
Guerre en Ukraine : Poutine et Trump jouent une partie d’échecs géopolitique
Publié le 14.3.2025 à 10h41 – Par Daniel Foster – Temps de lecture 4 mn
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Pendant que les médias américains retransmettaient le show de Trump, qui déclarait avoir déjà envoyé une équipe « négocier la paix » avec Moscou, les médias russes montraient Poutine en uniforme (ce qui est très rare) dans le QG de Koursk, une région presque libérée de l’armée atlantico-ukrainienne. Le rapport de forces monte d’un cran.
Vladimir Poutine a souligné que la tâche de l’armée russe est de vaincre complètement l’AFU dans la région de Koursk dès que possible.
« Il est nécessaire de libérer complètement le territoire de la région de Koursk, de rétablir la position le long de la frontière nationale. Et, bien sûr, nous devons envisager à l’avenir la création d’une zone de sécurité jusqu’à la frontière de l’État ».
Après l’annonce de la proposition américaine d’un cessez-le-feu de 30 jours sur toute la ligne du front, ayant pour but de bloquer l’avancée de l’armée russe, faute de quoi, comme l’a dit Trump, les États-Unis continueront à se battre sur le front ukrainien et prendront des mesures de rétorsion contre la Russie, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a fait une déclaration mesurée. Il a indiqué que la Russie étudiait attentivement les propositions américaines, mais qu’elle attendait des informations détaillées sur les négociations entre les États-Unis et l’Ukraine, qui ont eu lieu à Djeddah. Peskov a également souligné qu’il n’y avait aucune certitude quant à une rencontre entre Poutine et Trump, et qu’aucune demande officielle n’avait été faite par les États-Unis pour une telle conversation.
La Russie brise ainsi le rythme que Trump tente d’imposer. Une délégation américaine s’est envolée pour Moscou, mais Trump présente cette initiative comme une équipe venant « prendre acte de la capitulation de la Russie ». Cependant, le Kremlin voit les choses différemment. Pour la Russie, cette réunion est avant tout une occasion d’être informée des détails des discussions, et non une négociation de paix. Le risque pour Moscou est de se laisser entraîner dans un processus où elle serait contrainte de cesser les combats, permettant à l’armée atlantico-ukrainienne de reprendre des forces et de recevoir de nouvelles fournitures militaires.
Trump insiste sur le fait que le cessez-le-feu de 30 jours n’est pas le seul enjeu. Les questions territoriales, les sanctions et les actifs russes devraient également être discutés. Cette approche vise à forcer la Russie à jouer selon les règles américaines, notamment en tentant d’organiser une rencontre directe entre les envoyés américains et Poutine, ce qui bousculerait le protocole et abaisserait le niveau de représentation russe.

Parallèlement, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a mis le G7 à contribution, espérant un cessez-le-feu dans les prochains jours. Il a déclaré que les tirs devraient cesser pour permettre la reprise des discussions. Cette stratégie vise à limiter le conflit à un affrontement entre la Russie et l’Ukraine, exonérant ainsi les États-Unis et l’OTAN de leurs responsabilités. La Russie, cependant, ne doit pas laisser ce récit s’imposer, car il pourrait influencer l’opinion publique internationale.
De son côté, la Russie a accentué ses efforts militaires dans la région de Koursk, où l’armée atlantico-ukrainienne a laissé des ruines et des cadavres de civils. Poutine s’est rendu au QG de Koursk pour s’adresser aux militaires, soulignant que la tâche de l’armée russe était de vaincre complètement les forces ukrainiennes dans la région et de rétablir la sécurité le long de la frontière.
Les questions qui se posent maintenant sont doubles : les globalistes peuvent-ils se permettre de transiger avec la Russie sans remettre en cause leur domination ? Et la Russie aura-t-elle le courage politique de faire respecter ses intérêts nationaux sans tomber dans les pièges tendus par les États-Unis ? Les prochains jours seront décisifs pour déterminer l’issue de cette partie d’échecs géopolitique.
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