France : Reconnaissance de la Palestine : le coup de communication narcissique de Macron à l’ONU


Reconnaissance de la Palestine : le coup de communication narcissique de Macron à l’ONU

Publié le 21.9.2025 à 16h24 – Par Isabella Torres – Temps de lecture 4 mn

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Alors que la nouvelle a fait le tour des médias, il faut décrypter la supercherie. Emmanuel Macron s’apprête à « reconnaître » l’État de Palestine à la tribune de l’ONU. Un coup d’éclat ? Que nenni. C’est une maîtrise cynique des trois niveaux de manipulation de l’information, un tour de passe-passe diplomatique pour gogos.

Niveau 1 : L’illusion (Ce qu’on vous vend)
Le titre est flatteur : « Macron reconnaît la Palestine à l’ONU ». On imagine un geste fort, historique, une validation internationale. La grand-messe onusienne, les applaudissements, la photo pour les livres d’histoire. C’est le niveau qui caresse dans le sens du poil l’opinion publique avide de justice, tout en rassurant les atlantistes : « Vous voyez, on fait quelque chose. »

Niveau 2 : La réalité (Ce qu’il fait vraiment)
Descendons du ciel des illusions. Non, la France ne va pas reconnaître la Palestine de jure sur la scène internationale. Ce geste solennel n’est qu’une reconnaissance unilatérale, un simple échange de politesses d’État à État, aussi engageant qu’une bise en coulisses. Pire : dans les faits (de facto), la France reconnaît déjà l’Autorité Palestinienne de Cisjordanie (la « Judée-Samarie » pour Israël) depuis des années, tout en classant le Hamas de Gaza comme terroriste. Macron ne reconnaît donc même pas une Palestine entière, mais sa moitié déjà reconnue officieusement. La manœuvre ? Officialiser (de jure) au niveau français ce qui existe déjà, mais en le faisant à l’ONU pour maximiser l’audience. Pur narcissisme : l’histoire retiendra l’homme qui a parlé à l’ONU, pas le détail juridique insignifiant.

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Niveau 3 : L’hypocrisie suprême (Le cynisme du système)
C’est ici que le cynisme atteint son paroxysme. La France, championne auto-proclamée du multilatéralisme (où les décisions se prennent ensemble dans les instances internationales), choisit ici l’unilatéralisme le plus strict pour un coup de com’. Elle prétend agir pour le droit international alors qu’elle sait pertinemment que la seule reconnaissance qui vaille est celle de l’ONU, nécessitant l’accord des 5 membres permanents du Conseil de sécurité. Or, les États-Unis poseront leur veto, comme toujours. Le droit international, créé par l’« ordre libéral américain » comme le rappelle si justement le texte, est une prison dont les clés sont à Washington. La Palestine ne peut être membre de l’ONU, car elle n’a pas de frontières fixes et stables, bloquées par la colonisation israélienne… que la France critique mollement.

Macron joue donc parfaitement le jeu : il donne l’impression de défier l’ordre établi tout en le consolidant. Il offre un os à ronger à la gauche sans froisser Washington, s’offre une stature de leader mondial à peu de frais, et maintient le statu quo. C’est le « en même temps » élevé au rang d’art diplomatique : je reconnais, mais pas vraiment ; je défie, mais pas trop ; je parle à l’ONU, mais pour une action sans aucune portée.

Conclusion : Un cirque pour masquer l’impuissance
L’Espagne, Le Canada, l’Australie, La Grande-Bretagne ont-elles reconnues la Palestine de jure ou de facto ? Laquelle, celle de Gaza ou de Cisjordanie ? Le flou artistique est total, soigneusement entretenu. Chaque information contient ainsi sa part de vrai et de faux, noyant le citoyen dans une perception brouillée où il ne comprend plus rien.

« Le président Macron annonce que la France reconnaîtra un État palestinien. », Macron n’est pas la France. N.O.S s’est de nouveau adressé à Emmanuel Macron concernant la Palestine : « […] Sachez Monsieur Macron, que personne n’oubliera votre inaction face à la souffrance extrême de populations innocentes de Gaza. (…) il n’est jamais trop tard pour choisir le bien. […] »

Face à cette mascarade, une seule solution nous est proposée avec une ironie mordante : « Vite, que la Chine nous aide ! Camarade, seule, elle peut sauver le monde. » Conclusion parfaite pour une parodie si amère qu’elle en devient réalité. Le cirque occidental est si grotesque qu’il en appelle malgré lui à ses propres fossoyeurs.

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