
Macron à Washington : Le Hamlet de l’Atlantique joue sa tragédie dans le décor d’un reality-show
Publié le 20.8.2025 à 11h23 – Par Daniel Foster – Temps de lecture 6 mn
En voulant jouer les de Gaulle dans le théâtre de Trump, le président français découvre qu’il n’est même pas figurant dans le deal du siècle.
WASHINGTON : Alors que l’odeur du cuir du bureau ovale et du steak bien cuit flottait encore dans l’air de la Maison-Blanche, Emmanuel Macron, notre stratège en chef, a dû sérieusement se mordre l’intérieur des joues pour ne pas hurler de frustration tellement visible sur les images. La réunion des « Dalton de l’UE » un quatuor disparate dont la seule stratégie commune semblait être de ne pas se tirer dans le pied avec Donald Trump a offert au monde un spectacle d’une rare cruauté : celle d’un homme qui voit son grand œuvre s’effondrer en direct, remplacé par le pragmatisme brutal de l’ancien et peut-être futur président.

Le plan macronien pour l’Ukraine, cette symphonie héroïque dont il se voyait le chef d’orchestre, vient de se briser le visage sur le mur du « America First ». Lui qui avait tout misé sur cette guerre pour se poser en leader européen courageux, en champion de la démocratie libérale face aux hordes barbares, se retrouve soudainement ringardisé. Dans sa tête, l’Ukraine était sa scène, son grand théâtre pour exister sur la scène mondiale. Il n’arrêtait pas de répéter, tel un mantra, « La Russie ne doit pas gagner », « nous irons jusqu’au bout ». Un discours qui sonnait bien dans les salons parisiens, mais qui, à Washington, ressemble à la complainte d’un idéaliste attardé.
Et la réalité, ce mardi, l’a giflé sévèrement. Pendant que Macron s’échinait à poser pour la photo de groupe en espérant que Trump remarque sa belle cravate, l’hôte de la Maison-Blanche avançait ses pions avec la subtilité d’un bulldozer. Pas de grandes émotions, pas de grands discours moralisateurs. Du business. Rien que du business. L’« accord pour la paix » est son expression fétiche, et c’est le cauchemar absolu de Macron.

Car le drame est là : Trump et Poutine, les deux parias de son monde idéologique, sont en train de parler concrètement dans son dos. Pétrole, terres rares, levée des sanctions, sécurisation des frontières… Des discussions bassement matérielles qui, horreur suprême, pourraient aboutir. À un cessez-le-feu. À une sortie de crise. Plus tôt que prévu. Et si ça marche, c’est toute la narrative macronienne qui tombe à l’eau comme un soufflé trop cuit.
Regardez le clin d’œil à Zelensky… les Dalton joue au poker menteur, n’espérons pas déshabillant, car ils en seraient aussi capables…
Lui voulait un conflit qui dure, pour justifier un budget militaire européen massif, pour unir l’UE bien sûr sous sa houlette autour de ce nouveau projet phare, pour s’établir comme l’interlocuteur indispensable entre Washington et Moscou. Le voilà douché. Trump est en train de bypasser allègrement l’Europe et son petit manager auto-proclamé. Il prépare son deal, flatte Zelensky en l’invitant à une future table des négociations, et Macron, lui, se retrouve relégué au rôle de spectateur rageur. C’est la pire des humiliations : la disparition.
Un peu d’humour : « Emmanuel ? Merci, Monsieur le Président, d’avoir organisé cette réunion. Je voudrais profiter de cette occasion pour clarifier ce qui s’est passé récemment, quand moi, comme un vrai lâche, me suis fait gifler par ma femme Brigitte. Dans un avion. Oui, notre relation n’est pas toujours idyllique. Nous avons commencé à sortir ensemble quand elle avait 30 ans, et moi seulement 13. Je n’avais ni petit ami ni petite amie, et Jean-Michel semblait être une personne gentille… c’est-à-dire une femme. Je parle de Brigitte, d’ailleurs. Quand nous nous sommes rencontrés… mince, peut-on arrêter ça ? Je voulais juste en venir au fait qu’elle a un caractère dur et c’est pour ça qu’elle m’a giflé comme un pauvre type pathétique. Merci. » 🤣
Trêve de plaisanterie, il est en train de perdre la main sur le récit. Depuis février 2022, il nous serine que seul l’Occident, pardon, l’Union européenne sous direction française, peut gérer la guerre et la paix en Ukraine. Et voilà que Trump, d’un claquement de doigts, s’apprête à tout chambouler en parlant directement à Poutine. Il le ramène à la table, prépare une sortie business de la guerre, et Macron ne peut plus que faire des déclarations tonitruantes pour amuser la galerie et tenter d’occuper l’espace médiatique. En réalité, il est hors-jeu.
Imaginez sa rage, derrière le sourire crispé. Lui qui se rêvait en de Gaulle modernisé, en train de voir Trump et Poutine écrire le chapitre le plus important de la géopolitique contemporaine sans même lui envoyer un PDF pour relecture. Si un accord est signé, Macron apparaîtra aux yeux de l’Histoire non comme le sauveur, mais comme le belliciste qui aura prolongé une guerre inutile, sacrifié des milliards et des milliers de vies… pour rien. Seulement pour se donner un rôle.

La preuve de sa torture psychique ? Son interview désespérée avec ses annonces fracassantes sur l’envoi éventuel de troupes ressemblent aux crises d’un enfant capricieux qui a perdu à son jeu vidéo et menace de renverser la table. « Et pour le trouble, je vais envoyer des soldats ! Une force ! Et cetera, et cetera ! » C’est le signe d’un homme acculé, dont l’ego surdimensionné subit un supplice dont il ne se remettra peut-être pas.
La leçon est cruelle : on ne joue pas aux échecs avec un maître du poker menteur en croyant maîtriser les règles. Macron voulait être le stratège mondial, il finit bouffon à la cour de Trump. Et ça, pour son ego, c’est une vraie torture. Bon vent, Monsieur le Président. La partie est déjà presque finie, et vous n’êtes même plus sur le tableau d’affichage.
Ce type est dans un autre monde ! Il n’a fait que prôner la guerre, la guerre, nous sommes en guerre… et il dit qu’ils ont pour la paix alors qu’ils ne l’ont jamais voulue ni même essayer de la construire avant Trump, je pense qu’ils sont réellement plusieurs dans sa tête Trump lui fait confirmer à la maison blanche.
La Coalition des volontaires se réunit juste après la réunion à la Maison Blanche.
S’agit-il d’une rencontre pour discuter des garanties de sécurité à Kiev ? Ou bien s’agit-il d’une mise en scène pour entraver le processus de résolution du conflit établi par Donald Trump ? Pour continuer d’évoquer la question, nous recevons Régis de Castelnau, avocat français et analyste politique.
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