France : Interpol a lancé une alerte mondiale pour retrouver les voleurs et les bijoux volés au Louvre


Interpol a lancé une alerte mondiale pour retrouver les voleurs et les bijoux volés au Louvre

Publié le 21.10.2025 à 23h38 – Par Clara Lefevre – Temps de lecture 6 mn

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Ils cherchent à attirer l’attention et à être attentifs au marché noir, où la collection volée est censée finir

Paris s’est réveillée ébranlée, dimanche 19 octobre, par un braquage digne d’un film. Quelques minutes avant 9 h 30, un groupe de voleurs a fait irruption dans le musée du Louvre et s’est emparé de neuf joyaux historiques inestimables.

Le coup d’État, exécuté avec une précision chirurgicale, a eu lieu dans l’emblématique Galerie d’Apollon, l’un des espaces les plus visités du musée et où sont exposées des pièces liées à la royauté française du XIXe siècle.

Selon les autorités, les quatre suspects sont entrés à l’aide d’un escalator monté sur un véhicule. En quelques minutes, ils ont brisé les vitrines de sécurité, saisi les objets et se sont échappés avant que le personnel ne puisse réagir. Les bijoux volés étaient incrustés de milliers de diamants et de pierres précieuses, et faisaient partie d’une collection iconique qui témoigne du luxe de l’ancienne cour de France.

Les autorités françaises travaillent en coordination avec INTERPOL et d’autres forces européennes pour retrouver les auteurs.

Parmi les objets volés se trouvait une couronne ayant appartenu à l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III. Ce morceau, cependant, a été récupéré sur les lieux, apparemment jeté par les intrus lors de l’évasion. Les enquêteurs pensent qu’il aurait pu tomber accidentellement ou que les voleurs ont décidé de l’abandonner pour gagner du temps.

Huit autres bijoux, d’une énorme valeur historique et artistique, manquent encore à l’appel. En raison de leur caractère unique et de leur importance culturelle, elles ont été immédiatement ajoutées à la base de données internationale d’INTERPOL sur les œuvres d’art volées. Cette plateforme rassemble les descriptions et les images de plus de 57 000 objets volés dans le monde et est la seule à disposer d’informations policières vérifiées.

En parallèle, l’organisation a publié une affiche en édition spéciale pour alerter ses pays membres sur le vol et faciliter l’identification des pièces au cas où elles apparaîtraient sur le marché noir. Les autorités françaises travaillent en coordination avec INTERPOL et d’autres forces européennes pour retrouver les auteurs.

Les bijoux volés étaient incrustés de milliers de diamants et de pierres précieuses, et faisaient partie d’une collection iconique qui témoigne du luxe de l’ancienne cour de France.

Jusqu’à présent, il n’y a pas eu d’arrestations et le Louvre reste ouvert au public, mais avec des mesures de sécurité renforcées. Entre-temps, le coup d’État est déjà considéré comme l’un des plus audacieux de ces dernières années contre un musée de renommée mondiale.

Vol, controverse et réclamations

La réaction du personnel du Louvre ne tarde pas à se faire entendre. Au cours de la réunion convoquée par la direction, la directrice Laurence des Cars a été accueillie par des huées, reflétant l’agitation accumulée parmi les travailleurs.

Ce désaccord existait déjà depuis des mois : en juin, le musée a fermé temporairement ses portes en raison d’une protestation de gardiens de salles, de guichetiers et d’agents de sécurité, qui dénonçaient le manque de personnel et les conditions de travail insoutenables.

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Un employé de la sécurité avec un chien se tient près de la pyramide de verre du musée du Louvre alors que le musée reste fermé le lendemain d’un spectaculaire braquage de bijoux à Paris, en France. 20 octobre 2025. REUTERS/Benoit Tessier

L’une des principales revendications était la suppression de 200 emplois à temps plein au cours des 15 dernières années, sur un effectif total de près de 2 000 employés.

« Nous ne pouvons pas nous passer de la surveillance physique », a déclaré un représentant syndical à l’Agence France-PresseYvan Navarroa, membre du syndicat CGT, a déclaré à la radio France Info : « Les collections ne sont pas sûres et le personnel non plus. »

L’adjoint à la maire de Paris, David Belliard, a rappelé sur le réseau social X que le vol avait eu lieu des mois après que des employés du musée aient mis en garde contre des failles de sécurité. « Pourquoi la direction du musée et le ministère ont-ils ignoré ces avertissements ? », s’est-il interrogé.

Le musée est fermé au public.

Un rapport officiel préparé avant le vol, cité par le journal Le Figaro, a décrit les systèmes de sécurité du Louvre comme obsolètes et insuffisants, soulignant le manque de caméras de vidéosurveillance (CCTV) et le report répété des améliorations, qui n’ont été mises en œuvre que dans les salles rénovées. L’augmentation du nombre de visiteurs a également contribué à la détérioration des équipements de sécurité.

Le récent cambriolage s’inscrit dans une longue histoire de vols et de problèmes de sécurité au Louvre. Le musée, fondé pendant la Révolution française pour protéger le patrimoine national, a été le théâtre de vols notoires, dont le célèbre vol de la Joconde en 1911.

À cette occasion, Vincenzo Peruggia, un ancien employé, a volé le tableau déguisé dans son uniforme de travail et a réussi à le cacher pendant deux ans. L’enquête a même conduit la police à interroger brièvement Pablo Picasso, qui a rendu des sculptures volées par crainte d’être impliqué.

Vol de « La Gioconda » au Louvre (Crédit : Bibliothèque nationale de France)

Après l’occupation nazie de la France en 1940, le directeur du musée a coordonné l’évacuation de plus de 1 800 boîtes d’œuvres d’art vers le camp, bien que certaines pièces soient restées entre les mains de hauts commandants allemands.

Dans les décennies qui ont suivi, le Louvre a été victime de braquages en plein jour : des bijoux anciens récupérés à New York en 1966, à la disparition de peintures et d’objets de valeur dans les années 70, 90 et la fin du XXe siècle. Bien que certains objets aient été récupérés, d’autres morceaux restent introuvables.

En réponse à ce dernier incident, la ministre de la Culture, Rachida Dati, a annoncé l’installation de nouvelles caméras de vidéosurveillance et rappelé que 160 millions d’euros (187 millions de dollars) avaient déjà été alloués à la modernisation des systèmes de sécurité du Louvre, dans le cadre d’un plan décennal promu par le président Emmanuel Macron en juin, selon les médias locaux.

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