celle entre l’emploi et le corps/grade/échelon. Dans la FPE, il n’y a pas identité entre la fonction et le statut.

Vous pouvez être attaché du ministère de l’Intérieur et occuper un poste de rédacteur à Beauvau comme être adjoint du chef du service contentieux de la préfecture de Blois. Lorsque vous êtes nommés, vous entrez dans un corps avec un grade, un échelon et une affectation.

Par exemple, je peux être conseiller au Conseil d’État (grade 2), à l’échelon 6 ( qui détermine la rémunération en fonction de l’ancienneté), et être affecté à la présidence de la Cour administrative d’appel de Toulouse.

Ainsi, les fonctions de préfet, d’ambassadeur, de rédacteur dans quelque ministère que ce soit ne disparaissent pas. Pas plus que les fonctions d’inspection et d’audit.

Désormais, toutes ces fonctions seront occupées (hors cas des contractuels) par des agents appartenant au même corps, et donc au même ensemble de grades, rattaché au Ier ministre. Les ministères vont piocher dans ce corps pour abonder les postes disponibles.

C’est tout le système de la carrière qui est remis en jeu. S’il était déjà possible d’être détaché dans un autre ministère ( pour 5 ans max), l’agent restait membre de son corps, qui alimentait ainsi une culture et une expertise commune. Cette expérience est précieuse.

Désormais, le panel des fonctions est colossal. Le recrutement depuis l’Institut national, à l’échelon 1, demeure, sauf qu’en sortie d’ENA, vous êtes affectés au corps des administrateurs de l’État.

Les problèmes liés à l’homogénéité du recrutement, à l’endogamie sociale demeurent inchangés, puisque la domination de Sciences Po et dans la prépa Sorbonne pour le concours d’entrée ne devrait pas être bouleversé.

Par ailleurs, toujours rien du côté du pantouflage… Il est prévu que 50% des recrutements peuvent être effectuée depuis d’autres corps de catégorie A. Ces postes sont au choix du Ier Ministre, à partir d’une liste établie par le ministre chargé de la FP.

Le risque est donc grand d’assister à une politisation accrue de l’encadrement supérieur, qui ressemble de plus en plus au Spoil System à l’américaine, entre la présidence d’Andrew Jackson (1829) et le Pendleton Act (1880).

Ce n’est donc pas comme si nous n’avions aucun exemple de contre-indication. La fonction publique fédérale américaine traversait scandale sur scandale, comme en témoigne le renvoi en 1878 de Chester A.Arthur par le président Rutherford.

Le nombre de conseillers auprès des ministres ayant de plus été réduit depuis 2017, ceux-ci doivent s’appuyer sur un nombre croissant de fonctionnaires dont la légitimité au gouvernement, et non à l’État, est testée. À lire ici dans le Figaro

La capacité des administrations à opposer une force inertielle, comme quasi contre-pouvoir, à une majorité contingente, dépendante des échéances électorales, s’en trouve amoindrie.

Tandis que, rappelons-le, le recours aux contractuels va croissant. Sur pratiquement 5 millions d’agents publics, tout confondu, on compte déjà plus d’un million de contractuels.

Killian.Étienne.SL