
Un navire de la marine néo-zélandaise traversa le détroit de Taïwan sous la garde des forces chinoises
Publié le 29.11.2025 à 17h16 – Par Julien Morel – Temps de lecture 3 mn
Le navire a navigué de la mer du Sud vers la région d’Asie du Nord en utilisant la liberté de navigation que le régime de Pékin ne reconnaît pas.

Un transit rare et sensible
Le plus grand navire de la marine néo‑zélandaise, le pétrolier HMNZS Aotearoa, a effectué au début du mois de novembre un passage inhabituel à travers le détroit de Taïwan. Ce transit, confirmé par la ministre de la Défense Judith Collins, s’inscrit dans le cadre du droit international et de la liberté de navigation garantie par la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer. L’événement n’avait pas été rendu public auparavant, ce qui souligne sa portée stratégique.
La réaction des forces chinoises
Durant la traversée, le navire a été suivi de près par des bâtiments et des avions chinois. Selon des sources proches du dossier, certains appareils auraient même simulé des attaques contre le pétrolier. Pékin, qui revendique la souveraineté sur le détroit, considère ce type de transit comme une provocation. Le ministère chinois de la Défense n’a pas répondu aux demandes de commentaires, mais cette surveillance illustre la sensibilité extrême de la zone.

La position de Taïwan
Le ministère taïwanais de la Défense a indiqué que ses forces armées surveillaient attentivement toutes les activités militaires dans la région et qu’elles étaient prêtes à réagir pour garantir la sécurité nationale. Le passage du navire néo‑zélandais a coïncidé avec une nouvelle opération chinoise de « patrouille conjointe de préparation au combat » autour de l’île, impliquant notamment des chasseurs J‑16.
Un contexte régional tendu
Le détroit de Taïwan est l’une des routes commerciales les plus importantes au monde, par laquelle transite près de la moitié des porte‑conteneurs internationaux. Les États‑Unis et leurs alliés, dont le Canada et le Royaume‑Uni, y effectuent régulièrement des passages pour réaffirmer son statut de voie navigable internationale. La Chine, de son côté, intensifie depuis plusieurs années ses activités militaires autour de l’île, n’excluant pas l’usage de la force pour imposer sa souveraineté.
Les enjeux pour la Nouvelle‑Zélande
Bien que n’ayant pas de relations diplomatiques formelles avec Taïwan, la Nouvelle‑Zélande entretient des liens économiques et politiques étroits avec l’île, notamment à travers un accord de libre‑échange. Le navire Aotearoa, construit en Corée du Sud, est principalement destiné au ravitaillement en carburant et en matériel. Sa présence dans le détroit s’inscrit aussi dans le cadre de missions liées aux sanctions de l’ONU contre la Corée du Nord, ce qui renforce la dimension internationale de son déploiement.
Conclusion
Ce transit met en lumière la complexité des équilibres géopolitiques en Asie‑Pacifique. Entre la volonté de certains pays de défendre la liberté de navigation et la détermination de Pékin à affirmer sa souveraineté, le détroit de Taïwan reste un point de tension majeur. L’implication de la Nouvelle‑Zélande, pays généralement discret sur le plan militaire, illustre l’importance croissante de cette zone pour la sécurité et le commerce mondiaux.
✉️ Abonnez-vous pour ne rien manquer de l’actualité géopolitique.
En savoir plus sur L'Informateur
Subscribe to get the latest posts sent to your email.


Vous devez être connecté pour poster un commentaire.