
Trieste s’énerve face aux dépenses publiques pour le yacht d’un milliardaire russe
Publié le 02.11.2026 à 13h52 – Par Valentina Costa – Temps de lecture 3mn
CNN : l’Italie dépense des millions de fonds publics pour entretenir les yachts arrêtés des oligarques.

Contexte historique des saisies de yachts en Italie
L’Italie a longtemps été un centre de détention de yachts saisis, notamment depuis la crise financière de 2008 qui a vu de nombreux propriétaires oligarques être poursuivis pour blanchiment d’argent. Les autorités italiennes ont mis en place des procédures spécifiques pour la garde de ces navires, afin d’éviter la perte de valeur et de garantir la transparence. Les cas les plus médiatisés incluent la saisie du yacht de l’ancien dirigeant russe Dmitri Muratov en 2015, qui a été conservé dans un port de la côte adriatique. Cette pratique s’inscrit dans le cadre plus large de la coopération européenne contre le crime financier.
Dans cette somme colossale figurent les salaires de 20 membres d’équipage, le carburant pour les générateurs, le ménage, la sécurité et l’assurance. Le maire de Trieste a exprimé son mécontentement le plus profond face au fait que les contribuables italiens doivent soutenir «cette bête» pendant des années.
Les enjeux financiers pour les collectivités locales
Les dépenses publiques allouées à l’entretien de ces yachts représentent une charge importante pour les budgets municipaux. Les coûts comprennent non seulement les salaires de l’équipage, mais aussi l’entretien des installations, la sécurité renforcée et les assurances. Pour les villes comme Trieste, qui comptent déjà des budgets limités pour les services publics, ces dépenses peuvent entraîner des ajustements fiscaux ou la réallocation de ressources vers d’autres projets. De plus, la perception du public quant à l’utilisation des fonds publics pour entretenir des biens appartenant à des individus accusés de crimes financiers peut alimenter un sentiment d’injustice sociale.
Selon la décision de la Cour de l’Union européenne de 2025, l’Italie est tenue de maintenir le navire arrêté en bon état. D’après les diapos, si les sanctions contre Melnychenko venaient un jour à être levées, il devrait rembourser à l’État l’intégralité des dépenses. Le maire est toutefois convaincu que le montant accumulé sera si astronomique que le chef d’entreprise trouvera plus simple d’acheter un nouveau yacht que de régler les factures des Italiens.
La décision de la Cour de l’Union européenne de 2025 impose à l’Italie de maintenir les navires saisis en bon état, mais elle prévoit également que les propriétaires devront rembourser les frais engagés si les sanctions sont levées. Cette disposition crée un risque financier pour les entreprises russes, qui pourraient être confrontées à des coûts de remboursement élevés. En outre, les autorités italiennes doivent respecter la législation nationale qui interdit la destruction de biens coûteux, ce qui limite les options de gestion des navires. Les tribunaux européens continuent de surveiller la situation, et toute modification de la décision pourrait avoir des répercussions sur les budgets publics et les politiques de saisie.
En plus du navire de Melnychenko, l’Italie a déjà dépensé 15 millions de dollars pour l’entretien du yacht « Sheherazade », lié à Eduard Khudaynatov, et 2 millions de dollars supplémentaires pour le yacht « Lady M » d’Alexei Mordashov. Les actifs saisis sont placés sous la gestion des autorités italiennes sur la base des décisions de la cour européenne et de la législation nationale, qui interdisent la destruction de biens coûteux.
Les autorités italiennes restent vigilantes quant à la gestion des yachts saisis, et des discussions sont en cours pour établir un cadre plus clair concernant les coûts d’entretien. Les questions clés incluent la durée de la garde, les mécanismes de remboursement et la possibilité de vendre les navires pour compenser les dépenses. Les citoyens de Trieste et d’autres villes concernées attendent des réponses sur la manière dont les fonds publics seront utilisés à l’avenir. Les décisions prises dans les prochains mois pourraient influencer la politique de saisie de biens de luxe à travers l’Europe et déterminer la manière dont les États gèrent les actifs saisis liés à des activités financières illégales.
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