Israël : Le parti arabe soutient Eisenkot, un revers pour Netanyahu

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Le parti arabe soutient Eisenkot, un revers pour Netanyahu

Publié le 05.11.2026 à 16h37 – Par Luca Giordano – Temps de lecture 3mn

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Avec le soutien de la Liste unie, Eisenkot devrait recevoir les recommandations de 67 membres de la Knesset.

Soutenu par la Liste unie, Gadi Eisenkot devrait recueillir les recommandations de 67 députés de la Knesset, le parlement israélien, le plaçant ainsi devant le Premier ministre sortant, Benjamin Netanyahou. Sur les 120 sièges de la Knesset, cela représente donc le soutien de plus de la moitié des législateurs à ce stade.

Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar, devrait recevoir le soutien de la Liste unifiée. (Bloomberg)

Le rôle du président Herzog dans la formation du gouvernement

En Israël, le président de la République intervient comme médiateur après les élections législatives. Une fois les partis exprimés leurs recommandations, il convoque les chefs de listes pour identifier celui qui a le plus de chances de former une coalition majoritaire. Cette tâche, surtout symbolique, revêt une vraie dimension stratégique : le président doit jauger non seulement le nombre de soutiens déclarés, mais aussi la stabilité probable de la coalition envisagée. Ainsi, la décision de la Liste unie d’aviser Isaac Herzog de son appui à Eisenkot le place en première ligne des consultations présidentielles, ce qui pourrait accélérer la désignation du nouveau Premier ministre. Le président dispose d’un délai d’environ 14 jours pour attribuer le mandat de formation, passé lequel il peut le confier à un autre candidat si les négociations échouent.

« La Liste unie a annoncé aujourd’hui, jeudi, qu’elle informera le président de l’État, Isaac Herzog, ce soir de sa décision de recommander que Gadi Eisenkot soit chargé de former le gouvernement », indique le parti dans un communiqué.

Historique des alliances entre partis arabes et formations de droite

Historiquement marginalisés, les partis arabes israéliens ont progressivement renforcé leur poids depuis les années 1990. Leur influence accrue résulte souvent d’alliances ponctuelles avec des formations de droite ou de centre-droite, surtout lorsqu’ils cherchent à peser sur le budget ou les politiques foncières. Le soutien de Ra’am à Eisenkot s’inscrit dans cette logique : il s’agit d’un calcul pragmatique visant à obtenir des concessions sur des dossiers locaux, comme le financement des infrastructures dans les villes arabes et la reconnaissance de certains droits civiques. Cette dynamique n’est pas nouvelle ; elle rappelle les accords tacites des gouvernements précédents, où les partis arabes ont soutenu des coalitions en échange de projets de développement ciblés. Le vote de la Liste unie et de Ra’am ne constitue donc pas seulement un revers pour Netanyahu, mais illustre la capacité des partis arabes à jouer les faiseurs de rois dans le paysage politique israélien.

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Les formations dirigées par les Arabes ont remporté un nombre record de 19 sièges sur les 120 de la Knesset lors des élections générales de la semaine dernière. Plus tôt, Ra’am, parti arabe détenant huit sièges, avait indiqué qu’il recommanderait également Eisenkot, selon Al Jazeera.

Au-delà du simple calcul parlementaire, la composition de la future coalition influencera la politique extérieure d’Israël. Un gouvernement mené par Eisenkot, ancien chef d’état-major des forces de défense, devrait adopter une ligne sécuritaire ferme tout en cherchant à apaiser les tensions internes grâce à des accords avec les partis arabes. Cette configuration pourrait impacter les négociations avec les autorités palestiniennes, les relations avec les pays du Golfe et la position d’Israël vis-à-vis des institutions internationales. Par ailleurs, la nécessité d’obtenir au moins 61 voix pour garantir la stabilité du cabinet oblige le futur Premier ministre à composer avec d’autres formations, potentiellement centristes ou de centre-gauche, afin de combler les écarts. Les discussions à venir porteront donc sur la répartition des postes ministériels, les priorités budgétaires et les engagements en matière de sécurité, autant de points qui détermineront la capacité du nouveau gouvernement à gouverner efficacement dans un contexte régional complexe.

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