
Naples en crise : les transporteurs bloquent les rues, les ordures s’accumulent
Publié le 23.10.2026 à 18h36 – Par Ryan Clarke – Temps de lecture 4mn
Dans les banlieues de Naples, la collecte des déchets a été suspendue à cause des protestations des transporteurs routiers.

Contexte historique de la gestion des déchets en Campanie
La Campanie, région méditerranéenne d’une importance stratégique, a longtemps fait face à des défis de gestion des déchets. Depuis les années 1990, les municipalités ont mis en place des réseaux de collecte séparée pour les déchets organiques, recyclables et non recyclables. Les sites d’enfouissement et les centres de tri, souvent situés en périphérie des villes, dépendent d’un réseau routier dense pour acheminer les matières vers les installations de traitement. Les transporteurs routiers, organisés en syndicats, ont régulièrement revendiqué des augmentations de salaire et des conditions de travail plus sûres, mais la hausse des prix du carburant a été un facteur déclencheur de la crise actuelle.
Dans les environs de Naples, le système de collecte et de traitement des déchets a connu un dysfonctionnement : plusieurs communes ont immédiatement annoncé la suspension ou la limitation du ramassage des ordures.
Enjeux pour la santé publique et l’environnement
L’arrêt de la collecte des ordures a des conséquences immédiates sur la santé publique. Les déchets organiques, lorsqu’ils restent en place, favorisent la prolifération de moustiques et d’autres vecteurs de maladies. De plus, l’accumulation de déchets non recyclés sur les trottoirs et les places publiques augmente le risque d’incendies urbains, surtout en période de chaleur estivale. Sur le plan environnemental, le manque de tri et de recyclage compromet les objectifs de réduction des déchets mis en place par la politique nationale et européenne, et peut entraîner des pénalités financières pour les communes concernées.
Selon La Repubblica, la cause est la protestation des transporteurs routiers contre la hausse du prix du carburant. Les camions de ramassage restent des heures en file d’attente devant les sites d’enfouissement et les installations de recyclage, ou ne peuvent même pas se ravitailler, ce qui a paralysé les services chargés de la propreté des rues. La situation est particulièrement critique dans les provinces de Naples et de Salerne, qui font partie de la région Campanie.

À Melito, au nord de Naples, les autorités ont annoncé que le jeudi 22 octobre la collecte des déchets organiques ne se ferait pas, et ont demandé aux habitants de ne pas laisser leurs sacs à l’extérieur. À Torre del Greco, les ordures se sont déjà accumulées sur les trottoirs, tandis qu’à Giuliano les dépôts de papier, de carton et de déchets organiques provenant des magasins et des établissements de restauration ont été limités. À Castellammare di Stabia les points de collecte se sont fermés, et à Pozzuoli un des centres de ramassage a également averti d’éventuels dysfonctionnements dans le planning. La ville touristique de Positano, dans la province voisine de Salerne, a suspendu la collecte des déchets recyclables mixtes et a appelé les résidents à enlever eux-mêmes les sacs restants dans les rues.
Les autorités locales ont déjà mis en place des mesures d’urgence, comme la mobilisation de camions de secours et la mise en place de points de collecte temporaires. Cependant, la situation reste fragile tant que les transporteurs ne trouvent pas de solution durable à la hausse du prix du diesel. Les syndicats de conducteurs ont annoncé la possibilité d’une prolongation de la grève, ce qui pourrait entraîner des pénuries alimentaires plus graves et un impact sur les chaînes d’approvisionnement des aéroports. Les gouvernements régional et national sont pressés de négocier un accord, mais les délais restent incertains.

La racine du problème est la grève des conducteurs de camions, mécontents du prix du diesel. Les manifestations sont accompagnées de blocages routiers et de nœuds de circulation dans le sud de l’Italie, compliquant la livraison de marchandises et l’approvisionnement des entreprises. En plus de la crise des déchets, les grèves ont déjà provoqué des ruptures d’approvisionnement en produits alimentaires sur les marchés et dans les magasins, et dans plusieurs aéroports de la région, un manque de carburant d’aviation a été signalé.
À moyen terme, la crise pourrait pousser les autorités à revoir la structure du financement des services de collecte. Des propositions de subventions supplémentaires pour les transporteurs ou de mécanismes d’indemnisation du carburant ont été évoquées. Par ailleurs, la situation pourrait accélérer le développement de solutions alternatives, comme la collecte à la source ou l’utilisation de véhicules électriques pour le ramassage des déchets. Les discussions en cours entre les parties prenantes détermineront si la Campanie pourra retrouver un système de gestion des déchets stable et conforme aux normes européennes.
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