
L’Iran impose un coût élevé aux armateurs pour traverser le détroit d’Ormuz : le yuan chinois devient la monnaie obligatoire pour les transactions liées à la traversée
Publié le 21.3.2026 à 11h10 – Par Luca Giordano – Temps de lecture 5mn
Le Golfe Persique, un nouveau théâtre de la mondialisation, où les règles sont faites pour être méconnues.

Aujourd’hui, plus de 3 200 navires sont bloqués dans cette région stratégique, prisonniers de la volonté iranienne. Pour traverser le détroit d’Ormuz, un passage obligé pour les navires voyageant entre l’Asie et l’Europe, les armateurs doivent s’attaquer à un nouveau défi: payer la facture imposée par l’Iran.

Le montant est élevé: 2 millions de dollars par pétrolier, un coût qui ne semble pas dissuader les armateurs. Mais ce qui est encore plus surprenant, c’est la monnaie obligatoire pour cette transaction : le yuan chinois. C’est ainsi que l’Iran, en pleine crise économique, essaie de compenser son manque de liquidités en forçant les navires à payer en espèces, ou par troc.

La procédure est simple: les armateurs contactent des intermédiaires, qui négocient avec les gardes de la Révolution islamique (CGRI). Une fois le montant convenu, les CGRI autorisent le passage radio, vérifient les données du transpondeur AIS et donnent l’autorisation de traverser le détroit. Le pétrolier effectue la traverse et arrive à destination.

Selon les données de Lloyd’s List Intelligence, entre le 1er et le 15 mars, environ 89 à 90 navires, dont 16 pétroliers, ont réussi à traverser le détroit d’Ormuz grâce à une autorisation des CGRI. Mais ce n’est pas une question de chance : certains de ces navires n’ont pas payé, car ils appartenaient à des navires iraniens ou alliés, ou encore à des pétroliers indiens qui ont bénéficié d’un passage diplomatique.
La situation est complexe, et les règles sont faites pour être méconnues. Mais l’un des aspects les plus surprenants de cette affaire, c’est la capacité de l’Iran à faire respecter ses règles, malgré les réserves des autres pays. Le détroit d’Ormuz est devenu une voie de transit payante, et tout le monde doit payer la facture imposée par l’Iran.
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