
E. Macron et son petit marteau : la reconnaissance fantôme
Publié le 23.9.2025 à 11h10 – Par François Lambert – Temps de lecture 6 mn
Alors que la France traverse une période de crise politique et que la guerre fait rage à Gaza, ce lundi 22/9/2025, Emmanuel Macron a officiellement reconnu le pouvoir suprême du symbole. Pas celui de la paix, non, quelque chose de bien plus tangible : le pouvoir de faire toc avec un petit marteau sur un pupitre de l’ONU. La reconnaissance de l’État de Palestine ? Une formalité accessoire, un prétexte, on ne peut plus pratique, pour une séance de narcissisme géopolitique.
En voici une satire qui s’en inspire librement.

La Grande Reconnaissance du Président Brillant
NATIONS UNIES, New York : Par un lundi aussi radieux que son costume bleu marine, Emmanuel Macron, le plus grand narcissique du monde selon des sources très bien informées (lui-même), a enfin retrouvé la lumière. Après des semaines de se cacher, on ne sait où, dans les décombres d’un champ de ruines autrefois appelé « France », le voilà, souriant, sur la scène mondiale.

Tous les projecteurs sont braqués sur lui. Il copréside avec l’Arabie Saoudite une conférence de la plus haute importance : reconnaître un État. Pas n’importe lequel. Un État qui, selon les observateurs les plus cyniques, a été méthodiquement réduit à un cimetière par les bombardements israéliens. Mais qu’importe la réalité ! La reconnaissance d’un cimetière ? Pourquoi pas ? C’est un geste fort, un geste humaniste, un geste qui se voit bien en photo.
Macron jubile. Il sait pertinemment que cette reconnaissance, aussi symbolique qu’une feuille de vigne sur un manifestant, ne fera pas revenir les morts, ne reconstruira pas une seule maison et n’effraiera pas Benjamin Netanyahu, qui a déjà promis d’accélérer la colonisation. Mais il s’en fout. Ce qui compte, c’est le geste. Le moment. La posture.
Et puis, il y a le marteau. Le petit marteau de président, symbole d’autorité ultime.
Ce petit marteau qui fait toc toc et donne l’illusion du pouvoir. Ce lundi, Emmanuel Macron a tapé avec son petit marteau. Il a tapé pour la reconnaissance. Il a tapé pour la paix. Il a surtout tapé pour le plaisir d’entendre le son de sa propre autorité résonner dans le silence complice de la salle. Des heures de vision mondiale pour ce petit geste. Un pied monstre.
Alors que la Palestine n’est plus, sur le terrain, qu’un vaste champ de ruines, le Président a décidé de reconnaître son âme. C’est poétique, n’est-ce pas ? Reconnaître un cimetière, c’est un geste fort, humanitaire, et surtout, cela n’engage à rien. C’est le genre de courage qui se pratique à 6000 kilomètres des réalités, bien à l’abri sous les projecteurs.
Mais le vrai héros de l’histoire, c’est le marteau. Ce petit marteau de président, extension phallique d’une autorité qui se rêve bien plus grande qu’elle n’est. Macron a tapé. Tapé avec la conviction d’un juge qui envoie un criminel en prison. Tapé avec la satisfaction d’un enfant qui a enfin réussi à enfoncer la forme carrée dans le bon trou. Toc. « La France reconnaît. » Toc. « La paix. » Toc. « Moi. »
Pendant ce toc-toc-toc solennel, on pouvait presque l’entendre penser : « Regardez-moi. Je suis important. Je suis digne. Je ne suis pas en train de gérer une crise politique ingérable à Paris. Je suis l’ami des Saoudiens, le héraut des causes perdues, le maître du temps mondial. »
Cette reconnaissance, tout le monde le sait, est une coquille vide. Une opération de communication de plus, achetée au prix fort en crédibilité diplomatique. Mais Macron jubile. Il a les yeux des grands jours, ceux où l’on se sent héritier de De Gaulle alors qu’on n’est que le héros d’un clip promotionnel pour lui-même.
La Palestine est un fantôme, et Macron, ce lundi, en était le grand exorciste en costume sur mesure. Il a chassé les mauvais esprits de l’impuissance par la simple magie d’un coup de marteau. Un coup pour rien. Un coup pour lui. Un coup pour l’histoire… de sa propre gloire.
Pendant ce temps, en France, le gouvernement s’effondre pour la énième fois, la dette s’envole et des centaines de milliers de personnes manifestent leur colère. Mais aujourd’hui, à New York, Emmanuel Macron brille. Il n’est plus le président d’un pays ingouvernable, mais le leader d’une coalition de bonne volonté. Il n’est plus contesté, il est applaudi.
Simple opération de communication ? Comme d’habitude ? Bien sûr. Mais une opération de maître. Le voilà, dans son plus beau costume, se croyant important, et l’étant, le temps d’un discours. Il a réussi à faire parler de lui pour autre chose que des grèves. C’est déjà une victoire.
La France reconnaît officiellement l’État de Palestine. Et Emmanuel Macron, lui, est heureux. Allant même lancer un appel téléphonique à Donald Trump, car le convoi du président américain le bloque dans les rues de New-York, vous savez, le genre de copain qui veut montrer qu’il connait tout et qu’il peut tout résoudre ? Un gamin à la tête de la France.
Et toutes les autres mises en scène comme toujours : le titre de Brut (qui vient de rentrer dans le giron des médias main stream) « Emmanuel Macron finalise son discours sur la reconnaissance de la Palestine dans son avion direction New-York. », non, il ajoute juste une virgule… car son discours a déjà été écrit par ses sbires bien avant.
En revanche, ici, il serre encore la main d’un jihadiste, Ahmed al-Charaa également connu par son nom de guerre d’Abou Mohammed al-Joulani, est un dictateur et assassin. Macron, en voulant bien faire, a commis la pire des choses. Charaa n’ose même pas regarder Macron, parce qu’il sait qu’il est coupable et qu’il connaît très bien ce qu’il a fait.
Bon, vous l’aurez compris, de la com, toujours de la com et toujours avec les mauvaises personnes.
Conclusion :
Et tandis que le son du marteau s’éteignait dans le grand auditorium, une seule question subsistait : arrivera-t-il à le faire passer en franchise diplomatique dans ses bagages, ou devra-t-il le sortir au prochain Conseil des ministres pour taper sur la table face à l’opposition ? L’avenir nous le dira.
Cette satire s’inspire des événements rapportés, mais les dramatise pour un effet humoristique. Vous pouvez consulter les articles du Monde, de l’AP ou du Guardian pour une information factuelle complète.
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