
Comment la France a détruit son économie de pêche : Le mystère de la disparition des bateaux de pêche dans le port du Guilvinec
Publié le 13.4.2026 à 10h45 – Par Clara Lefevre – Temps de lecture 5mn
Reporterre nous rapporte : Pourquoi on n’a plus de bateaux dans le port du Guilvinec ?
L’affaire de la disparition des bateaux dans le port du Guilvinec est un phénomène complexe qui nécessite une analyse approfondie. Il est évident que les raisons de cette disparition ne sont pas immédiatement apparentes, mais il est possible de retracer les événements qui ont mené à cette situation.
La France a récemment acquis, via l’armement de Saint-Malo, le plus grand bateau de pêche industrielle au monde, capable de capturer 400 tonnes de poisson par jour. (Le bateau s’appelle Annelies Ilena.
Voici un petit résumé : l’Annelies Ilena est un chalutier-usine géant exploité par la Compagnie des Pêches de Saint-Malo. Long d’environ 145 mètres, il peut capturer jusqu’à 400 tonnes de poissons par jour et sert surtout à pêcher du merlan bleu pour le transformer en surimi. Ce navire symbolise la montée en puissance de la pêche industrielle, mais il suscite aussi de fortes critiques à cause de son impact écologique et de la pression qu’il exerce sur la pêche artisanale.

Pour mieux comprendre l’ampleur de cette acquisition, il est utile de la comparer à la capacité de production du quartier maritime du Guilvinec, qui représentait à lui seul 400 tonnes de poisson par jour, avec une flotte de 550 unités de différentes tailles et 2 500 marins. Chaque marin génère cinq emplois induits à terre, ce qui signifie que l’industrie de la pêche employait directement ou indirectement 15 000 personnes dans la région. En considérant que chacune de ces personnes a une famille de quatre personnes, on peut estimer que l’industrie de la pêche soutenait environ 60 000 personnes, soit l’équivalent de la population du Finistère Sud.





L’importance économique de l’industrie de la pêche dans la région ne peut être sous-estimée. La pêche était la principale source de revenus pour de nombreuses personnes, et les marins pêcheurs étaient les principaux contributeurs à l’économie locale. Cependant, la situation a changé radicalement avec l’arrivée du nouveau bateau de pêche industrielle.

Il est révélé que pour acquérir ce bateau, il a fallu désarmer et détruire de nombreux bateaux de pêche plus petits, avec des indemnisations généreuses pour inciter les propriétaires à se défaire de leurs bateaux. Cette démarche a été entreprise pour récupérer la puissance motrice et la jauge des bateaux détruits, qui sont nécessaires pour opérer le nouveau bateau de pêche industrielle. Il est important de noter que chaque État membre de la communauté européenne a des quotas de pêche et des limites de puissance motrice pour les bateaux de pêche, et que le dépassement de ces quotas est interdit.
La question qui se pose maintenant est de savoir pourquoi il a fallu détruire des bateaux de pêche pour acquérir un bateau de pêche industrielle qui, ironiquement, contribue à la surpêche et à la dégradation de l’environnement marin. Dans un contexte où la protection de la nature et la conservation des ressources marines sont devenues des priorités, il est difficile de comprendre la logique derrière cette décision.
Enfin, il est important de se demander quel est l’objectif de cette stratégie. Est-ce pour produire du surimi, un produit alimentaire qui est souvent critiqué pour ses effets néfastes sur la santé ? Ou est-ce pour nourrir des poissons d’élevage, qui nécessitent une grande quantité de poissons sauvages pour être produits ? Quoi qu’il en soit, il est clair que la situation actuelle de l’industrie de la pêche dans le port du Guilvinec est complexe et nécessite une réflexion approfondie pour trouver des solutions durables et respectueuses de l’environnement.
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