Suisse : Deux géants bancaires quittent Zurich : quelles conséquences pour la place financière ?


Deux géants bancaires quittent Zurich : quelles conséquences pour la place financière ?

Publié le 25.9.2026 à 18h38 – Par Andrei Kuznetsov – Temps de lecture 5mn

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Les banques quittent Zurich: quels enjeux pour la place financière?

En l’espace de quelques semaines, les groupes Cembra et Vontobel ont annoncé le transfert de leurs sièges respectifs vers d’autres cantons, tout en restant à proximité du centre urbain de Zurich, le long du Limmat.

Le cœur financier de Zurich perd ainsi deux acteurs majeurs. Après la décision de Vontobel, qui prévoit de déplacer son siège social dans le canton de Zoug, Cembra a confirmé jeudi son intention de s’établir en Argovie. Si la motivation officielle repose sur des considérations d’infrastructures et de proximité, la question fiscale ne passe pas inaperçue et alarme une partie de l’opinion zurichoise.

Ces deux départs, rapprochés dans le temps, attirent l’attention. Cembra, qui emploie 660 salariés, prévoit de quitter Zurich à l’automne 2025 pour s’installer à Bad, en Argovie, à seulement quinze minutes de train du centre. L’entreprise invoque la modernité des locaux et la possibilité d’expansion dans un site toujours central. Aucun discours officiel n’évoque d’économies d’impôt, mais le calcul est simple: la charge fiscale sur les sociétés à Bad s’élève à 15 % contre près de 20 % à Zurich, ce qui représente une réduction d’environ dix millions de francs suisses pour le budget 2025 de Cembra.

Comparatif des deux départs

ÉtablissementNouvelle destinationÉchéanceEffectifs déplacésMotivation principale
VontobelBaar (Canton de Zoug)2030~1 500 collaborateurs (regroupement de 7 sites)Création d’un campus moderne, optimisation des espaces et fiscalité zougoise avantageuse.
Cembra Money BankBaden (Canton d’Argovie)Automne 2027~660 collaborateursLocaux éco-énergétiques et plus adaptés aux nouveaux modes de travail flexibles.

Le cas de Vontobel est encore plus explicite. D’ici 2030, la banque privée prévoit de transférer son siège et les 1 500 postes de travail associés à Baar, dans le canton de Zoug, où le taux d’imposition des entreprises devrait descendre à 12 %.

Y a‑t‑il lieu de s’inquiéter? « Pas du point de vue du centre financier », a affirmé Christian Bretscher, directeur de l’Association des banquiers de Zurich, lors d’une interview pour RSI Radio News. Selon lui, les deux établissements souhaitent simplement investir dans le marché zurichois, qui, depuis longtemps, ne se limite plus aux frontières administratives de la ville ou du canton.

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Toutefois, les partis de droite à Zurich perçoivent ces départs comme un signal d’alarme. Le Parti populaire et le FDP ont réclamé une réaction politique, exigeant des conditions plus favorables pour les entreprises locales. Bretscher reconnaît que « la charge fiscale, plus élevée que dans les cantons voisins, ainsi que la rareté et le coût des espaces de bureaux, constituent des facteurs de préoccupation pour Zurich ». L’Association des banquiers estime que ces éléments justifient une vigilance accrue quant à la compétitivité de la place financière zurichoise.

Les conséquences majeures pour la place financière

  • Un soulagement pour le marché immobilier professionnel zurichois : La libération de nombreux bâtiments et de milliers de mètres carrés en plein cœur de Zurich va desserrer un marché de l’immobilier commercial extrêmement saturé et cher.
  • Le maintien des fonctions clés : Zurich ne perd pas entièrement son ancrage auprès de ces géants. Par exemple, Vontobel va maintenir et rénover ses bureaux prestigieux du Bleicherweg pour y garder plus de 300 collaborateurs dédiés exclusivement à la clientèle. L’activité de conseil et le cœur de la gestion de fortune restent donc zurichois.
  • Une redéfinition de la « Grande Région » financière : Ces déménagements illustrent une décentralisation vers les cantons voisins (Zoug, Argovie). Grâce à l’excellence des transports publics suisses, les employés restent dans le même bassin de l’économie helvétique sans que les compétences (le pool de talents) ne s’évaporent à l’étranger.
  • Un contexte local déjà sous pression : Ces départs de sièges interviennent alors que le secteur financier zurichois digère la phase finale de l’intégration de Credit Suisse par UBS, qui a provoqué une hausse historique du chômage des banquiers dans le canton (plus de 1 600 professionnels inscrits en août 2026). Heureusement, contrairement à la fusion UBS/Credit Suisse, les déménagements de Vontobel et Cembra se font sans suppressions d’emplois.

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