« Ils sont morts pour rien » : tristesse et colère du père d’un soldat français, tué en Afghanistan il y a 13 ans.


« Ils sont morts pour rien » : tristesse et colère du père d’un soldat français, tué en Afghanistan il y a 13 ans

Publié le 19.8.2021 par Emmanuelle Bourdy


(MASSOUD HOSSAINI/AFP via Getty Images)
(MASSOUD HOSSAINI/AFP via Getty Images)

Ce sentiment que ces soldats sont « morts pour rien », c’est celui de nombreux proches des militaires, tués lors des combats qui ont débuté en Afghanistan en 2001.

Le 7 octobre 2001 marque le début de la guerre la plus longue qu’auront connue les États-Unis. De nombreux soldats français y ont également participé, et 89 d’entre eux n’en sont jamais revenus. Le 18 août 2008, le Sergent Damien Buil, âgé de 31 ans, ainsi que neuf autres soldats français, mouraient dans une embuscade à Uzbin, en Afghanistan. Jean François Buil, un habitant de Saint-Augulin (Charente-Maritime), a confié sa tristesse et sa colère au micro de France Bleu La Rochelle« Ça fera 13 ans que mon fils est parti. Je suis écœuré,  je suis lapidé », a confié ce père éploré.

« J’ai toujours dit que nos soldats, les 89 soldats français, étaient morts pour rien », affirme Jean-François Buil. Depuis ce dimanche 15 août, les Occidentaux ainsi que les Américains, se sont depuis retirés d’Afghanistan et les talibans ont repris le pouvoir, réanimant la colère du père de ce soldat du 8e RPIMA (Régiment de Parachutistes d’Infanterie de Marine) de Castres. « Je confirme, ils sont bien morts pour rien ainsi que les 3 ou 4 000 Américains, et puis tous les soldats de l’OTAN qui sont morts », martèle-t-il encore. Le 18 août marque la date anniversaire du décès de son fils, ce qui « amplifie la chose » pour Jean-François Buil.

« Une mission zéro, catastrophique »

Le père du soldat regrette amèrement l’intervention française en Afghanistan. « Les Américains viennent, fracassent tout et nous, avec l’OTAN, on suit à cause du 11 septembre 2001 », se souvient-il. Au final, c’est « une mission zéro, catastrophique », se désole-t-il, pointant le fait que les talibans « vivent avec 800 ans de retard et ils resteront toujours avec 800 ans de retard, c’est un pays de tribus », ainsi que le relate France Bleu.

Cette embuscade extrêmement meurtrière qui a emporté Damien Buil avait fait enfler de nombreuses contestations en France, à savoir un manque de préparation et d’entraînement des soldats, mais aussi des soutiens aériens et d’artillerie insuffisants. Certaines familles de victimes avaient alors porté plainte, dont la famille Buil. Mais leur plainte, portée contre X, avait été classée sans suite. En 2009, une seconde plainte avait été déposée contre l’État pour déterminer « d’éventuels manquements dans la chaîne de commandement ». Six autres familles avaient suivi, mais ces plaintes avaient également été classées sans suite par le Tribunal aux armées de Paris, en février 2010.

Ainsi que le rapporte Valeurs actuelles, ce lundi 16 août, Emmanuel Macron a déclaré à l’occasion de son allocution télévisée : « Nous n’oublierons pas nos soldats. Nous n’oublierons pas nos morts. » Rendant hommage aux 90 soldats français morts en Afghanistan, il a ajouté : « Notre combat était juste, et c’est l’honneur de la France à s’y être engagée. »

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