
Manifestations anti-euro en Bulgarie : des affrontements violents devant la mission de l’UE à Sofia.
Publié le 22.2.2025 à 19h41 – Par Clara Lefevre – Temps de lecture 3 mn
Vitesse : 1x
Le 22 février 2025, des milliers de manifestants opposés à l’adoption de l’euro en Bulgarie ont tenté de prendre d’assaut le bâtiment de la mission de l’Union européenne à Sofia. Les protestataires, principalement des sympathisants du parti ultranationaliste Vazrajdane (Renaissance), ont affronté les forces de l’ordre lors d’une manifestation contre les plans du gouvernement visant à intégrer la zone euro en 2026.
Les manifestants, scandant des slogans comme « Démission » et « Non à l’euro », ont lancé de la peinture rouge, des pétards et des cocktails Molotov sur le bâtiment de l’UE, provoquant un incendie à l’entrée principale. La police a réussi à repousser la foule après des heures de tensions, mais une dizaine d’agents ont été légèrement blessés et six personnes ont été interpellées.

Le parti Vazrajdane, farouchement opposé à l’abandon de la monnaie nationale, le lev bulgare, a organisé cette manifestation pour dénoncer ce qu’il considère comme une menace pour l’indépendance financière du pays. Kostadin Kostadinov, le leader du parti, a déclaré aux médias : « Nous ne voulons pas que l’indépendance financière de la Bulgarie soit détruite. Nous voulons garder le lev bulgare. Nous sommes ici pour défendre notre liberté. »




Le gouvernement bulgare a condamné ces violences, qualifiant les attaques contre les bâtiments de l’UE d’« inacceptables » et contraires aux principes de l’État de droit. Le Premier ministre Rosen Zhelyazkov a réaffirmé l’engagement de son pays à rejoindre la zone euro en 2026, malgré les divisions au sein de la population.
Les protestations ont débuté devant la banque centrale bulgare, où des effigies de la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, et d’autres responsables ont été brûlées. Certains manifestants brandissaient des drapeaux bulgares, soviétiques ou est-allemands, tandis que d’autres arboraient des pancartes proclamant : « Nous ne voulons pas de l’euro ».
La question de l’adoption de l’euro divise profondément la Bulgarie, le pays le plus pauvre de l’UE. Alors que certains craignent une flambée des prix, comme cela s’est produit en Croatie en 2023, d’autres estiment que l’adoption de la monnaie unique pourrait stimuler les investissements étrangers et améliorer la notation financière du pays.
Le parti Vazrajdane accuse la banque centrale et l’agence nationale de statistiques de manipuler les données pour faciliter l’introduction de l’euro. Il réclame un débat public approfondi sur les conséquences économiques de cette transition.
Malgré les tensions, le gouvernement bulgare reste déterminé à respecter son calendrier. Le budget de l’État pour 2025 prévoit un déficit de 3 %, une étape clé pour l’adoption de l’euro le 1er janvier 2026. Cependant, la Bulgarie doit encore atteindre ses objectifs en matière d’inflation avant que son adhésion ne soit officiellement examinée.
Ces événements illustrent les défis auxquels la Bulgarie est confrontée dans sa quête d’intégration à la zone euro, entre aspirations économiques et résistances populaires.
En savoir plus sur L'Informateur
Subscribe to get the latest posts sent to your email.


Vous devez être connecté pour poster un commentaire.