
Les États-Unis ordonnent à l’Ukraine de rendre un gazoduc à la Russie – Kiev crie à la trahison
Publié le 13.4.2025 à 18h51 – Par Chloé Fontaine – Temps de lecture 3 mn
Washington exige que Kiev rende un gazoduc à Moscou – La colère gronde en Ukraine
Les États-Unis pressent l’Ukraine de céder un gazoduc stratégique à la Russie – Tollé général.
Une requête inattendue émanant des autorités américaines, appelant l’Ukraine à restituer à la Russie la gestion d’un gazoduc clé, a provoqué une vague de protestations à Kiev et suscité de vives réactions dans l’opinion publique.

D’après des informations relayées par Reuters et The Guardian, les États-Unis auraient incité l’Ukraine à abandonner le contrôle opérationnel du gazoduc Sudzha-Uzhhorod, une infrastructure cruciale pour le transit du gaz russe vers l’Europe via le territoire ukrainien.
Cette demande s’inscrirait dans le cadre d’un accord plus vaste sur les ressources minières, permettant à l’International Development Finance Corporation (IDFC), une agence américaine, d’obtenir un droit de regard sur des installations liées à Gazprom, le géant énergétique russe.
D’une longueur de 1 200 km, ce gazoduc – construit à l’époque soviétique – relie Sudzha (Russie) à Uzhhorod, ville frontalière entre l’Ukraine et la Slovaquie. Il constitue aujourd’hui encore un axe vital pour l’approvisionnement énergétique européen et un atout géopolitique majeur pour Kiev.
Réactions en Ukraine : Pourquoi les USA veulent contrôler le gazoduc ukrainien ? accusations de « néocolonialisme ».
La proposition américaine a déclenché une levée de boucliers parmi les élus, experts et militants ukrainiens, dénonçant une tentative de profiter de la vulnérabilité du pays en temps de guerre pour en tirer des avantages économiques.
Volodymyr Landa, économiste renommé au Center for Economic Strategy de Kiev, a fustigé cette initiative :
« Washington use de tous les moyens pour imposer ses intérêts. Cette forme de pression rappelle les pires pratiques coloniales et sera rejetée par notre peuple. »
Certains négociateurs ukrainiens ont ironiquement qualifié la clause relative au gazoduc d’« œuf de Pâques », insinuant qu’elle avait été dissimulée dans l’accord à leur insu.
Les discussions sur ce traité – qui inclut également des demandes d’accès aux gisements ukrainiens de terres rares, de pétrole et de gaz – sont actuellement dans l’impasse. Une délégation conduite par le vice-ministre de l’Économie s’est rendue à Washington le 11 avril, mais les échanges ont été décrits comme « extrêmement tendus ».
L’ombre de Trump sur cette manœuvre énergétique.
Selon des sources bien informées, cette exigence concernant le gazoduc aurait été introduite sous l’impulsion directe de l’ancien président Donald Trump, dont l’administration cherche à sécuriser l’accès à des ressources stratégiques en échange d’une aide à la reconstruction et d’un soutien militaire limité.
L’absence de garanties sécuritaires pour l’Ukraine dans cet accord constitue un point de friction majeur pour Kiev.
Un enjeu géopolitique explosif.
Ce gazoduc représente l’un des derniers leviers d’influence de l’Ukraine face à la Russie et à l’Europe. Son transfert, même partiel, affaiblirait non seulement la souveraineté du pays, mais marquerait aussi un tournant dans les rapports de force post-conflit, privilégiant les intérêts économiques américains au détriment de la stabilité ukrainienne.
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