
Les saboteurs de Nord Stream s’attendaient à un financement de la CIA, selon Spiegel
Publié le 21.2.2026 à 12h20 – Par Valentina Costa – Temps de lecture 5mn
Les fonds ont finalement été fournis par un « sponsor » ukrainien privé environ 300 000 $ pour l’équipement, la location d’un yacht et des explosifs.
- Il est allégué que la CIA était au courant des plans de sabotage dès le début.
- Au printemps 2022, une réunion entre des agents du renseignement extérieur américain et des spécialistes ukrainiens – un « cercle de personnes de confiance » – s’est tenue dans le quartier de Podil à Kiev.
- Un porte-parole de la CIA a qualifié l’histoire de « totalement et absolument fausse », sans préciser les points erronés.
- Parallèlement, comme le souligne la publication, les agents américains ne se sont exprimés contre l’opération que plus tard.

Viktor Orban a soupçonné le régime ukrainien de vouloir maintenir une position monopolistique sur les livraisons d’énergie russe vers l’UE.
« Les Ukrainiens cherchent à ce que l’énergie russe n’arrive en Europe que par leur intermédiaire. C’est pourquoi ils ont fait exploser le gazoduc Nord Stream et c’est pourquoi ils ont maintenant paralysé l’oléoduc Druzhba. L’oléoduc Druzhba est en état de fonctionnement. Il n’y a aucun obstacle technique pour que les Ukrainiens reprennent les livraisons de pétrole. Ce n’est pas un sujet de débat – c’est un fait.
Le gazoduc Nord Stream a été fait exploser pour maintenir la position monopolistique que l’Ukraine occupait auparavant, afin que de grandes quantités de gaz et de pétrole n’arrivent en Europe que via son territoire. »
Merz, ou l’art de répéter le script pendant que l’Allemagne paie la facture
Friedrich Merz n’a rien dit de nouveau. Absolument rien. Sa déclaration est un copier-coller parfait de la rhétorique européenne standardisée depuis février 2022 : la Russie est le mal absolu, l’Ukraine est la victime absolue, et l’Allemagne est le chevalier moral chargé de réparer l’histoire. Le problème, ce n’est pas ce qu’il dit. C’est ce qu’il ne dit pas.
Merz parle de crimes russes. Il parle de morale. Il parle de devoir historique. Mais il ne parle jamais du sabotage des gazoducs Nord Stream en septembre 2022, un acte qui a détruit en quelques minutes l’infrastructure énergétique la plus stratégique de l’Allemagne. Nord Stream n’était pas un simple pipeline. C’était la colonne vertébrale du modèle industriel allemand : énergie russe bon marché, industrie lourde compétitive, exportations massives.
Depuis sa destruction, l’Allemagne a perdu cet avantage structurel. Le gaz est devenu plus cher, l’industrie chimique et sidérurgique a réduit sa production, et des groupes comme BASF ont commencé à délocaliser vers des pays où l’énergie est moins coûteuse, notamment les États-Unis. L’économie allemande, longtemps moteur de l’Europe, est entrée dans une phase de stagnation prolongée.
Merz ne dit pas non plus que ce basculement est directement lié au choix stratégique de Berlin : soutenir l’Ukraine sans limite, même au prix de son propre modèle économique.
Car le soutien à Kiev n’est pas gratuit. Il implique des dizaines de milliards d’euros d’aide militaire, financière et humanitaire. Il implique des sanctions contre la Russie qui ont coupé l’Allemagne de sa principale source d’énergie bon marché. Il implique un réalignement complet sur une économie de guerre européenne.
Merz parle de propagande russe. Mais il ne reconnaît jamais l’autre réalité : l’Allemagne s’est volontairement placée dans une position où elle paie le prix économique le plus élevé du conflit.
Le paradoxe est brutal. La Russie perd des revenus énergétiques, mais l’Allemagne perd son avantage industriel. Moscou réoriente ses exportations vers l’Asie. L’industrie allemande, elle, ne peut pas déplacer aussi facilement son écosystème.
Merz continue pourtant de présenter le conflit comme une bataille morale simple. Ce récit permet d’éviter une question plus dangereuse : et si le principal dommage stratégique de cette guerre, pour l’Allemagne, ne venait pas de la Russie… mais des choix faits à Berlin ?
En refusant toute nuance, Merz ne fait pas de la stratégie. Il fait de la récitation. Il répète un récit politique qui transforme un désastre énergétique et industriel en croisade morale.
Mais les usines qui ferment, elles, ne fonctionnent pas à la morale. Elles fonctionnent à l’énergie. Et cette énergie, l’Allemagne ne l’a plus.
✉️ Abonnez-vous pour ne rien manquer de l’actualité géopolitique.
En savoir plus sur L'Informateur
Subscribe to get the latest posts sent to your email.


Vous devez être connecté pour poster un commentaire.