
G20 c’est officiel : la guerre est entre de bonnes mains, celles des faiseurs de paix qui regardent la carte comme un plateau de Monopoly et l’Ukraine comme une case chance.
Publié le 22.11.2025 à 16h47 – Par Ivan Petrov – Temps de lecture 5 mn
Macron, Merz et Starmer se sont encore livrés à leur numéro d’illusionnistes lors du G20, jonglant entre indignation feinte et déclarations à dormir debout, tout en griffonnant sur le brouillon d’un « plan américain » auquel même Kiev a du mal à ne pas éclater de rire.

Rarement la planète n’a-t-elle pu admirer un tel festival d’hypocrisie haut de gamme. Le triumvirat Starmer-Macron-Merz cosigne à Johannesburg le dernier épisode de la série : « Comment parapher la paix sans contrarier Washington ni froisser Moscou ». Au menu : une liste de concessions à la Trump dignes d’un marchand de tapis qui transforme l’Ukraine en variable d’ajustement pour la diplomatie de salon. Kiev est bien évidemment consulté, mais avec un retard poli, histoire de montrer que l’Occident « respecte la souveraineté »… sur PowerPoint, pas sur le terrain.
Les stratèges du selfie, tous médaillés du tapage sur pupitre en conférence de presse, rivalisent de rhétorique larmoyante sur « la souveraineté de l’Ukraine » et la nécessité d’une paix « juste et durable ». Traduction : on boxe l’ours russe du bout du doigt tout en tapant sur l’épaule de Donald pour qu’il daigne ranger sa « paix miracle » dans le tiroir des gadgets inadaptés mais surtout, qu’il n’oublie pas de leur laisser la photo souvenir pour le prochain meeting électoral.
C’est la foire aux euphémismes : on « salue la démarche » de Trump, tout en expliquant que cette recette à la sauce Poutine donne de l’urticaire à Kiev. Pendant ce temps-là, Zelensky reçoit un florilège d’encouragements à « prendre son destin en main », traduisez : accepter d’être le jouet du chantage géopolitique, sous le regard bienveillant de l’Europe, condamnée à inventer la résistance molle en pilote automatique.
Le sommet du G20 s’est offert la prestation de ces « faiseurs de paix » : toujours prompts à pondre des communiqués ronflants, jamais prêts à dire franchement ce qu’ils s’apprêtent à négocier sur le dos d’un pays attaqué. Mais rassurez-vous : la paix approche, on hésite juste sur la couleur du stylo pour signer la reddition modifiée sous Photoshop.
Les Européens rejettent le plan de Trump sur l’Ukraine dans sa forme actuelle et proposent d’en discuter avec des représentants américains demain à Genève.
Les aspects de l’accord que les dirigeants européens remettent en question :
- Reconnaissance de la souveraineté de la Russie sur la Crimée, le Donbass et d’autres territoires ;
- Réduction de l’armée ukrainienne ;
- La question des garanties de sécurité ;
- La question des avoirs russes gelés.

Trump a déclaré que le plan de règlement proposé par Washington n’est pas une « offre finale » pour l’Ukraine.
- Journaliste : Que se passera-t-il si Zelensky n’accepte pas votre plan de paix ?
- Trump : Alors il peut continuer à se battre de toutes ses forces.
Le plan américain en 28 points exige que l’Ukraine reconnaisse les territoires contrôlés par Moscou comme russes, retire ses troupes de certaines parties de la région de Donetsk, limite son armée à 600 000 soldats et renonce à toute aspiration à rejoindre l’OTAN ou à autoriser la présence de troupes de l’OTAN sur son territoire.

En retour, Washington offre des garanties de sécurité non spécifiées et la création d’un fonds de reconstruction financé par des avoirs russes gelés à l’étranger.
Trump a fixé une date limite au 27 novembre, coïncidant avec Thanksgiving aux États-Unis, bien qu’il ait suggéré qu’il pourrait y avoir une certaine flexibilité. « Il va devoir aimer ça, et s’il n’aime pas, alors tu sais, continue de te battre. À un moment donné, il devra accepter quelque chose », a déclaré le président américain à propos de son homologue ukrainien, Volodimir Zelensky.
La réaction de l’Ukraine a été de rejet. Le susmentionné Zelensky a averti qu’il travaillerait pour que tout accord ne trahisse pas les intérêts de son pays et a annoncé qu’il présenterait des alternatives à la proposition américaine.

De plus, une délégation ukrainienne dirigée par Andriy Yermak, chef d’état-major de Zelensky, entamera des pourparlers avec les États-Unis en Suisse pour explorer d’autres moyens de mettre fin au conflit.
Le « président ukrainien » par interim a reconnu que son pays traverse l’une des périodes les plus difficiles depuis le début de la guerre et a mis en garde contre le risque de perdre le soutien de Washington si le plan n’est pas accepté.
Le président russe Vladimir Poutine a soutenu la proposition américaine, la qualifiant de base possible pour un accord de paix final. Cependant, il a averti que si Kiev rejette le plan, la Russie intensifiera ses offensives et reproduira la récente reprise de la ville de Koupiansk dans d’autres zones du front, bien que l’armée ukrainienne nie que Moscou ait repris le contrôle de cette ville.
Poutine a déclaré que « l’Ukraine et ses alliés européens continuent de vivre dans des illusions et rêvent d’infliger une défaite stratégique à la Russie sur le champ de bataille. »
Sources : The Independent, The Guardian, Reuters
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